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Une réunion d’information s’est tenue afin de faire le point sur la situation des agents touchés par les incendies, les conditions de réouverture des sites, les mesures de prévention mises en œuvre et les difficultés rencontrées dans les services.

La direction a rappelé que la situation avait évolué très rapidement au cours des derniers jours et que les réponses avaient dû être adaptées au fur et à mesure des événements.

Des demandes adressées à la direction dès le jeudi précédent

Dès le jeudi précédant cette réunion, Solidaires avait écrit à la direction afin d’obtenir un point précis sur plusieurs sujets directement liés à la santé, à la sécurité et aux conditions de reprise des agents.

Notre message portait notamment sur :

La direction avait alors uniquement indiqué que le recensement des agents était toujours en cours et qu’aucun agent ne se trouvait plus en situation de priorité absolue pour un relogement. Pour les autres questions, elle avait renvoyé ses réponses à la réunion d’information organisée ce jour.

Lors de cette audio, Solidaires a indiqué que cette réponse lui avait paru malvenue. Les questions posées ne portaient pas sur des sujets secondaires ou annexes. Elles concernaient directement la sécurité des locaux, la santé des personnels et les conditions dans lesquelles les agents évacués pouvaient reprendre leur activité.

Dans une situation évoluant rapidement, ces interrogations appelaient des réponses rapides, même provisoires, sans attendre plusieurs jours ou la tenue d’une réunion ultérieure. 

La direction a répondu que l’absence de réponse formalisée ne signifiait pas qu’aucune action n’avait été engagée. Elle a indiqué avoir continué à suivre les agents et à faire évoluer les mesures en fonction de la situation.

Situation des agents concernés

Les trois derniers agents encore concernés par une évacuation forcée avaient été autorisés à regagner leur domicile. Une seule personne était effectivement rentrée au moment de la réunion, les deux autres étant en congé ou ayant choisi de différer leur retour pour des raisons personnelles. Aucun dégât n’avait été signalé dans leurs habitations.

Un agent aurait toutefois subi des dégâts matériels importants autour de son logement, sans que l’habitation elle-même soit directement touchée.

La direction a indiqué que le suivi quotidien serait maintenu tant que des situations individuelles resteraient à accompagner. Les assistantes sociales ont été particulièrement mobilisées pour rechercher des solutions. Quelques situations de vulnérabilité demeurent, mais aucune situation d’urgence ne serait actuellement sans réponse.

Accompagnement psychologique

Il a été rappelé que le retour au domicile ne signifie pas nécessairement un retour à la normale. Certains agents vivent désormais dans un environnement profondément marqué par le feu, avec des maisons voisines détruites, des terrains brûlés ou des traces visibles de l’incendie à proximité immédiate de leur logement.

Solidaires a interrogé le médecin de prévention sur la possibilité de réactions psychologiques différées, pouvant apparaître plusieurs jours ou plusieurs semaines après les événements, une fois la période d’urgence passée.

Le médecin de prévention a confirmé que certaines prises de conscience pouvaient intervenir à distance. Dans l’urgence, les personnes agissent souvent de manière automatique et se concentrent sur les besoins essentiels. Les réactions peuvent apparaître plus tard, lorsque l’agent mesure pleinement le danger traversé, les pertes possibles ou la fragilité de sa situation.

Certaines personnes peuvent ainsi connaître des manifestations de stress ou une forme de décompensation plusieurs semaines après les événements. Une vigilance devra donc être maintenue dans la durée, notamment lorsque les personnes seront moins entourées et que l’attention collective retombera.

La direction prévoit de rappeler aux agents et aux chefs de service les dispositifs existants, parmi lesquels l’accompagnement des assistantes sociales, des services RH et de la médecine de prévention.

