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Cette formation spécialisée exceptionnelle, convoquée à la demande de Solidaires Finances Publiques et des autres organisations syndicales, s'est déroulée le mardi 28 juillet 2026 de 15h00 à 17h30 en visioconférence. Elle a fait l'objet d'un enregistrement sonore, annoncé en ouverture de séance et sans opposition. Ce compte-rendu vous donne notre analyse, et reflète le plus fidèlement possible les propos tenus, les informations et consignes données par la Direction. |
| ● Compte-rendu complet au format PDF |
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Ordre du jour
1. Point de situation sur les incendies en Gironde et dans les Landes
2. Bilan de la situation des personnels et mesures d'urgence
3. Évaluation et prévention des risques liés aux fumées toxiques
4. Prévention des risques psychosociaux
5. Organisation de la réintégration et suivi post-crise
6. Questions diverses
Cet ordre du jour est celui que Solidaires Finances Publiques a proposé à la Direction le 27 juillet et que celle-ci a accepté sans réserve le soir même, en précisant qu'elle ne disposerait pas nécessairement de l'ensemble des éléments de réponse.
Propos liminaires
Solidaires Finances Publiques a lu une déclaration liminaire. La CFDT a également lu la sienne. La CGT et FO n'ont pas fait de déclaration mais ont pris la parole pour saluer la tenue de l'instance et exprimer leur solidarité avec les collègues touchés.
| La déclaration de Solidaires Finances Publiques |
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Solidaires Finances Publiques a salué la réactivité de la Direction, qui a convoqué cette instance sans attendre, alors que la directrice générale annonçait des formations spécialisées « dès que la situation aura été stabilisée ». L'article R253-48 du Code général de la fonction publique impose de réunir cette instance dans les plus brefs délais après un événement pouvant avoir des conséquences graves, et non une fois le calme revenu. SFP a rappelé l'ampleur de la crise, l'épisode de pollution aux particules classé au seuil d'alerte, et le fait que les dispositifs de surveillance ignorent les particules fines PM2,5 alors que l'Anses les identifie comme les plus dangereuses et rappelle que les fumées d'incendie sont deux à dix fois plus toxiques que la pollution ordinaire. Nous avons alerté sur la fiabilité des coordonnées personnelles des agents, qui ne font l'objet d'aucune obligation de mise à jour ni de campagne annuelle de vérification, alors que cette donnée devient vitale en situation de crise. Nous avons enfin demandé les chiffres propres à la DISI Sud-Ouest, absents du message de la directrice générale. La déclaration complète est consultable en ligne : SFPD33-Liminaire-FS-20260728-V2.pdf |
Présentation liminaire du Président
La séance était présidée par le directeur de la DISI Sud-Ouest. Il a ouvert la séance en indiquant que ce qui l'animait était avant tout la sécurité de ses personnels, et a présenté la chronologie de la gestion de crise.
Vendredi 24 juillet : première vague de quatre collègues évacués, trois de l'ESI 33 et un du siège. Le directeur les a appelés personnellement pour s'assurer de leur mise en sécurité et leur apporter son soutien.
Samedi 25 juillet : le périmètre des communes évacuées s'étend. Un dispositif de crise est mis en place avec les cadres de la DISI et de l'ESI 33, puis élargi le lundi aux acteurs de la prévention. La Direction s'organise pour reconstituer les adresses et numéros de téléphone des agents. Les appels poursuivent trois objectifs : s'assurer que les agents sont en sécurité, partager les consignes relatives au travail, et identifier les premières vulnérabilités, matérielles comme psychologiques.
Dimanche 26 juillet : la Direction contacte les organisations syndicales, sans parvenir à joindre tout le monde, et adresse un message à l'ensemble des agents de la DISI Sud-Ouest. Une coordination est établie avec la DRFiP 33, mais pas avec la DIRCOFI, dont la population d'agents est différente.
