Partie de Mayotte début septembre, la mobilisation des lycéens et étudiants sur l’ensemble des territoires est sans aucun doute la meilleure nouvelle de cette rentrée. Leurs revendications réclamant entre autres plus de moyens pour étudier et vivre dignement sont les nôtres. Ce sont celles que nous portons depuis des années pour notre service public, ce sont elles que nous avons portées lors de la grève Fonction Publique du 29 septembre et que nous porterons avec l’ensemble des organisations syndicales de la DGFiP et de l’interpro le 5 novembre.
Face à ces mobilisations d’ampleur, la seule réponse du Gouvernement est celle du mépris, du tout sécuritaire, de la répression, des interdictions de manifestations, de l’utilisation des dispositions administratives antiterroristes (MICAS) pour empêcher des militantes et militants de manifester… En un mot : des atteintes sans précédent à nos libertés publiques et à l’État de droit !
Répondre à nos revendications légitimes : une urgence !
Depuis la mi-septembre, 12 000 personnes, dont de très nombreux mineurs, ont été placées en garde à vue et souvent dans des conditions inacceptables. C’est du jamais vu dans l’histoire sociale de notre pays et cela avant même la journée du 17 octobre. Si les dégradations, de bâtiments publics (dont le site DGFiP de Réaumur à Paris) et de 2 000 commerces sont injustifiables, nous devons condamner l’instrumentalisation qui en est faite par certaines forces politiques et le pouvoir exécutif, et ne pas oublier non plus les blessés graves dus, notamment, à l’utilisation de grenades explosives par les forces de l’ordre. Aujourd’hui, le Gouvernement restreint voire interdit notre droit de manifestation et de contestation. Malgré cela, comme le 24 octobre et le 31 octobre l’ont démontré, la colère sociale ne cesse de s’amplifier et les manifestants et manifestantes sont encore et toujours au rendez-vous, dans la joie et la détermination.
Les revendications contre la baisse drastique du pouvoir d’achat, pour plus de justice sociale, fiscale et environnementale, sont balayées d’un revers de la main. Les revendications des lycéennes et lycéens n’ont quant à elles donné lieu qu’à des réponses très largement insuffisantes. Ces revendications, estimées à 12 milliards d’euros, sont largement finançables en créant par exemple, comme le proposent certains économistes, un impôt sur les héritages supérieurs à 4,2 millions d’euros qui n’impacterait que 1 % des Français et qui rapporterait, dès 2027, 12,5 milliards d’euros. Rappelons également que la fraude et l’évasion fiscales coûtent toujours 80 à 100 milliards d’euros par an ! Mais une fois encore, le Gouvernement refuse de trouver des nouvelles recettes et de mettre à contribution les plus fortunés qui ne cessent depuis 10 ans de s’enrichir alors que la majorité de la population, des fonctionnaires, des salariés, des retraités voit son pouvoir d’achat dégringoler.
Montée du racisme et de la xénophobie
Dans ce contexte extrêmement tendu, l’extrême-droite n’est pas en reste. Lors des manifestations du 24 et du 31 octobre, des groupes ont agressé de nombreux manifestantes et manifestants avec une certaine impunité de la part des forces de l’ordre.
La parole raciste et xénophobe, inlassablement relayée dans l’espace médiatique et en particulier dans les médias du groupe Bolloré (CNews, Europe 1, JDD…), continue de faire progresser l’extrême-droite. Pire, elle contribue, avec la propagation de son fonds de commerce, le racisme, à nourrir les idéaux les plus abjects et à faire sortir certains loups du bois, dont l’un est allé jusqu’à tuer Pengo Bossio Wangi le 23 octobre dernier.
Le sujet n’est pas, comme on nous le reproche souvent, seulement « politique ». Il est à 5 mètres de nous lors de nos manifestations, parfois encore plus près, dans nos familles, nos services et dans notre quotidien. Notre syndicalisme doit, plus que jamais, continuer de s’inscrire dans la lutte contre les idées autoritaires, liberticides et racistes.
Pour cela, la journée de mobilisation du 5 novembre revêt une importance toute particulière, d’autant plus quand le Gouvernement commence à céder. La force des grèves du 5 novembre sera déterminante pour la suite du mouvement.
Nous devons, par la présence de toutes et tous, marquer notre détermination à faire aboutir nos revendications pour notre pouvoir d’achat, nos services publics et la justice fiscale, sociale et environnementale, mais nous devons aussi y porter notre rejet de toutes les formes de discriminations distillées par l’extrême-droite.
