Sommaire :
- Rapport d'activité : l'arbre qui cache la forêt.
- Alerte canicule : des consignes qui peinent à descendre.
- Avenir de l'immobilier : quels risques pour le patrimoine de l'État ?
- Projets informatiques : la DTNUM en pleine restructuration.
- Dialogue social et RH : le choix de l'invisibilisation.
L'instance s'est ouverte par l'approbation officielle du procès-verbal de la séance du 10 février 2025, immédiatement suivie par la lecture des déclarations liminaires des organisations syndicales.
Rapport d'activité : l'arbre qui cache la forêt
L'administration a présenté le Rapport Social Unique (RSU) comme une vitrine institutionnelle et un outil majeur d'attractivité, destiné à valoriser l'engagement des équipes et les excellents résultats de la direction auprès des ministres. Conçu par le cabinet de communication, ce document donne traditionnellement lieu à une conférence de presse et à un déjeuner officiel.
Cependant, les débats ont rapidement mis en lumière le manque de neutralité de ce bilan, où l'administration se positionne à la fois comme juge et partie. Si les représentants du personnel contestent la portée purement communicationnelle du rapport, Solidaires Finances Publiques dénonce fermement le fait que ce document occulte délibérément les réalités du terrain : suppressions d'emplois massives, résultats alarmants de l'observatoire interne et crise profonde des risques psychosociaux (RPS). Face à une direction générale qui manque cruellement à son obligation de formation des cadres, Solidaires Finances Publiques a rappelé la tragique réalité de l'année 2025, marquée par nombreux suicides et tentatives de suicides.
Alerte canicule : des consignes qui peinent à descendre
Sur la question de la gestion des vagues de chaleur, la Direction Générale (DG) et le Secrétariat Général (SG) ont rappelé les consignes nationales prévoyant un assouplissement du télétravail, la mise en place de journées continues et des aménagements horaires. L'administration a rappelé la distinction réglementaire : le télétravail exceptionnel relève d'une contrainte collective de l'employeur, tandis que le dépassement du seuil des trois jours de télétravail par semaine constitue une facilité individuelle soumise à « l'intelligence collective » des managers. Une communication nationale officielle reprenant l'ensemble de ces facilités a d'ailleurs été diffusée par la direction.
Solidaires Finances Publiques a alerté sur le fait que ces messages arrivent parfois de manière tronquée sur le terrain. En effet, l'interprétation du message ou son application restrictive par certains supérieurs hiérarchiques engendrent une profonde inégalité de traitement entre les agents, la protection de leur santé et de leur sécurité dépendant alors uniquement de leur service.
Face à ce constat, Solidaires Finances Publiques a exigé qu'un nouveau message soit formellement adressé à l'ensemble de la chaîne hiérarchique. Cette nouvelle communication doit impérativement réitérer l'importance de ces dispositifs d'adaptation, qu'il s'agisse des facilités de dépassement des 3 jours de télétravail, des aménagements d’horaires, des journées continues ou des autorisations d'absence pour garde d'enfants, afin d'en garantir une application juste et égale dans tous les services. Solidaires Finances Publiques a fermement rappelé que si l'administration choisit de s'en remettre à « l'intelligence collective » des cadres de proximité, cette confiance ne doit en aucun cas dériver vers des blocages arbitraires au détriment de la santé des collègues.
Ces difficultés d'application sont dramatiquement aggravées par un sous-investissement chronique (absence de ventilateurs, manque cruel ou pannes de climatisation). Par exemple, cette situation s'inscrit directement dans la continuité des problèmes d'inondations récurrentes sur le site de Montreuil Blanqui. Les conséquences non résolues de ces inondations passées (infrastructures fragilisées, humidité ambiante) viennent lourdement aggraver le calvaire des agents dès que les températures explosent.
Avenir de l'immobilier : quels risques pour le patrimoine de l'État ?