Difficultés rencontrées lors de la reprise du travail

Il a été signalé que certains chefs de service avaient demandé à des agents récemment évacués de reprendre leur activité rapidement, sans toujours leur laisser le temps nécessaire pour regagner leur domicile,constater les éventuels dégâts, remettre leur logement en état de fonctionnement, trouver une solution de garde pour leurs enfants, alors que certains centres de loisirs étaient fermés, se remettre personnellement et psychologiquement des événements….

La Direction a rappelé que la ligne générale devait rester fondée sur la bienveillance, le traitement individualisé des situations et une certaine souplesse dans l’organisation du travail, notamment concernant le télétravail. Il a toutefois été indiqué que cette souplesse devait également tenir compte des nécessités de service (...), certaines missions étant particulièrement sollicitées, notamment auprès des collectivités territoriales touchées par les incendies.

Retour des agents sur les sites

Les accueils du public de Mérignac et de Belin-Béliet ont déjà rouvert. 

Pour les sites d’Arcachon, Audenge et Biganos, la réintégration a été organisée de manière progressive. Une visite préalable des locaux a été réalisée avec les responsables de site afin de vérifier l’absence d’odeur de fumée et de dépôts importants liés aux incendies. Des contrôles ont été effectués à l’aide de lingettes humides sur les bureaux, les étagères, les armoires, les sols et d’autres surfaces. Selon les éléments présentés, aucune trace significative nécessitant l’intervention d’une société spécialisée n’a été constatée. Les agents ont bénéficié d’une journée de transition avant la réouverture au public. Cette journée devait leur permettre de reprendre leurs repères, de retrouver leurs collègues et d’échanger sur ce qu’ils avaient vécu.

Le retour sur site n’a pas été présenté comme obligatoire pour tous. Certains agents ont poursuivi leur activité en télétravail. La majorité aurait néanmoins choisi de revenir, plusieurs collègues ayant exprimé le besoin de retrouver un cadre professionnel et collectif après une période d’isolement et de stress.

Ventilation et qualité de l’air

Audenge : la climatisation avait été arrêtée lors de la fermeture du site. Elle a ensuite été remise en fonctionnement sans qu’aucune odeur ou anomalie ne soit constatée. Le prestataire chargé de la maintenance doit intervenir pour vérifier les filtres, les prises d’air et, si nécessaire, les unités extérieures.

Arcachon :le système de climatisation connaissait déjà certains dysfonctionnements. La direction a indiqué que le système n’avait donc pas fonctionné normalement pendant l’épisode de fumées et n’aurait pas aspiré de quantité importante de poussières. Un contrôle complémentaire devait néanmoins être effectué avec le responsable du site.

Biganos : Un complément d’information devait être apporté concernant le système de ventilation ou de climatisation du site de Biganos.

Mérignac : la climatisation fonctionnait principalement en circuit interne et disposait de filtres, ce qui ne soulevait pas, selon elle, de difficulté particulière.

Traitement de l’air à la Cité administrative de Bordeaux

Solidaires avait interrogé la direction sur les conditions de traitement de l’air à la Cité administrative, notamment sur les procédures de coupure et de remise en fonctionnement des centrales de traitement de l’air.

Les centrales ont été arrêtées à plusieurs reprises lorsque les fumées étaient trop importantes, en fonction du sens du vent et de l’exposition des façades. Ces décisions ont été prises par Eiffage, prestataire chargé de l’exploitation et des contrôles réglementaires des installations. Eiffage dispose d’une présence sur place et d’un accès à distance aux équipements. Les centrales ont parfois été remises en fonctionnement à environ 50 % afin de maintenir un renouvellement d’air, tout en utilisant les filtres destinés à retenir les particules et en limitant l’entrée des fumées. Certains bureaux semblaient plus exposés ou moins étanches que d’autres. Dans certains services, les agents ont pu être déplacés temporairement dans des locaux considérés comme moins exposés.

Des masques FFP2 ont été distribués dans les différents services de la Cité administrative afin que les agents qui le souhaitaient puissent en disposer en cas de nouvel épisode de fumée.