Lundi 27 juillet : prise de contact avec l'assistante de service social sur la question du logement, le SRIAS se mettant en capacité de proposer des solutions. Recherche de masques FFP2, décrite comme très difficile. Contacts avec les agents en congés, avec ceux qui se sont délocalisés pour fuir les fumées, et avec les agents en arrêt maladie ou en CITIS. Quinze agents sont alors évacués de leur domicile, aucun logement n'est détruit, certains agents ont dû déménager plusieurs fois successivement.
Mardi 28 juillet : quatorze agents évacués. La préfecture procède ce jour à l'évacuation des campings de Lacanau, ce qui peut générer de nouvelles situations. La Direction précise que cette liste n'est pas considérée comme définitive.
| Les consignes de la Direction, rappelées en séance |
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Agents en zone évacuée : autorisation spéciale d'absence. Agents hors zone évacuée mais concernés par les consignes préfectorales de circulation : télétravail exceptionnel et, si le télétravail n'est pas possible, autorisation spéciale d'absence. Tous les autres agents : travail sur site ou télétravail, avec examen des situations individuelles au cas par cas. Agents s'étant éloignés pour fuir les fumées : télétravail si les missions le permettent, autorisation d'absence dans le cas contraire. Agents sapeurs-pompiers volontaires ou bénévoles : le directeur demande que leurs coordonnées lui soient communiquées. |
1. Point de situation sur les incendies
Situation des sites
La Direction a indiqué qu'aucun site de la DISI Sud-Ouest n'a été fermé et qu'aucun n'a été atteint par les flammes.
Pour les CID des Landes, les structures n'ont pas été impactées par les évacuations. Le SGC de Parentis, un temps évacué, a rouvert. Deux agents ont été évacués de leur domicile et une collègue résidant à Biscarrosse travaille à Bordeaux. La situation landaise évolue favorablement.
Pour les CID de Gironde, la Direction ne relève pas de sollicitation particulière ni de report d'intervention, la période étant calme et les prises en main s'effectuant à distance. Une zone reste interdite et évacuée, où personne ne doit se rendre.
Sur le site de la Cité administrative, la Direction a parcouru les quatre étages de l'établissement pour distribuer des masques FFP2 aux agents qui en souhaitaient : une dizaine ont été pris.
Compte rendu et suivi
Interrogée par Solidaires Finances Publiques, la Direction s'est engagée à ce que cette séance donne lieu à un compte rendu officiel et à un relevé de décisions, diffusés dans des délais plus courts qu'à l'accoutumée compte tenu du caractère exceptionnel de la situation.
| L'analyse de Solidaires Finances Publiques |
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Obtenir un relevé de décisions écrit était la première exigence de Solidaires Finances Publiques. Elle est satisfaite. Nous serons attentifs à sa parution rapide et à sa fidélité, et nous invitons les collègues à nous signaler tout écart avec ce qui a été dit en séance. SFP a également demandé, et obtenu, que les boîtes syndicales soient mises en copie des messages adressés aux agents. Plusieurs de nos représentants ne sont pas affectés à Bordeaux et ne figurent pas dans les listes de diffusion de la Direction : ils étaient jusqu'ici privés d'une information pourtant essentielle au suivi de la crise. |
2. Bilan de la situation des personnels et mesures d'urgence
Les chiffres de la DISI Sud-Ouest
Solidaires Finances Publiques avait relevé que le message de la directrice générale du 27 juillet ne comportait aucun chiffre pour notre direction. La Direction a communiqué en séance l'état au 28 juillet, sur un périmètre de 220 agents du siège et de l'ESI de Bordeaux potentiellement concernés par la zone des feux :
| État des effectifs au 28 juillet 2026 |
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62 agents en situation d'absence régulière (congés) 47 agents présents sur site, dans les locaux 38 agents en télétravail régulier 52 agents en télétravail exceptionnel 14 agents évacués de leur domicile 7 agents pour lesquels une autorisation spéciale d'absence a été demandée |
| L'analyse de Solidaires Finances Publiques |
