Le délégué d’Occitanie de la directrice générale est venu à la DDFiP de la Lozère les 2 et 3 juillet. Le directeur départemental nous a proposé de le rencontrer, ce que nous avons évidemment accepté.
Vous trouverez ci-après le contenu de notre intervention et sa réponse aux divers sujets évoqués.
« Le premier sujet qui nous inquiète est d’une actualité brûlante et a été évoqué hier en CSA de Réseau, c’est l’adaptation du réseau territorial 2027-2030.
Je vous épargne le détail des opérations envisagées, vous les connaissez certainement par cœur, je vais juste citer un des points :
Parmi les fermetures et changements d’implantations envisagés en 2027 :
- 35 % vont concerner des structures de 5 emplois et moins ;
- 60 % vont concerner des structures de 10 emplois et moins ;
- plus de 75 % des structures de 15 emplois et moins.
Autant vous dire que si on allait au bout de la logique, tous les services de notre DDFiP48 pourraient être touchés.
Cpte_rendu_Audience_délégué_03072026.pdf
Et ce serait une véritable catastrophe pour le service au public car à l’heure actuelle, déjà une part importante de la population se trouve à plus d’une heure de trajet d’un service DGFiP de plein exercice.
Et d’ici 2030, dans 4 ans, on parle de 330 fermetures.
Seuls 17 départements seraient épargnés !
Là où ça nous énerve, c’est que soi-disant « les opérations envisagées seront présentées dans le cadre du dialogue social local », tout en précisant que « pour les fermetures des services recevant du public, l’avis simple des préfets est requis, et qu’elles ont toutes obtenu un avis favorable ».
En clair, on a déjà discuté le coup en douce avec le préfet, dans le dos des personnels et de leurs élus, et de toute façon, en matière de dialogue social, il suffit juste de les informer.
Sans compter le fait que des réunions locales ont déjà eu lieu, en commençant avec des chefs de service, pour vendre le projet et poursuivre la destruction de notre réseau local... avant même la tenue du CSAR d’hier, sur la base d'informations plus que partielles !
Et tout ça, quelques semaines après le coup de canif dans les effectifs sous prétexte de nouvelle méthode d’allocation des emplois qui à terme nous obligera à supprimer 11 emplois, pour passer de 171 Tagerfip à 160 ETP,
Mais dans le même temps, on nous annonce la possibilité de recruter 5 contractuels...
C’est à n’y rien comprendre, d’autant plus que le mouvement de première affectation des C stagiaires est tout frais… et qu’on aurait peut-être pu en accueillir 2 de plus.
Sur le sujet des contractuels, Solidaires Finances Publiques dénonce le dualisme statutaire qui s’installe, affirme son opposition à la cdisation, propose la création d’un examen professionnel ou d’un concours réservé n’affectant pas le volume des promotions internes.
Notre section départementale a souvent proposé en vain, en congrès national d’aller plus loin, en procédant à une titularisation sans condition des contractuels qui le souhaiteraient ou sur la base par exemple d’une VAE, à la Sauvadet. On procède déjà à des titularisations de C sans concours, de contractuels Pacte, ou de recrutés RQTH, on pourrait l’envisager pour des collègues qui ont largement démontré leurs capacités d’intégration au bout de 2 CCD de 3 ans.
Compte tenu du manque d’attractivité de la DGFiP, plutôt que de réfléchir à comment lui faire subir des cures d’amaigrissement, certains hauts responsables devraient s’atteler mieux mettre en valeur les services et les agents et à reconnaître concrètement l’engagement de ces derniers.
Et concrètement, dans une période où tous les prix s’envolent, il faudrait convaincre le ministre de l’action et des comptes publics d’augmenter la valeur du point d’indice, plutôt que de se limiter à l’usage de l’indemnité différentielle à chaque augmentation du SMIC.
Et quand on sait qu’en Lozère l’offre de transports publics ne permet pas de se rendre partout et à des fréquences correctes, et que le recours à l’automobile est quasi-obligatoire, cette absence d’augmentation indiciaire est particulièrement pénalisante.
En matière de reconnaissance, on ne peut pas non plus dire qu’on est gâtés.
