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 en tete

 

En liminaire de ce CSAL, plusieurs sujets doivent être abordés :

 

En premier lieu nos salaires :

La revalorisation du SMIC au premier juin entraîne un nouveau tassement des grilles par le bas, portant au total à plus d'1 million le nombre de fonctionnaires percevant une indemnité différentielle dans la Fonction Publique !

En dépit de nos nombreuses alertes, le gouvernement n’a pas annoncé de mesure générale de revalorisation du point d’indice de rémunération des fonctionnaires.

D’ores et déjà 356 000 agent·es perçoivent une indemnité différentielle pour ne pas être rémunéré∙es en dessous du SMIC. En confirmant la hausse du SMIC au 1er juin, les 10 premiers échelons de la grille C1, les 7 premiers échelons de la grille C2, les 3 premiers échelons de la grille C3, les 5 premiers échelons de B1, les 2 premiers échelons de B2, ainsi que les élèves fonctionnaires des corps de catégorie A, passeront sous le niveau du Smic. Des centaines de milliers d’agent·es, a minima plus de 700 000, seront une nouvelle fois rattrapé∙es par le minimum légal et se verront privé∙es de perspective d’évolution de carrière.

Ce nouveau tassement des grilles n’est pas acceptable. L’indemnité différentielle ne peut pas tenir lieu de politique salariale, elle masque temporairement le problème sans le régler tout en accélérant l’écrasement des carrières, niant les qualifications, l’expérience professionnelle et le principe même de carrière. Elle ne pourra pas être prise en compte pour le calcul des pensions.

Dans le même temps, la perte de pouvoir d’achat liée au décrochage du point d’indice se poursuit malgré les revalorisations de 2022 et 2023 et l’attribution de 5 points d’indice au 1ᵉʳ janvier 2024. Ces mesures n’ont jamais permis de compenser l’inflation.

De plus, la non-reconduction pour la deuxième année consécutive de la garantie individuelle de pouvoir d’achat a supprimé les éléments de compensation pour des dizaines de milliers d’agent∙es, souvent en fin de carrière, dont le traitement reste bloqué.

En continuant à refuser toute mesure générale et immédiate de revalorisation indiciaire, en laissant les grilles se faire rattraper par le SMIC, en réduisant les droits et garanties, le gouvernement alimente une exaspération profonde et une paupérisation inquiétante des fonctionnaires.

 

Dans notre département ou le coût de la vie est extrêmement élevé, les agents subissent de plein fouet la diminution chaque année de leurs revenus entamés par l’absence de revalorisation et l’inflation continue.

 

En second lieu, le coût exhorbitant du carburant :

Dans le contexte de la hausse des coûts des carburants, le ministre de l'action et des comptes publics a diffusé le 5 mai 2026 une circulaire relative à l'adaptation des modalités de travail et de déplacements professionnels des agents de l'État.

 

Il y est précisé que pour les agents dont les fonctions le permettent, les chefs de service veilleront à

réexaminer dans les meilleurs délais les organisations de travail afin d’identifier les possibilités d’augmentation individualisée du recours au télétravail.

 

Or, le message diffusé sur Ulysse 74 ne fait que rappeler les dispositifs tels que la prime carburant, l'aide au financement des abonnements domicile-travail, et le forfait mobilité durable, en passant allègrement sous silence les modalités d’augmentation possible du télétravail pour les agents qui doivent utiliser leur véhicule pour venir travailler.

 

Un message parlant du dispositif a bien été envoyé aux chefs de service le 11 mai mais d’après nos remontées des services, n’a pas été rerouté aux agents dans un grand nombre de services.

 

Il n’est pas normal que cette information ne soit pas mise à la disposition de tous, que ce soit par un mail à tous les agents ainsi que par une information complète sur Ulysse 74, surtout dans notre département mal desservi par les transports en commun, où les trajets domicile travail sont souvent longs, où le NRP a obligé les agents à prendre leur véhicule pour se rendre sur les sites éloignés de leur domicile et où les agents souffrent fortement du coût de la vie.

 

Nous réclamons que cette information soit diffusée aux agents en urgence. Cela fait déjà un mois qu’ils ne bénéficient pas du dispositif !

 

 

En troisième lieu, les emplois dans le département :

Lors du CSAL du 21 avril, nous avions déjà démontré que notre département avait perdu 71 emplois avec la nouvelle méthode de calcul, ce qui est énorme, mais nous étions encore loin du compte !

