Après avoir sévi en tant que secrétaire d’état chargé de la fonction publique, où il a mis en place la Loi de Transformation de la Fonction publique de 2019, qui a cassé nos garanties statutaires (recours aux agents contractuels, suppression des CAPL pour ne citer que cela), c’est désormais en tant que Ministre délégué aux Comptes publics qu’Olivier Dussopt a rendu une visite au Loir-et-Cher ce vendredi 28 mai dans le cadre du plan de relance économique et de la mise en place du NRP (et, le cas échéant, de la « démotropolisation »).

Accompagné de Marc Fesneau, en campagne électorale dans la région Centre avant de retourner à Paris, il est arrivé à 17 H passées à l’HDF de Vendôme, non pas pour voir les agents mais pour étudier les locaux avant le transfert à Vendôme d’un SIE des Hauts-de-Seine en 2024 et se vanter auprès des élus locaux de l’arrivée d’une trentaine d’agents.


Informés la veille de l’arrivée des ministres, nous avions demandé une audience pour confronter le beau discours officiel à la réalité vécu par les agents sur le terrain. Comme « le ministre ne reçoit pas les syndicats », l’intersyndicale Solidaires-CGT a donc été reçue à Blois pendant 35 minutes par Mme Marie-Gabrielle Fournet, conseillère au « suivi de l’exécution des réformes », accompagnée par Mme Llaury, qui s’est engagée à faire remonter au ministre nos remontées du terrain, même si nous ne sommes pas dupes.


Nous avons donc pu dénoncer le décalage entre l’annonce de l’arrivée d’une trentaine d’agents de région parisienne pour gérer des dossiers hors tissu fiscal, et la réalité du terrain, alors que près de 300 emplois ont d’ores et déjà été supprimés en près de vingt ans dans l’administration fiscale de Loir-et-Cher, et que Vendôme a vu disparaître missions et emplois les uns après les autres : FI, PCE, enregistrement, service de publicité foncière, cadastre et le service des impôts des entreprises au 1/1/2020. Pendant que nos deux ministres font leur opération de communication, le démantèlement du maillage territorial continue de plus belle, les deux dernières trésoreries rurales sont appelées à disparaître au 1er janvier prochain alors qu’il en restait 13 il y a encore seulement cinq années. Les populations ont été abandonnées, pour qui service public fiscal signifie désormais téléphone, internet et bureaux de tabac. Le NRP est présenté comme un réinvestissement des secteurs qui avaient été jusque là méthodiquement abandonnés, via la présence occasionnelle d’agents fiscaux dans les Maisons France Services qui sont à la charge des collectivités. Elles sont une belle vitrine de services publics mais de l’aveu même des élus, ne peuvent remplacer les services pérennes que constituaient trésoreries et services implantés localement. Personne n’est dupe de la manœuvre et tout le monde perçoit la dégradation du service public. Nous avons également rappelé le stress des plans triennaux du NRP, l’impact des suppressions d’emplois sur les agents avec la dégradation de leurs conditions de travail, la remise en cause systématique des droits et garanties des agents.


Mme Fournet a pris note puis a vanté l’arrivée d’un service excentré à Vendôme au nom de l’attractivité des petites villes et la multiplicité des points de contact, avant de repartir rejoindre les ministres à Vendôme.
Nous sommes également partis à Vendôme où une petite délégation de militants syndicaux les attendait. Un important dispositif policier a maintenu les syndicalistes loin de nos chères têtes pensantes. Le fossé entre les élites politiques et la base, entre les grands discours et la réalité, n’a jamais été aussi profond.

 

Dussopt 2