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Ces chiffres n'existaient nulle part avant que Solidaires Finances Publiques ne les demande. Ils n'apparaissent ni dans le message de la directrice générale du 27 juillet, ni dans celui du secrétariat général des ministères du 28 juillet, qui recense pourtant près de 250 agents évacués à l'échelle ministérielle. Nos collègues de la DISI étaient, jusqu'à cette séance, invisibles dans les décomptes nationaux. SFP demande que ces données soient désormais remontées systématiquement au niveau national et actualisées à chaque point d'étape. Une direction qui n'apparaît pas dans les statistiques ministérielles est une direction dont les besoins ne sont pas arbitrés. Nous notons par ailleurs que le périmètre retenu, 220 agents du siège et de l'ESI de Bordeaux, n'intègre pas les agents des CID excentrées ni ceux qui, travaillant pour une autre direction, échappent à tout comptage par site. Nous y reviendrons. |
Volet matériel, logement et assurances
La Direction a rappelé les mesures annoncées par le ministre de l'Économie et des Finances : prolongation du délai de déclaration de sinistre jusqu'au 31 août, et prise en charge des frais de relogement au titre de l'assurance habitation, jusqu'à trois semaines, pour toute personne évacuée de sa résidence principale sur ordre des autorités, que le logement ait été endommagé ou non. Les modalités pratiques n'étaient pas encore connues au jour de la séance ; la Direction s'est engagée à les relayer dès réception et à attirer l'attention des agents concernés.
L'assistante de service social est intervenue en séance. Elle a indiqué être en contact avec le SRIAS pour la mise à disposition de logements, disposer de dispositifs financiers d'aide en cas de sinistre et pour l'achat de biens de première nécessité, et bénéficier d'une convention avec l'association France Victimes permettant un accompagnement en visioconférence ou en présentiel. Elle a demandé à pouvoir contacter directement les agents évacués pour recenser leurs besoins ; le Président lui en a donné l'accord en séance.
| Contacts utiles pour les collègues |
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Assistante de service social, Mme Mégane BEAU : 06 20 99 28 63 ou 05 56 93 35 54. Elle contacte directement les agents évacués. Plateforme d'écoute et de soutien psychologique : 0805 230 809 (numéro vert). Cellule d'urgence médico-psychologique de la préfecture : 0800 719 912. Cellule d'information du public de la préfecture : 09 70 80 90 40, taper 1 pour la Gironde, ouverte 24h/24. Dispositifs mobilisables : aide sinistre du service social, mise à disposition d'appart'hôtel pour les agents évacués, convention avec France Victimes. |
Repérage des vulnérabilités
La Direction a indiqué avoir repéré quatre agents particulièrement déstabilisés sur le plan psychologique, sans prétendre à l'exhaustivité, et transmettre les coordonnées aux acteurs de prévention au moindre doute.
| L'analyse de Solidaires Finances Publiques |
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Solidaires Finances Publiques salue une gestion de crise réelle, méthodique et humaine. Les appels personnels du directeur aux premiers collègues évacués, la reconstitution en urgence des coordonnées, les contacts avec les agents en congés et en arrêt maladie ne sont pas des gestes obligatoires : ils ont été faits, il faut le dire. SFP maintient néanmoins son alerte sur la fiabilité des données. La Direction a elle-même reconnu en séance, en reprenant nos termes, que les bases ne sont pas nécessairement à jour. Un recensement construit sur des coordonnées déclaratives parfois anciennes produit mécaniquement des angles morts. Nous ne demandons pas à gérer ces données, ce n'est pas notre rôle, mais nous demandons qu'une campagne d'actualisation soit engagée hors période de crise. Nous appelons enfin les collègues qui se trouveraient en difficulté, ou qui auraient connaissance de la situation d'un collègue, à nous le signaler. Le repérage de quatre agents déstabilisés sur 220 nous paraît un plancher, non un plafond. |
3. Évaluation et prévention des risques liés aux fumées toxiques
Mesures de la qualité de l'air : la Direction oppose un refus technique
Interrogée sur la réalisation de mesures de la qualité de l'air à l'intérieur des locaux maintenus ouverts, la Direction a répondu par la négative. Selon l'inspecteur santé et sécurité au travail, il n'est pas possible de procéder à des mesures permanentes : cela suppose l'intervention d'un professionnel extérieur, hors marché, disposant d'un matériel spécifique, avec des prélèvements d'air envoyés en laboratoire dont les résultats ne reviennent qu'au bout de deux à trois semaines. Les détecteurs de CO utilisés à l'époque du Covid ont été présentés comme sans utilité dans ce contexte.
