En matière de santé au travail, tous les indicateurs sont au rouge. Recrudescence des suicides, notamment à la SNCF, chez Orange ou... aux Finances publiques. Risques plus élevés d’accidents du travail, y compris mortels, chez les jeunes, dont des mineur·es en stage ou en apprentissage.
Les causes en sont connues : c’est la destruction des protections qui existaient dans le droit du travail, des instances de représentation du personnel de proximité, des moyens de l’Inspection du travail, pour permettre aux employeurs d’exploiter toujours plus. La lutte des classes se traduit aussi dans l’appropriation de la vie.
Pour notre santé, faisons du 28 avril, puis du 1er mai, des journées de combat !
D’où que l’on vienne, où que l’on soit né.e, nous vivons ici, nous travaillons ici, nous étudions ici. Ensemble.
De Belfort à Bayonne, de Grenoble à la Bretagne, de Marseille à la région parisienne, de Mamouzou à Ouvéa, ce sont nos quartiers, nos vallées, nos communes. Nous ne voulons plus laisser le pouvoir nous réduire à la misère et à la précarité, nous détruire, nous diviser et ouvrir la voie au fascisme.
Car le fascisme n’est pas une insulte. C’est une idéologie définie par l’historiographie. Selon l’historien Robert O. Paxton, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, dont le travail est mondialement reconnu, c’est « une forme de comportement politique marqué par une obsession du déclin national […] et par des cultes compensatoires d’unité et de pureté ». Ce que les historiens appellent fascisme présente des caractéristiques centrales :
- ultranationalisme
- autorité charismatique d’un chef
- rejet du pluralisme
- hiérarchisation des groupes humains (par origine, couleur de peau, religion, genre, orientations sexuelles, etc.)
- écrasement des contre-pouvoirs (avec notamment la mise au pas ou interdiction des syndicats, le harcèlement et/ou la persécution des syndicalistes…)
Ce cadre est historiquement situé, il n’est pas interchangeable.
Dans Les Naufragés et les Rescapés, l’écrivain italien Primo Levi, rescapé des camps nazis, explique que le système concentrationnaire n’est pas une dérive du nazisme, mais qu’il en est l’aboutissement. Les camps ne sont pas un accident, ils sont inscrits dans la logique même d’un régime fondé sur l’exclusion, la hiérarchisation raciale et la purification nationale. Le fascisme porte en lui la violence qu’il produit.
Qualifier toute opposition radicale de « fascisme » revient donc à vider le terme de son sens. Créer une symétrie artificielle entre fascisme et antifascisme (qui n’existe que parce que le fascisme existe préalablement !) n’est pas une analyse. C’est un effacement, et effacer les mots c’est effacer l’histoire.
L’antifascisme, dans cette logique, s’oppose :
- à l’idée qu’un pays « appartient » à certains et pas à d’autres
- au rejet des étrangers
- au racisme
- à l’antisémitisme
- au sexisme
- aux discriminations contre les personnes LGBT+
- à un chef qui décide seul
- au silence imposé aux opposants
- à la mise au pas des médias
- à la violence politique
Il ne s’agit pas d’opinions, mais de réalités historiques.
Aucune définition historiographique du fascisme ne décrit une idéologie égalitaire. Aucune ne parle d’émancipation. Le fascisme a toujours été est reste autoritaire, nationaliste, hiérarchique et anti-pluraliste. Ce n’est pas un synonyme de « radical », ce n’est pas un adjectif interchangeable.
Faire une fausse symétrie, c’est protéger le vrai danger.
C’est faire le lit de ce que nous combattons depuis toujours, avec vous et pour vous.





