Imprimer

nrp2 modifiable

 

Adaptation du réseau territorial 2027-2030 : les restructurations repartent

Lors du déploiement du Nouveau Réseau de Proximité (NRP), la DGFiP s'était engagée à stabiliser son réseau territorial jusqu'au 31 décembre 2026.

Mais à l'occasion du CSA de Réseau du 2 juillet 2026, la Direction générale a présenté un document intitulé « Adaptation du réseau territorial 2027-2030 ». Derrière cette formule technocratique se profile en réalité une nouvelle vague de restructurations, de fermetures et de regroupements de services.

Un réseau présenté comme performant...

La DGFiP commence par dresser un bilan très positif de son organisation.

Au 31 décembre 2026, elle comptera :

La Direction met également en avant ses résultats :

Pour la DGFiP, l'organisation actuelle est donc globalement un succès.

...mais qu'il faudrait malgré tout continuer à transformer

C'est là que le raisonnement devient difficile à suivre.

Après avoir expliqué que le réseau fonctionne bien, la DGFiP conclut qu'il est nécessaire de continuer à le faire évoluer pour répondre aux attentes des usagers.

En résumé : le réseau est présenté comme efficace, mais cela n'empêche pas de prévoir de nouvelles fermetures.

Plus de 130 fermetures envisagées dès 2027

La Direction affirme que ces évolutions n'ont pas pour objectif de supprimer des emplois supplémentaires.

Pourtant, les chiffres annoncés sont éloquents.

Pour 2027, la DGFiP envisage :

En parallèle, une trentaine de créations seulement sont prévues.

La majorité des structures concernées sont de petite taille :

À l'horizon 2030, ce sont près de 330 fermetures ou changements d'implantation qui pourraient être soumis à concertation, pour seulement une cinquantaine de créations.

Toujours le même mécanisme ?

La Direction assure que ces restructurations ne visent pas à réaliser des économies d'emplois.

Pourtant, les agents connaissent bien le scénario :

on réduit les effectifs pendant plusieurs années, puis on explique que le service est devenu trop petit pour fonctionner correctement et qu'il faut le fermer ou le regrouper.

Cette logique a déjà été observée à de nombreuses reprises lors des précédentes réorganisations.

Et les conditions de travail ?

La DGFiP promet un accompagnement RH spécifique pour les agents concernés.

Elle rappelle que les emplois seront conservés, que les agents seront repositionnés et qu'ils bénéficieront des dispositifs d'accompagnement et des primes prévues en cas de restructuration.

Mais plusieurs indicateurs de l'Observatoire interne méritent d'être rappelés :

Même si ce dernier chiffre est descendu à 36 % en 2026, il reste légitime de s'interroger sur les conséquences de nouvelles restructurations sur les conditions de travail et les risques psychosociaux.

Un dialogue social déjà bien engagé

Pour les opérations prévues en 2027, les préfets ont déjà rendu les avis nécessaires et les directions concernées ont été informées.

Les organisations syndicales et les agents seront informés localement selon les modalités propres à chaque direction.

Les CSAL et les Formations spécialisées seront consultés, mais les projets sont déjà largement identifiés.

Pour les restructurations envisagées entre 2028 et 2030, la DGFiP annonce de futures discussions afin de donner de la visibilité sur les opérations actuellement à l'étude.

La fin de la parenthèse de stabilité

Avec ce document, la DGFiP confirme que la période de stabilité promise jusqu'à fin 2026 touche à sa fin.

Derrière les termes d'« adaptation », d'« ajustement limité » ou encore de « confortement du réseau », ce sont plusieurs centaines de fermetures, regroupements ou changements d'implantation qui pourraient intervenir d'ici 2030.

Pour les agents, une question demeure : si le réseau est aussi performant que l'affirme la Direction, pourquoi engager une nouvelle vague de restructurations ?