Il reste nécessaire que les contrôles des filtres, des prises d’air et des systèmes de ventilation soient suivis et que les agents et les représentants du personnel soient informés des résultats.

Mise à disposition de masques FFP2

Des masques FFP2 ont été distribués sur les sites d’Arcachon, Audenge, Biganos et dans les services de la Cité administrative.

Ils peuvent notamment être utilisés par les personnes fragiles, les agents qui en ressentent le besoin, les collègues devant traverser des secteurs où des fumées pourraient encore persister et les agents travaillant dans des bureaux temporairement exposés.

Un premier stock a été reçu grâce à la solidarité de la direction de la DGFiP du Lot-et-Garonne. Un second stock, d’environ 20 000 masques FFP2, a ensuite été fourni par France Travail Île-de-France. La direction prévoit de répartir ces masques dans l’ensemble des services afin que chaque site dispose d’une réserve en cas de nouvel épisode de fumée.

Accompagnement des victimes

Une structure France Services spécialisée a été installée temporairement à l’école communale du Porge afin de réunir différents interlocuteurs: assureurs, experts chargés de l’évaluation des dommages, avocats, représentants de la CAF, organismes et services chargés du logement.

Un point d’accueil fiscal a également été organisé avec des agents volontaires, avec une permanence quotidienne annoncée de 9 heures à 18 heures.Des contacts spécifiques ont été créés pour les particuliers et les entreprises afin de permettre le signalement et le traitement des situations liées aux incendies.

Accompagnement des entreprises et des collectivités

La direction a indiqué que des consignes exceptionnelles étaient en cours de mise en œuvre pour le traitement des dossiers concernant les personnes, les entreprises et les collectivités situées dans les zones touchées.Dans un premier temps, les mesures concernent les communes ayant fait l’objet d’une restriction ou d’une évacuation décidée par arrêté préfectoral. À partir de la mi-août, le périmètre doit être progressivement recentré sur les communes directement touchées par les incendies, puis sur les collectivités les plus affectées.

Des consignes harmonisées doivent être transmises aux services afin de permettre aux agents d’appliquer ces mesures dans un cadre clair et adapté.

Il a notamment été évoqué la nécessité de tenir compte de la situation particulière des contribuables et des entreprises sinistrés, tout en définissant précisément les critères permettant de bénéficier de ces mesures exceptionnelles.

Les petites collectivités territoriales directement touchées font également l’objet d’une attention particulière, leurs élus et leurs services ayant été fortement mobilisés dans la gestion de la crise.

Prise en compte du risque incendie dans les documents de prévention

Solidaires a demandé de nouveau l’inscription du risque incendie dans le DUERP.

L’inspecteur santé et sécurité au travail s’est déclaré favorable à l’ouverture d’une ligne spécifique dans le DUERP et le PAP consacrée au risque de survenue de nouveaux incendies et aux situations d’exposition associées.

Cette ligne pourra notamment porter sur les situations d’exposition aux incendies et aux fumées, les conditions de fermeture et de réouverture des sites, la qualité de l’air et la ventilation, la mise à disposition d’équipements de protection, l’organisation du travail en période de crise, le télétravail et les autorisations d’absence, l’information des personnels, l’accompagnement psychologique et social et les procédures à appliquer en cas de nouvel événement.

Retour d’expérience à la rentrée

La direction a annoncé qu’une Formation spécialisée (enfin!!!) serait organisée à la rentrée afin de réaliser un retour d’expérience complet sur les événements de l’été. Pour Solidaires, ce retour d’expérience devra déboucher sur des procédures écrites, connues et rapidement applicables.

Conclusion

La mobilisation des assistantes sociales, des services RH, de la médecine de prévention, des personnels techniques et des agents volontaires a été soulignée.

Pour Solidaires, plusieurs points nécessitent néanmoins une vigilance durable :

Le retour dans les domiciles et dans les services ne signifie pas que toutes les conséquences de la crise ont disparu. Les effets humains, matériels et psychologiques peuvent se prolonger dans le temps.