Seul, on miaule.

Ensemble, on rugit !

Le 29 septembre, toute la fonction publique est appelée à la grève. À la DGFiP, Solidaires Finances Publiques, la CGT et FO appellent ensemble. Dans les services informatiques, nous avons toutes les raisons d'y être.

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Notre salaire prend des coups

Le point d'indice ? Quatre revalorisations en quinze ans, les deux dernières bien en dessous de l'inflation, et un gel presque continu depuis 2012. Il reste gelé cette année : le gouvernement l'a confirmé le 8 juillet, sans mesure générale et sans rétablir la GIPA.

Les loyers, les courses, l'énergie, l'essence augmentent. Notre salaire, lui, fond. En début de carrière, le traitement indiciaire est passé sous le SMIC : 862 000 agents publics ne le dépassent que grâce à une indemnité différentielle.

Et si on tombe malade : jour de carence, indemnisation à 90 %, et depuis le 1er septembre des arrêts prescrits pour une durée limitée, avec un contrôle de présence jusqu'au domicile.

« Il n'y a pas d'argent » ? Ah bon.

211 milliards d'euros d'aides publiques versées aux entreprises, sans condition d'emploi ni d'environnement. Plus de 100 milliards d'euros perdus chaque année par la fraude et l'évasion fiscales des entreprises.

Aller chercher cet argent, c'est notre métier, avec toujours moins de collègues pour le faire. Le problème n'est pas l'argent. Le problème, c'est qui paie. Et qui ne paie jamais.

On nous pousse à penser chacun pour soi

Une prime par-ci, un objectif individuel par-là, une carrière qui se joue seul. L'Inspection générale des finances vient de passer au crible les régimes indemnitaires des fonctionnaires de l'État, avec une seule idée : faire des économies. Petit à petit, le collectif se fait la malle.

On nous demande de démontrer notre utilité. Quand les effectifs baissent, que les missions s'empilent et que les collègues partent sans être remplacés, qui fait tourner la maison ? Nous. On absorbe, on compense, on tient.

Cyberattaques : des moyens, pas des coupables

Cet été, la DGFiP a fait la une pour des vols de données. Depuis, des responsables politiques découvrent la cybersécurité et montrent du doigt des administrations « laxistes ». Ce sont les mêmes qui votent, année après année, des budgets toujours plus serrés.

Un exemple : la double authentification doit être déployée à la DGFiP avant le 28 février 2027. Selon notre estimation, l'équipement et son déploiement coûteraient plus de 11 millions d'euros. Le budget annuel de la cybersécurité de toute la DGFiP est de 18 millions.

Dans nos services, la sécurisation des applications est demandée aux équipes en place, sans renfort. Et ce sont les collègues au contact du public qui encaissent l'inquiétude, parfois la colère, des usagers. La dette technique n'est pas la faute des agents : nous refusons toute mise en cause individuelle.

Dans nos services informatiques, on tient avec quoi ?

Des cellules informatiques départementales ramenées à deux agents, faute de budget ou de remplaçants. Des services déclarés trop petits, puis proposés au regroupement dans une autre ville. Du travail à distance imposé, et des déplacements pour se retrouver en présentiel.

Et en prime, dans plusieurs directions, une formation obligatoire à boucler avant le 30 septembre, en plus du reste, sur un temps que personne ne nous donne.

Ce que nous revendiquons

● le dégel et une vraie revalorisation du point d'indice, avec 85 points pour toutes et tous et son indexation sur l'inflation ;

● le rétablissement de la GIPA, la suppression du jour de carence et l'abandon de la baisse d'indemnisation des arrêts maladie ;

● l'arrêt des suppressions d'emplois et des restructurations, et des recrutements de titulaires, y compris en cybersécurité ;

● de vrais moyens pour résorber la dette technique et sécuriser nos systèmes ;

● aucune mise en cause des agents après les cyberattaques.

On ne fait pas grève seul

On fait grève pour soi, pour sa ou son collègue, pour celles et ceux qui arrivent et pour celles et ceux qui partiront. Ce que nous défendons aujourd'hui, c'est ce que nous aurons demain.

« Ça ne changera rien », « ce n'est pas le moment », « je vais être tout seul » : c'est en restant seul qu'on nous laisse seul. Une revendication isolée finit dans un tiroir. Des milliers de collègues en grève, c'est un rapport de force.

Le 29 septembre, toutes et tous en grève !

Seul, on miaule. Ensemble, on rugit !

Le préavis de Solidaires Fonction publique couvre toute la journée, de 0 h à 24 h, pour les titulaires, stagiaires et contractuels. Rassemblements et manifestations près de chez vous : demandez à votre section.

Solidaires Finances Publiques — section DISI Sud-Ouest