| L'analyse de Solidaires Finances Publiques |
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Solidaires Finances Publiques prend acte de la contrainte technique, mais ne la tient pas pour une réponse suffisante. Il ne s'agissait pas de demander une métrologie permanente : il s'agissait de savoir si, à un moment où un épisode de pollution au seuil d'alerte courait sur le département, quelqu'un avait vérifié ce que respiraient les agents à l'intérieur des bâtiments. La réponse est non, et aucune solution alternative n'a été proposée. L'indice communal de fond ne dit rien de l'air intérieur, et Atmo Nouvelle-Aquitaine précise elle-même que cet indice n'est pas représentatif sous les panaches de fumée. Nous demandons qu'une capacité de mesure, même ponctuelle, soit inscrite dans les moyens de la Direction pour l'avenir. |
Ventilation et traitement de l'air
La Direction a indiqué que l'ensemble du système de ventilation de la Cité administrative a été arrêté le samedi et remis en fonctionnement le dimanche. Le prestataire est intervenu pour injecter un produit désodorisant et nettoyer les filtres.
L'inspecteur santé et sécurité au travail a précisé que l'installation est un système double flux avec filtration, faisant l'objet de deux contrôles annuels destinés à vérifier la propreté des filtres, les nettoyer ou les changer. Conformément aux préconisations de l'ARS, les VMC doivent être mises en coupure pendant les phases de circulation des fumées au-dessus des bâtiments, ce qui explique la coupure du week-end. L'arrêt ne doit intervenir que lorsque la fumée survole effectivement les sites, un arrêt prolongé provoquant de la condensation. Le prochain contrôle sera anticipé compte tenu du contexte. Interrogée par Solidaires Finances Publiques sur la traçabilité de ces interventions, la Direction a indiqué qu'elle figure au registre de sécurité du bâtiment.
| L'analyse de Solidaires Finances Publiques |
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Couper la ventilation protège de l'entrée des fumées, mais dégrade le renouvellement de l'air intérieur, un jour de forte chaleur. Le secrétariat général des ministères confirme d'ailleurs cet arbitrage dans son message du 28 juillet. C'est un compromis, pas une solution. SFP demande que chaque arrêt et chaque remise en service soient horodatés et consignés, et que le registre de sécurité soit accessible aux représentants du personnel. La traçabilité ne doit pas reposer sur la parole donnée en séance. |
Masques FFP2 : un stock dérisoire et un avis médical non formalisé
La Direction a détaillé l'état réel du stock. Une boîte de 50 masques FFP2 neufs a été achetée en pharmacie à l'initiative de la DISI, et non fournie par une distribution officielle. Une dizaine ayant été distribués, il en restait entre 35 et 40 valides au jour de la séance. À côté, la Direction dispose de 340 masques périmés depuis environ deux ans, conservés dans leur emballage d'origine.
La pharmacie sollicitée n'avait plus d'approvisionnement et devait être réapprovisionnée le jeudi 30 juillet. Le directeur a indiqué avoir saisi le secrétaire général de la préfecture de Nouvelle-Aquitaine, que l'État a débloqué deux millions de masques acheminés vers la Gironde, que le délégué interroge l'ensemble des directions de Nouvelle-Aquitaine sur leurs stocks disponibles, et qu'une démarche identique a été demandée au sein du SSI.
