Elle le devrait en tout cas, car elle en dit long sur les excès, les dérives et les orientations du système capitaliste dont la plupart des gouvernements dépendent et qu’ils accompagnent.

Comme les forces de sécurité civile (pompiers) face aux feux de cet été, comme les enseignants eux-mêmes, comme les agentes et les agents des Finances Publiques et l’ensemble des fonctionnaires y compris ceux des forces de police qui les répriment violemment, ils et elles réclament des conditions matérielles d’enseignements dignes de leur avenir, des enseignants en nombre suffisant pour assurer, dans des classes moins surchargées, une transmissions efficiente des savoirs qui leurs sont dispensés, mais également une solidarité entre les établissements les mieux lotis et ceux qui le sont bien moins. En somme des moyens pour les services publics !

Évidemment, au-delà de toute la prudence dont nous devons faire preuve face à la masse des informations qui se déversent par tous les canaux possibles et imaginables, que les images des couloirs d’un lycée de région parisienne traversés par des rats ou dont les murs suintent, émeuvent sans doute moins que celles de nos dévoués pompiers face au gigantisme de feux destructeurs des forêts, de la biodiversité et de vies entières dévastées.

Évidemment et toujours avec la même prudence, certains débordements et destructions doivent être condamnés, mais pas moins que la violence qu’exercent, gratuitement parfois, les forces de l’ordre. Et le fait qu’elles obéiraient aux injonctions de leur hiérarchie la plus haute n’est pas une excuse, mais bien un phénomène aggravant qui démontre la volonté des institutions de réprimer et d’avertir toutes et celles et ceux qui imagineraient rejoindre la rue pour contester, encore une fois, des choix budgétaires et économiques qui vont à l’encontre de l’intérêt général et qui servent des intérêts particuliers et leurs lobbies.

C’est pourquoi, en tant que retraité.es et fonctionnaires retraités, nous devrions nous intéresser à ce qui se déroule sous nos yeux et nous en mêler pour être aux côtés de cette jeunesse qui se révolte. Ce serait une démonstration de l’existence vivace des solidarités intergénérationnelles, voire de classe qui nous unissent.

Hier 6 octobre, après le 29 septembre, les retraité.es étaient nombreuses et nombreux dans les rues de France. Ils pourront y être encore dans les prochains jours et prochaines semaines, au pire le 5 novembre au plus tard dans le cadre d’une journée unitaire de grève et de manifestations interprofessionnelles.

Et ce sera indispensable, dans le cadre des mobilisations spécifiques aux retraité.es qui se profilent pour ces deux prochains mois, auxquelles nous pourrons appeler à participer les actifs et les actives, les jeunes et les moins jeunes, les chômeurs et les chômeuses…

Les occasions sont trop rares pour que les luttes convergent vers l’intérêt général, saisissons-nous de l’instant !