 

Les mouvements de mutations sont sortis fin avril et nous avons tous constaté que le 74 perdait encore 19 agents avec moins 3 A (9 départs pour 6 arrivées), moins 8 B (16 départs pour 8 arrivées), moins 8 C (11 départs pour 3 arrivées).

 

Mais ce n’est toujours pas fini, parce que sur les A stagiaires, c’est - 7 A avec l’arrivée de seulement 6 inspecteurs sur les 13 prévus initialement, et -7 B stagiaires, avec l’arrivée de seulement 34 contrôleurs stagiaires sur les 41 prévus initialement.

Et sur les 12 arrivées de C stagiaires, 5 étaient contractuels dans le département, soit moins 5 postes pourvus dans le département.

 

Au total, -22A, -27B, -7 C identifiés par la direction à minima jusqu’en mars 2027 , soit une perte sèche de 127 emplois par rapport à l’an dernier !

 

Jamais le département n’avait été dans un tel déficit d’agents et ce alors que la population ne cesse d’augmenter dans le 74 et corrélativement les charges de travail aussi.

 

La direction qui nous exprimait sa confiance dans la nouvelle méthode de calcul et d’affectation des emplois voit bien maintenant que Solidaires Finances Publiques avait raison en dénonçant ces nouvelles règles qui non seulement n’étaient qu’une suppression déguisée de tous les emplois non pourvus, mais qui, contrairement à ce qui avait été promis, ne prend pas en compte les spécificités des départements, leurs réelles charges et contraintes et ne garantit pas du tout, contrairement aux promesses faites, le nombre d’agents sensé être affectés.

Nous recommençons la valse des vacances d’emplois mais cette fois, à des taux jamais égalés !

 

La direction nous a annoncé sa méthode de gestion de la pénurie : obtenir de la DG des autorisations de recrutement de contractuels, saturer en stagiaire au mouvement 2027.

Mais pour Solidaires finances publiques, ce n’est pas la solution. Déjà, il va falloir attendre avril 2027 pour espérer voir arriver des renforts de stagiaires, mais cela ne va qu’alourdir encore les tâches des agents en postes qui vont devoir former de nouvelles salves d’agents dans des quantités impossibles à absorber et cela en sachant très bien, qu’au vu du coût de la vie dans notre département, les stagiaires repartiront dès que possible. C’est le tonneau des Danaïdes.

 

Et ce sont surtout les agents du 74 qui une fois de plus trinquent !

Tous les services sont en surcharges de travail, mais ça ne suffit pas à la direction générale, on nous enlève encore 22 A, 27B et 7C !

 

Nous tirons la sonnette d’alarme. A force de tirer sur la corde, il va finir par y avoir des drames !

La situation des emplois dans notre département est catastrophique !

 

Ce n’est pas en nous disant que les objectifs ne sont qu’une « balise » et que cela va retirer la pression aux agents.

Les divisions métiers continuent de donner leurs statistiques culpabilisantes, mettant en exergues les indicateurs en baisse par rapport à 2025, engendrant de la pression sur les agents pour toujours faire plus vite alors qu’il n’y a plus de personnel dans les services et qu’il faut en plus trouver le temps de former nos stagiaires !

 

Il nous faut des emplois, il faut arrêter la pression des objectifs et des statistiques alors que nous n’avons même plus les moyens de former nos jeunes.

Nous ne pouvons plus continuer à travailler dans ces conditions, c’est la santé des agents qui est en jeu !

 

 

- Terminons par le tableau de bord de veille sociale (TBVS) présenté aujourd’hui, enfin si nous avons le temps de terminer l’ordre du jour de cette demi-journée de réunion bien trop chargée qui donne toujours l’impression (mais ce n’est pas qu’une impression au bout du compte et ce n’est pas nouveau), que la direction cherche à expédier le dialogue social  :

 

"Quand le travail est mal organisé, que les collectifs s'épuisent, que les managers sont laissés seuls face aux difficultés, c'est le service public lui-même qui se fragilise": la phrase n'est pas de nous, mais du nouveau Ministre de l'Action et des comptes publics David Amiel lui-même, en ouverture du colloque sur le thème "mieux travailler dans la fonction publique" organisé par la DGAFP le 31 mars dernier.