Sur la question de la durée d'utilisation, la Direction a indiqué une durée maximale de huit heures par masque, réduite en cas de fortes températures.
Interrogée par Solidaires Finances Publiques sur la formalisation écrite de l'avis du médecin du travail autorisant l'usage des masques périmés, la Direction a reconnu qu'il n'existe aucune formalisation écrite. L'avis a été donné oralement par téléphone, le médecin ayant elle-même sollicité le médecin de coordination national. La Direction s'est engagée à reboucler par écrit auprès d'elle. L'inspecteur santé et sécurité au travail a pour sa part développé que, tant qu'un masque reste dans son emballage d'origine et n'a pas été porté, il conserve son efficacité, la date de péremption relevant selon lui d'une précaution juridique.
La Direction a confirmé que la mise à disposition n'est pas réservée à l'ESI 33 et au siège, mais concerne l'ensemble des implantations. Les CID des Landes devaient être approvisionnées avant la fin de la semaine.
| L'analyse de Solidaires Finances Publiques |
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Trente-cinq à quarante masques valides pour 220 agents potentiellement concernés, dont 47 présents sur site : le compte n'y est pas. Et le fait que ces masques aient été achetés en pharmacie à l'initiative de la Direction, faute de dotation, en dit long sur la préparation de nos administrations à ce type d'événement. Solidaires Finances Publiques a obtenu que la Direction reconnaisse en séance l'absence de tout écrit du médecin du travail sur l'utilisation des masques périmés. C'est un point sérieux. En matière de protection respiratoire, un avis médical qui engage la santé de 220 agents ne peut pas rester une conversation téléphonique. SFP demande que cet écrit soit produit et communiqué à l'instance. Nous saluons en revanche la démarche du directeur auprès de la préfecture, du délégué régional et du SSI pour obtenir des masques supplémentaires, ainsi que l'extension explicite de la distribution à toutes les implantations, y compris les CID excentrées, que nous avions demandée. |
Suivi médical et agents vulnérables : deux refus
Interrogée sur le dispositif de suivi médical à moyen terme des agents exposés aux fumées, la Direction a répondu qu'aucun suivi post-exposition n'est prévu.
Interrogée sur l'organisation d'un recensement volontaire des agents vulnérables via la médecine de prévention, la Direction a répondu qu'aucun recensement n'est prévu et qu'il appartient aux personnes concernées de se signaler, ces agents étant par ailleurs suivis médicalement à titre personnel.
L'inspecteur santé et sécurité au travail a précisé que les personnes vulnérables relèvent de catégories médicalement définies, que les masques ne doivent pas concentrer l'attention, et qu'en période de propagation forte des fumées ces personnes « n'ont rien à faire » à l'extérieur, la consigne étant de rester à l'intérieur des locaux en limitant les déplacements.