La directrice de la Direction de l'Immobilier de l'État (DIE) a présenté les grandes orientations de sa feuille de route, axée sur la réorganisation des services centraux, la modernisation de la gestion foncière, les enjeux de cyberdéfense et la résilience climatique du parc immobilier. Après une enquête interne menée au printemps, des groupes de travail s'ouvriront en septembre 2026 pour finaliser ces orientations. Parallèlement, le projet de création d'un établissement public (EPIC) baptisé « Foncière de l'État » suit son calendrier législatif pour une bascule prévue au 1er janvier 2027, soulevant d'importantes questions sur le maintien d'une fonction de tutelle de l’immobilier de l’État par la DIE. L'administration assure que cet organisme ne se substituera pas à l'État et promet une consultation des syndicats sur le décret d'application en décembre 2026. La stratégie s'orientera vers une valorisation globale plutôt que vers de la vente pure, avec une expérimentation de l'intelligence artificielle cet été pour pré-remplir les questions parlementaires.
Cette restructuration suscite de vives inquiétudes parmi les représentants du personnel, qui y voient les prémisses d'une externalisation et d'une marchandisation du patrimoine public au détriment des missions républicaines. Solidaires Finances Publiques dénonce la méthode de « co-construction » affichée par la direction, qui s'apparente à une démocratie de façade visant à faire valider par les agents des décisions déjà actées politiquement. Le calendrier mené au pas de charge impose un passage en instance dès juillet 2026, au détriment d'une analyse rigoureuse des risques psychosociaux. Les représentants du personnel exigent des garanties strictes quant au maintien du statut de fonctionnaire et s'opposent fermement au recours systématique à de la prestation de service, tout en réclamant la transparence totale sur les risques de suppressions de postes et de redécoupages de périmètres.
Projets informatiques : la DTNUM en pleine restructuration
Le responsable de la DTNum a exposé le projet d'évolution des structures visant à regrouper les fonctions support (RH, budget, informatique) au sein d'une mission transverse directement rattachée au délégué, afin de briser les silos opérationnels. Cette réorganisation, prévue pour le 1er septembre 2026, s'appuiera sur la réaffectation de postes vacants. Selon le délégué, cette réorganisation a fait l’objet de plusieurs échanges en interne : d'abord lors d’une réunion de service en début d’année, puis au cours des différents CODIR en avril pour stabiliser le schéma d’organisation, avant d'être présentée à l’ensemble des pôles concernés. S'appuyant notamment sur la réaffectation de postes vacants, sa mise en œuvre définitive est prévue pour le 1er septembre 2026.
En parallèle, le Service Numérique évolue pour accentuer l'effort sur le numérique, tandis que la DINUM se transforme en ARIANE pour piloter la gouvernance interministérielle de l'IA.
Ce projet appelle à la plus grande vigilance. Solidaires Finances Publiques a alerté l'instance sur le retour préoccupant de méthodes de management toxiques au sein de la DTNum en 2026, faisant directement écho à des dérives déjà formellement constatées en 2024. De plus, alors que l'intelligence artificielle propulse désormais 56 % des contrôles, les représentants du personnel s'interrogent sur les conséquences concrètes de ce déploiement massif sur la charge de travail et sur la pérennité des métiers. Ce sont en effet les agents qui se retrouvent en première ligne pour superviser et assumer la responsabilité finale de ces algorithmes.
Dialogue social et RH : le choix de l'invisibilisation
Sur le volet du dialogue social, l'administration a détaillé le dispositif d'accueil des nouveaux arrivants, prévoyant la transmission aux organisations syndicales des listes de boîtes aux lettres académiques personnelles en deux temps (fin juillet et fin août). Toutefois, pour la journée d'accueil, la direction maintient un format strictement institutionnel sous forme de séance plénière fermée, reléguant les échanges avec les syndicats à un simple temps de convivialité en fin de séance, avec mise à disposition de tables à l'extérieur de la salle.
Les représentants du personnel déplorent unanimement cette mise à l'écart systématique des structures syndicales. Solidaires Finances Publiques dénonce une dégradation inadmissible et continue du dialogue social. Alors que les organisations syndicales pouvaient historiquement assister a cette réunion, leur présence y est désormais proscrite. Solidaires Finances Publiques dénonce cette mise à l'écart qui vise à invisibiliser les structures syndicales. Ne pas pouvoir assister à la réunion plénière empêche les représentants du personnel de prendre la mesure des informations délivrées par l'administration. Or, cette visibilité est cruciale pour nous permettre d'accompagner au mieux les futurs collègues au cours de leur installation en service central et de les aider à faire valoir leurs droits statutaire