Cette année, en Lozère, zéro liste d’aptitude de C en B et zéro B en A
et pour les concours internes ou examens professionnels, impossible d’être admis si on a moins de 14/20 aux épreuves d’admissibilité, et ça, c’est particulièrement ressenti comme une injustice, surtout si on compare ces notes à celles obtenues par des lauréats de concours externes admis sur liste complémentaire.
Petite parenthèse sur l’affection locale au choix des inspecteurs : CV, lettre de motivation, entretien… on pourrait presque s’y méprendre et se dire qu’on repasse un concours, à la grande différence que les copies de concours sont anonymes… et que les jurys sont impartiaux.
Pour l’affectation locale des A ce serait plutôt : absence totale de transparence, parcours du combattant, enfermement dans une filière pour des raisons de productivité immédiate, et surcroît considérable de travail pour les équipes RH et les chefs de service.
Tout ça pour une efficacité discutable et l’absence totale de gain de temps, certains départements publiant les mouvements locaux le 3 juillet.
Et le fil rouge de tous les sujets que nous venons d’évoquer, c’est celui des conditions de travail qui sont inexorablement dégradées à cause de tous ces facteurs auxquels s’ajoutent de plus en plus des situations où ce sont les «managers » qui contribuent à cette dégradation, ne serait-ce que par une surveillance tatillonne, des injonctions répétées et quelquefois contradictoires ou par le biais des CREP que nous avons encore vu se durcir, et l’absence de concession lors des recours hiérarchiques, obligeant à exercer les recours en CAP, où nos élus nationaux ne peuvent que déplorer que les notateurs départements n’utilisent pas leurs marges de manœuvre pour arriver à des arrangements qui satisferaient tout le monde.
Dans un contexte dramatique qui voit le bilan des actes suicidaires s’alourdir de jour en jour, (en 2026, nous en sommes déjà à 19 tentatives et 5 suicides) ne pourrait-on pas simplement envisager de relâcher la pression et de se montrer un peu plus empathique les uns envers les autres ?
Dans un registre un peu plus léger : la canicule. En Lozère, nous avons la chance d’être souvent épargnés par les vigilances « rouges ». Mais pour autant, la température dans les bureaux peut dépasser les 30° (un peu plus chaud que ce que vous avez connu hier à la chambre des métiers, et similaire à celle qui règne dans le bureau du directeur)
et l’équipement en climatiseurs est très très limité.
D’après l’INRS, santé et sécurité au travail, la chaleur peut constituer un risque pour les salariés. La réglementation ne prévoit pas de température à partir de laquelle il convient d’agir en prévention, ou bien, au-delà de laquelle il serait interdit de travailler. Les valeurs de 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail nécessitant une activité physique peuvent être utilisées comme repères pour agir en prévention.
Une mesure de prévention simple consiste à permettre de décaler les horaires d’arrivée et de départ… même lorsque la préfecture n’appelle pas encore à la vigilance rouge.
Pour terminer, un sujet qui est tout sauf anodin : la restauration administrative, un des volets de l’action sociale ministérielle.
Depuis plus de 30 ans, grâce à la ténacité de quelques fonctionnaires soucieux de la qualité de vie au travail de leurs collègues de toutes les administrations qui ont bataillé ferme, il s’est créé un Restaurant Inter-Administratif dans des locaux qui appartenaient à l’État, au 12, boulevard Lucien Arnault à Mende.
Cette structure servait à l’époque plus de 200 repas par jour, à un tarif permettant à chaque membre, en fonction de sa rémunération, de bénéficier d’un menu complet.
Elle est devenue un élément d’attractivité pour l’ensemble des administrations de notre ville.
En 2012, dans une dynamique de vente des « bijoux de famille » l’immeuble qui abrite le RIA a été vendu au « voisin d’en face », la SCI AVM, qui héberge l’Hôtel de France, que vous connaissez.
Une convention d’occupation permettait au RIA de poursuivre son activité, mais ses administrateurs cherchaient activement un nouvel hébergement, ne serait que pour se mettre en règle avec la circulaire ministérielle.
