En propos introductifs, les élu·es de Solidaires Finances Publiques 56 ont lu une déclaration liminaire ci-dessous.

« Monsieur le Président,

Cette Formation Spécialisée s’ouvre aujourd’hui dans un contexte particulier à bien des égards. L’épisode caniculaire insoutenable que nous venons de vivre dans toute la France devrait être l’électrochoc indispensable pour s’interroger enfin sur l’activité humaine, le productivisme à outrance, et les organisations de travail.

Solidaires Finances Publiques 56 vous a interpellé en demandant à ce que les parents d’enfants dont les écoles ou crèches ont dû fermer puissent être placées en autorisation d’absence exceptionnelle. Vous avez fait le choix d’indiquer aux agent·es d’utiliser les autorisations d’absences « garde d’enfant », et de le réduire aux seuls enfants des écoles primaires.

Solidaires Finances Publiques 56 rappelle que ce droit peut être utilisé pour les enfants jusqu’à 16 ans, et sans limite d’âge pour les enfants en situation de handicap. Par ailleurs, le gouvernement ayant la volonté de réduire drastiquement ces droits par décret, Solidaires Finances Publiques 56 vous demande de revenir sur votre décision et d’accorder des autorisations d’absences exceptionnelles.

Solidaires Finances Publiques 56 vous demande une nouvelle fois de procéder à des études thermiques sur les bâtiments occupés par les agentes et agents, et que les mesures indispensables soient enfin prises pour que nos collègues n’aient plus froid l’hiver et aient moins chaud l’été.

Le télétravail exceptionnel ne doit pas être considéré comme étant la solution miracle : il est soumis aux bons vouloirs des chef·fes de services, parfois peu enclins à l’accorder, parfois incompatible avec les logements des collègues ou leurs situations personnelles, et est impossible à mettre en place pour les collègues dont les missions sont incompatibles avec le télétravail. Quelles mesures prévoyez-vous à l’avenir pour protéger les gardiens-concierges et les travailleurs·euses nomades ?

Solidaires Finances Publiques 56 rappelle que les températures conseillées pour un travail de bureau doivent se situer entre 20 et 24° d’après l’INRS. Nous demandons à ce qu’un « congé climatique » soit institué, tel qu’il existe en Espagne.

Nous avons appris mi-juin qu’un autre sujet risquait de faire grimper la température sociale entre 2027 et 2030 : l’annonce d’une nouvelle « adaptation du réseau ». Le NRP n’est pas encore digéré que le NRP nouveau arrive !

Ainsi, dès le 1er janvier 2027, 43 services ou antennes fermeront. Plus de 130 sur l’année, environ 330 sur les 3 prochaines années, et une dizaine de changements d’implantations. Evidemment, les préfets, nommés par le gouvernement, se sont empressés de donner leur avis favorable pour ces premières restructurations.

Le taux des agent·es qui déclaraient que « le rythme du changement au sein de ma direction me semble aujourd’hui trop rapide » étant descendu à 36 %, la DG se satisfait de ce triste constat pour mettre le dernier coup de rabot aux services sauvés par les mobilisations.

Des services de moins de 5, de 10, et de 15 emplois seront sacrifiés sur l’autel des enjeux immobiliers et la volonté de densification des espaces occupés.

Pour Solidaires Finances Publiques 56 , les opérations prévues vont nécessairement impacter les conditions de travail des agent·es, ainsi que leur vie personnelle. Nous vous avons interpellé sur ce sujet lors de la visio sur les fuites de données à la DGFiP le 10 septembre. Vous estimez que cette nouvelle adaptation du réseau sera marginale dans le département.

Les agent·es sont inquièt·es pour leur avenir professionnel et veulent savoir ! Nous vous demandons de nous indiquer dès à présent les projets que vous avez fait remonter à la Direction Générale pour la période 2027 – 2030, quels seront les services et les agent·es concernés, et les mesures prises pour que, à minima, iels conservent leurs conditions de travail existantes.

Les conditions de travail des agent·es continuent à se détériorer : leurs droits sont rognés, les agent·es malades sont pénalisé·es par l’application d’un jour de carence et une baisse de leur rémunération. Les déplacements professionnels sont complexifiés et moins remboursés, les fluides des gardiens-concièrges facturés sur une base forfaitaire injuste, les indus de rémunération réclamés.

Pour Solidaires Finances Publiques 56 , les agent·es des Finances Publiques sont fortement malmené·es sur de nombreux aspects. Ainsi, Solidaires Finances Publiques 56 appelle les agent·es à se mobiliser fortement le 29 septembre pour défendre leurs rémunérations, et à continuer le combat pour défendre leurs conditions de travail, leurs missions et leurs emplois. »

Sur « l’adaptation du réseau », la Direction n’a pas souhaité répondre à nos interrogations, mais nous a de nouveau certifié que, contrairement à ce qui se passe dans d’autres départements bretons, dans le Morbihan elle sera « très marginale », et que nous serons informés « très rapidement ».

Solidaires Finances Publiques 56  a rappelé qu’en l’absence de communication claire et précise, les agent·es continuent à s’inquiéter pour leur avenir professionnel et restent dans l’incertitude.

 

Budget :

Les élu·es de Solidaires Finances Publiques 56 ont rappelé à la Direction qu’il n’y avait pas d’opposition aux propositions faites sur les documents de travail, mais qu’une réserve était émis sur les formations « Gestion du stress » et « Sophrologie ».

Certes, ces formations sont appréciées par les agent·es, mais elles ne répondent pas à des actions de prévention primaire. Il s’agit d’actions de réparation. À ce titre, elles devraient être financées par l’administration.

