Conférence-débat du 3 novembre : l’équité en paroles

 

 

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Nous étions une trentaine de collègues réunis à Champ-Fleuri.
Pour cette première, nous avions volontairement limité les inscriptions et fait le choix d’un format resserré, afin de favoriser l’écoute et la qualité des échanges.
Cette rencontre était aussi un test : mesurer l’intérêt, voir si ce type de format pouvait être répliqué, s’il pouvait devenir un rendez-vous régulier d’échanges et de réflexion collective.

Nous avions présenté ce débat dans un hors-série. Il en posait les mots.
Mardi, ces mots ont trouvé un écho.

Nos deux invitées, Martine Nourry et Agathe Lengaigne, ont été à la hauteur de ce que nous espérions : claires, engagées, pédagogues sans jamais être hors-sol. Elles ont donné des repères, posé des concepts, ouvert des perspectives.

Mais ce qui a véritablement donné sa force à cette rencontre, ce sont les interventions des collègues présents.

Interventions dignes, fortes, et inspirantes.

Il n’y a pas eu de grandes déclarations théoriques. Il y a eu du vécu, du concret, du courage et aussi des silences, ceux qui en disent long.

On a parlé de parcours professionnels fragilisés.
On a parlé de santé, de maladies invisibles, de fatigue qu’on ne voit pas.
On a parlé d’aidants, de charge mentale, de dossiers administratifs qui s’empilent quand la vie personnelle vacille.
On a parlé d’histoire, de transmission, de ce que La Réunion porte encore dans ses héritages sociaux et culturels.

Et surtout, on a compris une chose essentielle :

L’égalité, c’est donner la même chose à tous.
L’équité, c’est donner à chacun ce dont il a besoin pour tenir debout.

Des collègues ont expliqué ce que signifie travailler avec une maladie chronique. D’autres ont évoqué le bouleversement qu’entraîne l’annonce d’un handicap dans une famille, es choix imposés, les renoncements silencieux, l’autocensure, les temps partiels « évidents », les promotions que l’on ne tente plus.

Il y avait dans la salle une forme de pudeur. Mais aussi une parole qui se libère.

 

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Nous n’étions pas là pour opposer femmes et hommes.
Nous étions là pour comprendre les mécanismes invisibles qui fabriquent encore des inégalités très visibles.
Nous étions là pour rappeler que traiter tout le monde de la même manière peut parfois renforcer l’injustice.

Et il s’est passé quelque chose d’important : une écoute réelle. Pas d’ironie, pas de minimisation, pas de « c’est comme ça ».
Juste des agents qui cherchent à se faire entendre et comprendre.

Cette rencontre était utile, profondément utile.
Parce que réfléchir, c’est déjà agir.
Et parce que, dans un collectif, mettre des mots, c’est commencer à transformer.

Nous reviendrons un plus largement sur les témoignages et les pistes d’action dans un prochain article du Ti Coq. Il nous semble important de prendre le temps de restituer fidèlement cette parole, sans la simplifier, sans la trahir.

Hier, nous n’avons pas réglé toutes les inégalités.
Mais nous avons fait quelque chose de précieux : nous les avons rendues visibles.

Cette première rencontre ouvre la voie à d’autres formats et à d’autres espaces de dialogue.

 

Les co-secrétaires

Magali BILLARD, Sandra CHANE-FOC, Florent CORMARY