| Le point de désaccord le plus net de cette séance |
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Ces deux refus sont, pour Solidaires Finances Publiques, les décisions les plus contestables de la séance. Sur le suivi post-exposition : l'Anses établit que les fumées d'incendie de végétation sont deux à dix fois plus toxiques, à concentration égale, que la pollution de fond, et souligne que les risques d'une exposition aiguë ou répétée constituent un champ de recherche encore émergent. Répondre qu'aucun suivi n'est prévu, c'est faire le pari que l'absence de connaissance vaut absence de risque. SFP demande a minima que la médecine de prévention consigne les expositions dans le dossier médical des agents concernés, afin qu'une imputabilité reste possible à l'avenir. Sur le recensement des agents vulnérables : demander aux collègues de se signaler eux-mêmes revient à faire peser sur eux la charge de révéler une pathologie à leur employeur. Beaucoup ne le feront pas. Le secrétariat général des ministères emploie pourtant lui-même la notion d'agents vulnérables et invite à leur porter une attention particulière. Un recensement volontaire, organisé par la seule médecine de prévention et couvert par le secret médical, ne présente aucun de ces inconvénients. Nous le redemanderons. Nous relevons enfin une tension dans les propos tenus : il nous a été indiqué que les personnes vulnérables n'ont rien à faire dans les services pendant les épisodes de fumée, sans qu'aucun dispositif ne permette de savoir qui elles sont. On ne peut pas protéger des agents que l'on refuse d'identifier. |
4. Prévention des risques psychosociaux
La Direction a confirmé qu'un dispositif de crise a été constitué dès le samedi 25 juillet avec les cadres de la DISI et de l'ESI 33, puis élargi le lundi aux acteurs de la prévention : assistante de prévention, médecine de prévention, service social. Le médecin du travail et l'assistante de service social ont été mobilisés.
Le Président a indiqué qu'il ferait la publicité de la cellule d'urgence médico-psychologique mise en place par la préfecture auprès des agents. Le médecin du travail a toutefois recommandé de privilégier la plateforme d'écoute ministérielle plutôt que la cellule préfectorale, afin de ne pas surmobiliser cette dernière.
L'assistante de prévention a annoncé qu'un message global serait adressé à l'ensemble des agents de l'ESI et du siège à l'issue de la formation spécialisée, rappelant l'ensemble de ces numéros, en complément des rappels effectués par les responsables de service et de la sollicitation directe de l'assistante de service social.
Sur la demande d'un bilan écrit des actions immédiates et post-immédiates, le Président a confirmé que « des points d'étape et des bilans, il y en aura ». Sur la durée de l'accompagnement, il a rejoint notre analyse selon laquelle l'événement s'inscrira dans le temps long.
| Un engagement pris en séance et tenu le soir même |
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Le message annoncé en séance a effectivement été adressé aux agents à 19h18, soit moins de deux heures après la fin de la formation spécialisée. Il communique les coordonnées de l'assistante de service social, le numéro vert de la plateforme d'écoute et de soutien, et détaille les dispositifs mobilisables : soutien psycho-social via la convention France Victimes, aide sinistre du service social, mise à disposition d'appart'hôtel pour les agents évacués. Solidaires Finances Publiques tient à le souligner : sur ce point, ce qui a été dit a été fait, et vite. C'est exactement ce que nous attendons d'un dialogue social utile. |
5. Organisation de la réintégration et suivi post-crise
Le Président a considéré que ce point était sans objet dans la situation présente, dans la mesure où aucun site de la DISI n'a été fermé ni évacué : la question des conditions sanitaires préalables à une réouverture ne se pose donc pas.
Sur la demande d'une visite de site par une délégation de la formation spécialisée, fondée sur les articles R253-41 à R253-47 du Code général de la fonction publique, la réponse a été négative. L'inspecteur santé et sécurité au travail a développé qu'une visite des sites survolés par les fumées serait selon lui inutile et irréalisable, faute d'objet d'inspection identifiable, et que seuls des sites effectivement fermés auraient justifié une telle démarche.
Sur la demande de mise à jour du DUERP intégrant un retour d'expérience, le Président a exprimé un avis défavorable, en indiquant qu'il ne souhaitait pas se placer dans l'hypothèse d'une répétition rapide de cet événement. Il a précisé que le document unique peut être mis à jour en permanence et qu'un complément serait immédiatement apporté si une nouvelle occurrence était annoncée comme probable. La CFDT et FO ont, comme Solidaires Finances Publiques, plaidé pour une inscription au DUERP.