Solidaires Finances Publiques n'a de cesse de dénoncer l'organisation et les conditions de travail qui mettent à mal les collectifs et la santé des personnels.

 

Le TBVS présenté ce jour illustre parfaitement la détérioration des conditions de travail et de la santé des personnels.

 

Cela transparaît notamment au travers du nombre de fiches de signalement dans le 74 : nous sommes champions toute catégorie mais pas dans le bon sens !

Rapporté au nombre d’agent, nous sommes le 1er département (et de loin : au double du 2éme département qui comptabilise après nous le plus de fiches) pour le nombre de fiches totales sur 2025, premier département en nombre/agent de fiches externes (1,7 fois au-dessus du département juste après nous) et premier département en nombre/agent de fiche internes (trois fois plus que le département juste après nous), c’est énorme !

 

Ce qui démontre non seulement ce que vivent tous nos agents en contact avec le public au quotidien, la pression, les agressions, le stress mais aussi l’échec des organisations de travail et de certains types de management qui conduisent à l’explosion des fiches internes.

 

Le document que vous nous présentez aujourd’hui intitulé TBVS fiche d’analyse qualitative dresse un constat chiffré, certes, mais où sont l’analyse et les solutions proposées ?

Les SIP du département et la trésorerie amende sont en première ligne concernant les fiches de signalement externes. Il va peut-être falloir enfin aller plus loin que les simples constats et mettre en place des mesures permettant de limiter les risques d’agressions des agents d’accueil !

On ne s’étonne pas du manque d’attractivité du département quand on constate que c’est dans notre département que les agents se retrouvent le plus souvent dans une situation présentant un danger pour leur santé mentale ou physique à cause du travail !

 

Ce constat est corroboré :

- par l’augmentation de plus de 13 % du nombre de périodes de congés maladie de courte durée, les SIP étant encore une fois les plus impactés ; SIP qui subissent également les plus forts taux de rotation,

- et par l’augmentation du nombre d’arrêts maladie avec 400 agents ayant déposé au moins un congé pour maladie sur 903 emplois temps-plein, dénombrés dans le département fin 2025.

 

Ces chiffres devraient vous inquiéter! Et conduire à la prise de mesures urgentes pour garantir la santé et la sécurité des agents du 74.

 

Et c’est sans compter notre taux de couverture d’emploi inférieur de plus de 7 points au taux de couverture national en 2025 (et qui va dégringoler en 2026), synonyme de charge de travail bien plus forte pour les agents du 74 que dans d’autres départements.

 

Mais nous ré-évoquerons tout cela en détail lors de ce point à l’ordre du jour.

 

En cette période de demandes de mutations, Solidaires 74 insiste sur le respect des règles pour le mouvement local à venir, notamment en veillant à ce que les RH ne suppriment pas d'autorité des lignes sur une demande de vœux.

 

 

Nous terminerons par une alerte solennelle sur la tentative de la direction d’entraver l’action de la section Solidaires finances publique 74 dans l’exercice de son droit syndical.

Alors que la direction nous rabâche être débordée, n’avoir pas le temps (et nous le verrons lors de la prochaine formation spécialisée) de transmettre aux organisations syndicales les documents qu’elle a le devoir de transmettre au fil de l’eau, la direction trouve soudainement et très opportunément, du temps pour chercher des textes, les lire et mal les interpréter ou détourner leur interprétation, pour tenter d’empêcher la venue d’un représentant national Solidaires finances publique à une visite de service.

Et ce alors qu’elle a toujours accepté la venue de représentants extérieurs au département d’autres organisations syndicales lors de leurs visites de site.

Il a une nouvelle fois fallu faire intervenir notre bureau national auprès de la DG pour que la direction du 74 entende raison, mais juste après, comme si cela ne suffisait pas, le chef d’un des services concerné par la HMI a envoyé un message à ses agents leur rappelant les nécessités de services impératives, allant jusqu’à indiquer que le traitement des e-contact est une nécessité de service face à une HMI syndicale et demandant d’obtenir la liste des agents comptant se rendre à la réunion au minimum 3 jours avant, instaurant par là et avec l’aval de la direction une pression claire à l’encontre de tous les agents souhaitant se rendre à la HMI Solidaires.

 

La ficelle est grosse, le procédé scandaleux !

 

Nous vous indiquons avec fermeté que nous ne tolérerons aucune nouvelle attaque de la direction du 74 contre notre syndicat, et ce encore moins en année électorale.