DSFiPE : Ohé Ohé Direction abandonnée !!!

 

Particulièrement méconnue, la Direction Spécialisée des Finances Publiques pour l’Étranger (DSFiPE, anciennement TGE Trésorerie Générale pour l’Étranger) est une direction totalement oubliée par la Direction Générale. Il est vrai que ses missions sont particulières, puisqu’elle gère, notamment, les pensions « cristallisées » (les pensionnés de 18 pays d’Afrique) et celles des pensionnés français en retraite à l’étranger. Missions techniques et éminemment sensibles, puisque ces usagers sont, par nature, éloignés de nos services.

 

Illus DGSFiPE

 

  

- Focus sur les services pensions -

 

Une formation au rabais !

Et pourtant aucune formation sur ces missions, en dehors du pilotage et tuilage interne, n’est dispensée. Aucune mention de ses applicatifs ou spécificités n’est mentionnée dans les formations nationales ou locales. Et à l’ENFiP cette direction nationale spécialisée n’est jamais présentée... comme si elle n’existait pas.

Conséquences : une direction ouverte pour les mouvements et sorties de concours, mais que les collègues ne demandent pas. Pour pallier les postes vacants, beaucoup de contractuels sont recrutés… et ne restent pas ! Un fort turn-over en général, donc, et une multitude de postes vacants.
Et bien qu’affectés en direction spécialisée, les collègues de la DSFiPE ne bénéficient d’aucun indemnitaire spécifique assurant pourtant la mission essentielle du paiement des retraites, dans l’ombre de son grand frère, le SRE (Service des Retraites de l’État).


LE SYNDROME DU TITANIC

Depuis la « mutualisation » à marche forcée de la suite de paiement OCAPI (utilisée par la Caisse des Dépôts et Consignations), le service des pensions cristallisées, déjà partiellement sous l’eau lors de la mise en place de la bancarisation, a logiquement fini par sombrer.


Et le CGRE n’est pas mieux loti…

Aucune des alertes de détresse émises par les membres d’équipage ( les agentes et agents ), en amont et tout au long du naufrage, n’a été prise en compte par la capitainerie ( la Direction générale ). Bien que tout le monde connaisse la fin du film, l’administration, qui n’a absolument rien anticipé une nouvelle fois, a poussé les machines droit sur le glaçon !
Pourtant… Lors du déploiement, les personnels ont attiré l’attention sur les spécificités, sans être écoutés. Tant de dysfonctionnements auraient pu être évités si leurs craintes avaient été entendues et les éventuels problèmes analysés. Comment, par exemple, s’assurer du paiement des pensions à l’étranger quand le logiciel comptable utilisé pour cela n’est pas reconnu par l’applicatif ? Question de bon sens…

Alors que de nouvelles interrogations apparaissent chaque jour, les réponses (lorsqu’elles existent) sont floues ou inappropriées. Conséquences : pour pouvoir exercer leur mission, les agentes et agents essaient de trouver des solutions par eux-mêmes. Solutions qui ne peuvent être mises en œuvre, car ils n’ont pas la main sur les éléments à modifier. Sentiment d’échec programmé ?

 

DYSFONCTIONNEMENTS EN CHAÎNE


Quelques illustrations :

Des pensionnés, pourtant bien vivants, sont enregistrés comme « décédés » dans l’applicatif, pour certains depuis avril 2023, malgré les nombreux documents, par mail et par courrier, qu’ils envoient chaque semaine. Aucune action des agent·es ne peut modifier cet état pour payer aux retraité·es ce qui leur est dû. L’obstination des collègues a, enfin, permis l’autorisation de signaler les cas un par un dans l’application Resana… on croit rêver… et peut-être ( dans le meilleur des cas ) obtenir un déblocage quelques mois plus tard !

A contrario, des familles envoient les informations de décès dans les délais, mais l’applicatif ne bloque pas toujours les paiements, générant des indus qu’il faudra ensuite récupérer auprès de familles en deuil.

Bref, des procédures chronophages pour les agentes et agents et un mépris à peine masqué pour des usagers auxquels on demande aux collègues de répondre : « le problème est connu et les services y travaillent. Nous réglerons votre situation dans les meilleurs délais » alors que la demande date de 2 ans…
Des tableaux recensant les dossiers bloqués ou avec anomalies sont toujours plus nombreux. Bientôt ils vont surpasser en nombre les cas qui peuvent être traités « normalement ».

La Caisse des Dépôts et Consignations communique sur un pourcentage très faible de paiements non effectués, basé sur les rejets de paiement. Mais pour qu’il y ait rejet, il faut qu’il y ait paiement ! Or cela n’est pas toujours le cas : dossiers avec blocage automatiquement généré par l’applicatif (que les agents n’ont pas le droit d’enlever), pensionnés dont le dossier n’a pas été créé, pensions où tout semble correct mais pour lesquels aucun paiement n’apparaît dans l’historique...
De plus, de nombreux paiements ne correspondent pas aux droits des pensionnés. Certains se voient verser plus, d’autres moins. Si les collègues sont sommés de bloquer sans attendre tout dossier en indu dès qu’il est découvert (ce qui est normal), on leur demande, par contre, d’attendre la réclamation pour régulariser ceux qui ont été minorés… Curieuse notion du service public.

 

UNE PERTE DE SENS ORGANISÉE

Et on vous épargne la GEIDE des pensions ( Gestion Électronique de l’Information et des Documents ), qui impose la numérisation de milliers d’anciens dossiers papiers par les collègues eux-mêmes, en plus de leurs missions quotidiennes, avec un équipement de piètre qualité. GEIDE dont les dysfonctionnements ont d’ailleurs généré des masses de dossiers « coquilles vides », en doublon, à retraiter.

En résumé, aux pensions cristallisées comme au CGRE, les collègues sont totalement désabusé·es.
Les tâches qu’ils effectuaient avec attention auparavant sont devenues automatiques, il n’y a qu’à cliquer sur quelques boutons, sans réellement savoir pourquoi, en espérant que cela fonctionne, et ça n’est fréquemment pas le cas !

Turn-over massif, manque d’effectifs, limitation des actions, dépendance à des dates fluctuantes, injustices criantes, absence de reconnaissance… tout concourt à une perte de sens au travail ressentie de plus en plus fortement par des agentes et agents exténué·es, ayant clairement le sentiment d’écoper les multiples voies d’eau avec une petite cuillère.


Encore une fois, la fin du film est connue. Il est donc nécessaire de réécrire le scénario.


Pour Solidaires Finances Publiques, il est inadmissible que les agentes et agents soient livrés à eux-même et placés en perpétuelle situation d’échec dans leur mission de service public, du seul fait des errements de l’administration !

De plus, il est tout aussi inconcevable de faire fi des droits des usagères et usagers, les laissant parfois dans des situations de détresse morale et/ou financière.

Solidaires Finances Publiques demande à la Direction générale de donner l’ensemble des moyens nécessaires aux collègues, pour mener à bien leur mission, au bénéfice des usagères et usagers, où qu’ ils se trouvent dans le monde !