| Solidaires Finances Publiques ne partage pas cette lecture |
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Sur la visite de site, Solidaires Finances Publiques entend l'argument tiré de l'absence de fermeture. SFP maintient toutefois que le droit de visite prévu par le Code général de la fonction publique n'est pas conditionné à la fermeture d'un site, et qu'une délégation aurait pu utilement constater l'état des installations de ventilation et les conditions de travail réelles pendant l'épisode. Sur le DUERP, notre désaccord est frontal. Le document unique n'a pas vocation à prédire l'avenir : il recense les risques auxquels les agents ont été exposés et les mesures de prévention correspondantes. Or nos collègues ont bien été exposés, la ventilation a bien été coupée, les masques ont bien manqué. Ne pas l'y inscrire revient à effacer l'événement du seul document qui en garde durablement la trace. L'argument selon lequel l'inscrire supposerait que cela se reproduise nous paraît inversé : c'est précisément parce que nul ne peut l'exclure que la trace doit exister dès maintenant. Trois organisations syndicales sur quatre ont demandé cette inscription. Nous la redemanderons formellement lors du prochain point. |
6. Questions diverses
Rythme et format du suivi
Le Président a proposé de trouver un rythme d'échange réaliste plutôt que d'ouvrir un cycle permanent de formations spécialisées exceptionnelles, en soulignant qu'il ne fallait pas galvauder ce vecteur. Il a demandé la position de chaque organisation.
Solidaires Finances Publiques s'est prononcé pour un format informel tant que la situation n'évolue pas défavorablement, et pour la convocation d'une nouvelle formation spécialisée exceptionnelle en cas d'aggravation, notamment si un site venait à être sinistré. La CGT et FO ont exprimé la même position. La CFDT a demandé un point hebdomadaire.
Le Président a retenu le principe d'un point informel dans le courant de la semaine suivante, en indiquant qu'il souhaitait être sur site à cette occasion, et qu'il informerait sans attendre les représentants du personnel en cas d'évolution importante.
Diffusion de l'information aux représentants du personnel
Solidaires Finances Publiques a demandé que les boîtes syndicales soient systématiquement mises en copie des messages adressés aux agents, plusieurs représentants n'étant pas affectés à Bordeaux et ne figurant donc pas dans les listes de diffusion. Le Président en a pris note.
La séance s'est achevée sur des remerciements réciproques quant à la qualité des échanges.
Ce que nous retenons de cette séance
| La position de Solidaires Finances Publiques |
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Une gestion de crise sérieuse, que Solidaires Finances Publiques salue sans réserve. Convocation de l'instance sans attendre, alors que le niveau national annonçait des formations spécialisées seulement « une fois la situation stabilisée ». Appels personnels aux premiers collègues évacués. Dispositif de crise dès le deuxième jour. Engagement tenu le soir même sur le message aux agents. Nous le disons d'autant plus volontiers que nous ne nous privons pas de critiquer quand il le faut. Des acquis concrets. Les chiffres de la DISI existent désormais et pourront être suivis. Un relevé de décisions écrit sera produit. La distribution de masques est étendue à toutes les implantations, y compris les CID excentrées. Les boîtes syndicales seront mises en copie des messages aux agents. L'assistante de service social contacte directement les agents évacués. Trois points de désaccord que SFP ne lâchera pas. L'absence de toute mesure de la qualité de l'air à l'intérieur des locaux. L'absence de suivi médical post-exposition et de recensement des agents vulnérables. Le refus d'inscrire l'événement au document unique d'évaluation des risques professionnels. Un point à régulariser sans délai. L'avis du médecin du travail autorisant l'usage des masques périmés n'est formalisé par aucun écrit. La Direction s'est engagée à l'obtenir : nous vérifierons. Nous restons à la disposition des collègues. Si vous êtes en difficulté, si vous avez été évacué, si vous ressentez des symptômes que vous reliez aux fumées, ou si vous constatez que les consignes ne sont pas appliquées dans votre service, contactez-nous. Rien de ce que nous avons obtenu dans cette séance ne l'aurait été sans les informations que vous nous avez fait remonter. |
Fin de séance 17h30