Depuis le mois de Septembre 2025, grâce à une convention entre l’AGRIAM, le CROUS, la Mairie de Mende ainsi que le prestataire API et ses 5 salariés, nous accueillons les étudiants de la Faculté d’Éducation de Montpellier, de l’Antenne de Nîmes et du campus connecté qui ne disposaient jusqu’à présent d’aucune offre de restauration adaptée.
Les étudiants manifestent un réel engouement pour cette offre étudiante leur proposant un menu complet avec des plats de qualité au tarif universitaire comme dans les autres villes universitaires : 1 € pour les étudiants boursiers et pour les non boursiers, 3,30 € puis 1 €.
Le succès est au rendez-vous avec plus 60 étudiants qui viennent déjeuner tous les jours, soit + de 6500 repas servis depuis Septembre 2025 à ce jour. Le RIA est devenu le nouveau point de rendez-vous pour les étudiants !!
Malheureusement, la SCI AVM, propriétaire demande maintenant de manière tout à fait légitime à prendre possession de cette partie de propriété occupée par le RIA afin de pouvoir développer ses activités.
Des rencontres ont eu lieu, réunissant M. le Préfet, des représentants de la Mairie, M. Boudon (SCI AVM-Hôtel de France),
et l’ensemble des intervenants sont à la recherche active de relogement.
Notre structure est bien plus qu’une simple cantine, c’est un haut lieu de vie et d’action sociales, de brassage d’une population de personnes actives et retraitées de tous niveaux qui « font tourner » les administrations, et depuis la rentrée de 2025, un lieu de rencontres intergénérationnelles.
Et c’est un élément très important d’attractivité pour les fonctionnaires de la place de Mende.
D’ailleurs, c’est pour nous une tradition, après l’accueil des nouveaux arrivants que de les accompagner au RIA pour profiter de ses avantages.
Nous avons déjà alerté tous les interlocuteurs possibles, compétents dans ce domaine.
Le préfet de région est un acteur décisif, sa conviction peut s’avérer vitale pour notre structure…
Il est basé à Toulouse…
Depuis l’arrivée du nouveau directeur départemental nous avons noté une amélioration du dialogue social, et ce sont aussi nos conditions de travail dans les instances qui sont améliorées. Nous espérons que cela restera ainsi dans le futur et que nos échanges seront sincères et sans dissimulation de projet. »
En ce qui concerne « l’adaptation du Réseau » à l’ordre du jour du CSAR du 10/07, il a rejeté la qualification de « NRP2 », arguant que cette opération n’avait rien en commun avec l’ampleur du NRP, dont les engagements prennent fin au 31/12/2027.
Il y a une volonté de maintien des structures d’accueil du public et des développer les espaces France Services.
En ce qui concerne la délégation Occitanie, cela aboutirait à un taux de resserrement de 6 % qui s’étalerait entre le 1er janvier 2027 et le 31 décembre 2030 et sur les 13 départements, il y en a qui ne seront pas touchés, et en ce qui concerne la Lozère « rien de révolutionnaire, maintien de l’accueil ».
Cela ne se ferait pas « dans le dos des OS », mais avec elles, le s préfets et les élus.
Il ne faut pas s’attendre à des bouleversements majeurs.
Les contractuels représentent plus de 800 emplois sur le territoire, le feu vert pour le recrutement n’est donné que s’il y a des emplois vacants. Il y a des entretiens spécifiques avec les RH pour s’efforcer de combler les vacances (dans le Gers, le Lot, la Lozère), par exemple pour l’affectation de B stagiaires.
L’observatoire interne a détecté certains signaux faibles, en particulier en matière de pression managériale.
Le délégué nous a indiqué qu’il suivait les résultats de chaque direction, mais qu’il n’est pas uniquement centré sur les indicateurs, mais qu’il prenait aussi en compte les situations particulières.
Sur le contexte « dramatique », il a cité le plan d’action pluriannuel…
Et sur le RIA, il a bien entendu le message.
En conclusion, le délégué interrégional s’est montré plutôt rassurant, ouvert au dialogue (même si sa marge de manœuvre est limitée) et conscient des difficultés de notre DDFiP.
Nous n’hésiterons pas à le solliciter à chaque fois que cela sera nécessaire.
