La colère aux Finances publiques

Société. Face à l’annonce de la fermeture de plusieurs services au centre de Pont-Audemer, une quinzaine d’agents se rendent aujourd’hui jeudi à Paris pour manifester.

 

Une quinzaine d’agents du centre des Finances publiques se rendent à Paris aujourd’hui (photo : Paris-Normandie).
 

À Pont-Audemer, la colère gronde auprès d’agents du centre des finances publiques

des agents du centre des Finances publiques seront en grève à Pont-Audemer contre la réforme de Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des comptes publics. Une quinzaine d’entre eux vont se rendre à Paris pour manifester à l’appel de plusieurs syndicats de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).

En cause :

 

 

la réorganisation du réseau des Finances publiques annoncée par le gouvernement et prévue pour 2022. Un projet baptisé « géographie revisitée ». Il a pour conséquence la suppression de 989 Trésoreries et centres des Finances publiques en France (sur 1 626), dont la trésorerie et des services à Pont-Audemer (40 postes en moins) et les Trésoreries de Beuzeville et de Bourg-Achard. En parallèle, des Maisons France services (MFS) seront créées pour des accueils généralistes multi-fonctions (CAF, SNCF...).

6 300 personnes en un mois

Pour les habitants et les professionnels, les répercussions seront directes puisque le centre des Finances publiques à Pont-Audemer est amené à fermer trois services de proximité. Soit les services des impôts des entreprises, de publicité foncière et des impôts des particuliers. Au plus proche, le service des particuliers sera à Bernay. « Mais on craint que le site de Bernay ferme aussi un jour pour tout regrouper à Évreux, souligne Aurélie Herkous, représentante du personnel de Solidaires Finances publiques. Nous avons des usagers qui viennent dans notre centre notamment pour la déclaration des revenus. Nous avons vu passer 6 300 personnes en un mois en avril-mai. Nous avons eu encore plus de personnes avec le prélèvement à la source. Internet ne résout pas tous les problèmes. Pour les agents touchés, ils seront mutés ou ils pourront demander un départ volontaire. »

Concernant la Maison France services, la représentante du personnel semble aussi perplexe. « Ce sera juste une boîte aux lettres, car les agents de la DGFiP ne seront pas présents. C’est surtout un transfert de charges sur les collectivités. »

Depuis la mi-septembre, des agents du centre des Finances publiques s’activent. Ils veulent empêcher la fermeture de leurs services. « Nous avons appris la nouvelle le 28 juin. On ne s’y attendait pas », souligne une agent devant le bâtiment. Ils sont plusieurs, entre 8 h 45 et 9 h 30, à faire signer des pétitions aux usagers contre la suppression des services. « Nous avons récolté sur papier 1 600 signatures », lance la déléguée syndicale.

Contactée, la Direction départementale des Finances publiques de l’Eure souligne qu’en juin, « une concertation a été engagée avec les agents et les élus locaux sur une réorganisation des services des Finances publiques visant à améliorer l’accueil et le service rendu. »

À ce jour, il est annoncé qu’aucun service des Finances publiques ne fermera dans l’Eure en 2020. La direction assure qu’à Pont-Audemer, « les usagers continueront à terme d’être accueillis sur place de la même façon qu’actuellement. Concernant les différentes communes de cette partie du département, la préfecture est en charge de l’étude des projets de création de Maisons France services que certaines d’entre elles lui soumettent. » Ainsi, dans ces structures, « les usagers qui le souhaitent pourront bénéficier d’un rendez-vous avec un agent des Finances publiques qui se rendra sur place ».

La direction ajoute même : « un sondage national réalisé par l’institut BVA en septembre confirme que la plupart des usagers appréhende cette création de Maisons France services comme une amélioration à leur profit de l’accessibilité des différentes administrations en dépassant ainsi les cloisonnements administratifs [...]. Le même sondage national démontre qu’ils comprennent les raisons de cette réorganisation (prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, suppression progressive de la taxe d’habitation, dématérialisation des procédures, etc). »

Sur le terrain, compte tenu du nombre de signataires, l’avis ne semble pas partagé par tous.