Bonjour Madame la Directrice,
Nous vous adressons cette demande à la suite du communiqué de la préfète de la Gironde autorisant la réintégration de neuf nouvelles communes, qui s'ajoutent à Eysines, Mérignac et Le Haillan rouvertes mardi. Ce sont désormais douze communes et 84 000 habitants qui sont concernés, et l'autoroute A63 rouvre dans les deux sens à partir de 14h00.
Nous nous réjouissons sincèrement de cette évolution, et nous mesurons ce qu'elle doit à l'engagement des services de secours. Plusieurs de nos collègues évacués nous ont confirmé pouvoir regagner leur domicile, ce qui est un soulagement pour eux comme pour nous.
1. Un état actualisé de la situation des agents
La réouverture des communes et de l'A63 modifie mécaniquement cette photographie. Pourriez-vous nous communiquer l'état actualisé au 30 juillet, en distinguant comme précédemment les situations administratives et en précisant combien d'agents demeurent évacués ?
2. Le traitement de l'air de la cité administrative
Le flash info de ce matin d’AGILE nous apprend que les centrales de traitement d'air de l'ensemble de la cité ont été mises à l'arrêt hier mercredi 29 juillet en fin d'après-midi, que cet arrêt a été maintenu toute la nuit compte tenu de conditions météorologiques poussant les fumées vers le secteur, et que les centrales sont relancées ce matin à environ 50 % de leur capacité seulement. Il nous est par ailleurs demandé de ne pas ouvrir les fenêtres, et il est indiqué que la température extérieure risque d'augmenter cet après-midi. Nous prenons acte de la réactivité du gestionnaire immobilier et de la transparence de cette information, que nous saluons. Elle décrit toutefois une situation dont nous devons tirer les conséquences : au moment même où les accès routiers rouvrent, les conditions de travail à l'intérieur du bâtiment sont, elles, dégradées. Une ventilation à mi-capacité, des fenêtres qui doivent rester fermées et une température en hausse constituent une combinaison qui appelle de la vigilance.
Nos questions sont les suivantes. Selon quels critères et à quel niveau la décision d'ajuster ou d'interrompre la ventilation est-elle prise, et la direction de la DRFIP en est-elle informée en temps réel ? Un suivi de la température intérieure est-il assuré dans les étages occupés, et quelles mesures sont prévues si elle s'élève avec une ventilation à capacité réduite ?
Enfin, ce second arrêt de la ventilation en cinq jours sera-t-il consigné au registre de sécurité du bâtiment ?
3. Votre position sur les conséquences de la réouverture de l'A63
La levée des restrictions de circulation fait disparaître le motif qui fondait, pour une partie des agents, le télétravail exceptionnel ou l'autorisation spéciale d'absence.
Envisagez-vous une reprise immédiate sur site pour les agents concernés, ou un retour échelonné ? Quelle consigne sera donnée aux chefs de service, et sous quel délai ?
Nous appelons votre attention sur le fait que la réintégration reste explicitementrévocable : la préfète demande aux habitants de ne pas couper leur téléphone, de rester extrêmement vigilants et de se préparer à une éventuelle nouvelle évacuation.
Par ailleurs, les deux épisodes de pollution aux particules classés au seuil d'alerte n'ont pas été levés à ce jour sur notre département. La réouverture des axes routiers ne vaut donc pas retour à la normale sanitaire, et le flash info de ce matin en apporte uneconfirmation directe.
4. Notre demande d'indulgence pour les conditions du retour
Nous vous demandons de faire preuve de souplesse dans l'organisation de ce retour, et plus précisément :
- d'accorder un délai aux agents qui ont été évacués avant d'exiger leur présence sur site, le temps qu'ils réintègrent réellement leur logement et procèdent aux démarches nécessaires ;
- de maintenir la possibilité du télétravail exceptionnel tant que l'alerte aux particules n'est pas levée et tant que la ventilation de la cité fonctionne à capacité réduite, en particulier pour les agents vulnérables sur le plan respiratoire ;
- de ne pas exiger de régularisation rétroactive des autorisations d'absence accordées pendant la période d'évacuation ;
- de rappeler aux chefs de service que certains collègues rentrent dans un logement qu'ils ont quitté en urgence, parfois en pleine nuit, et que cette reprise n'est pas un simple retour de congés.
Nous avons nous-mêmes recueilli le témoignage d'une collègue qui a dû quitter Bordeaux, décrivant de l'anxiété, une gêne respiratoire et une perte de voix qu'elle attribue aux fumées. Nous l'invitons à se rapprocher de la médecine du travail. Ce cas illustre que les effets de cet épisode ne s'arrêteront pas avec la réouverture des routes, et nous continuerons à porter la question du suivi médical des agents exposés.
La Direction de la DISI en parallèle de la cellule de crise qu’elle a mise en place ce week-end, va également accompagner les agents dans leurs démarches auprès des assurances. La DRFIP 33 a-t-elle prévu de déployer un dispositif similaire ?
Cordialement