Solidaires Finances Publiques 56 rappelle qu’il est nécessaire que les actions proposées et financées par le budget dédié, soient exemplaires en matière de santé, de sécurité ou d’amélioration des conditions de travail, complémentaires à des actions directionnelles ou urgentes.

Une des missions essentielle de la Formation Spécialisée est de contribuer à la protection de la santé physique et mentale, à la sécurité des personnels et à l’amélioration des conditions de travail.

Solidaires Finances Publiques 56 demande également à ce que l’efficacité des formations proposées soient mesurées.

Lors du groupe de travail dédié en mars, Solidaires Finances Publiques 56 a proposé de financer les actions ci-dessous, et nous sommes toujours en attente de retour de la part de la Direction sur ces sujets  :

  • Lors des formations de sensibilisation aux RPS, que soient abordés : la détection des situations de stress, la détection des signes de burnout, la sensibilisation à la surcharge de travail et à l'évaluation des objectifs (reconnaître s'ils sont réalisables ou non), la gestion de l'incertitude professionnelle.
  • La mise en place d'une formation des encadrant·es à un management vertueux.
  • Des ateliers sur le sens du travail dans la fonction publique.
  • Des formations sur les droits des agent·es, notamment sur les droits sur la santé : sur arrêts longue durée, arrêts longue maladie, sur le conseil médical, sur le temps partiel thérapeutique, etc.
  • Des formations sur les outils de la Formation Spécialisée : qu'est-ce que le registre SST ? Qu'est-ce qu'un droit d'alerte ? Qu'est-ce qu'un droit de retrait ? Qu’est-ce que les fiches de signalement, pourquoi et comment les utiliser ? Ainsi que l’élaboration et diffusion d'un guide sur ces outils.
  • Formation sur les luttes contre les violences et le harcèlement (les définir et les reconnaître, diffusion d'un violentomètre), sur les discriminations (sur le genre, le handicap, les origines, les reconnaître, et les recours).
  • Intégrer l'organisation d'un espace de travail à la formation geste et posture.
  • Formation alimentation/nutrition/diététique en lien avec nos métiers sédentaires.

 

Rapport annuel du médecin du travail :

Nous n’avons toujours pas de bonnes nouvelles concernant le recrutement d’un médecin du travail pour notre Direction. Le poste est toujours proposé mais vacant du fait de la pénurie de médecin spécialisés.

Les solutions palliatives sont toujours d’actualité cependant, et pour les rendez-vous urgents il est possible de contacter la médecin coordinatrice régionale Dr Lebon à Rennes qui organise soit une visite en visio, soit sur place, soit une visite avec une infirmière spécialisée sur Lorient.

Cette solution n’est pas satisfaisante car toutes les missions dédiées à un médecin du travail ne peuvent pas être assurées (visites quinquennales, visites de services, participations aux instances, avis diverses…) et les élu·es de Solidaires Finances Publiques 56 s’inquiètent également de la charge de travail supplémentaire pour le Docteur Lebon.

 

Etude et analyse des fiches de signalement, des accidents de travail, et du registre hygiène et sécurité :

Solidaires Finances Publiques 56 a demandé à ce qu’il soit communiqué les suites données aux différentes fiches renseignées par les collègues.

En cas d’agression « externe », la principale réponse est l’envoie d’un courrier au contribuable et un soutien adressé à l’agent·e.

En cas de problème interne, nous n’avons aucune information sur la façon dont les tensions sont traitées !

A défaut de communication, les élu·es ne peuvent pas évaluer si la réponse apportée est suffisante, ou ni le ressenti des agent·es sur la prise en charge des incidents.

Lorsqu’un signalement est effectué, n’hésitez pas à le laisser visible par les représentant·es des personnels, et à contacter votre organisation syndicale préférée ! Les analyses peuvent être différentes et de nouvelles actions ou solutions peuvent être trouvées collectivement pour améliorer les conditions de travail.

Ce point a également été l’occasion d’aborder la situation du SIE de Lorient. Les conditions sont désormais réunies pour que la médiation engagée puisse reprendre, l’effectif en cadre A sera renforcé.Solidaires Finances Publiques 56  reste attentif à la situation et suivra de prêt le processus de médiation engagé.

La Direction a également déploré que certaines remontées sont faites par la rédaction de fiches de signalement alors qu’elles devraient être faites par le registre « santé, sécurité et conditions de travail ».

Pour Solidaires Finances Publiques 56 l’important est que l’information soit transmise et prise en charge, peu importe que la statistique soit faussée.

Cependant, cela conforte la demande faite par Solidaires Finances Publiques 56 lors du groupe de travail sur le budget de former les agent·es aux différents outils de la Formation Spécialisée en Santé, Sécurité et Conditions de Travail !

 

Campagne DUERP 2026 :

La campagne est désormais terminée, et tous les services ont fait des remontées des risques professionnels.

Un groupe de travail est prévu pour commencer à travailler sur les cotations des risques, et des actions de préventions devront être programmés en réponse.

Solidaires Finances Publiques 56 y participera, et sera particulièrement attentifs aux risques organisationnels, qui restent souvent sans réponse adaptée visant à les réduire ou les supprimer.

 

Résultats de l’observatoire interne :

Comme chaque année, la Direction Générale et la Direction locale font une présentation des résultats de cet observatoire interne axée sur les points positifs, et il est vrai que l’équilibre entre vies personnelles et professionnelles progresse, ainsi que les conditions matérielles de travail et l’ambiance de travail.

Mais il convient d’avoir un regard plus objectif sur les chiffres qui sont en progression, mais dont on ne peut pas se satisfaire, loin s’en faut : seul 35 % des agent·es sont satisfait·es de leur rémunération (chiffre qui chute à 29 % dans le Morbihan !), 27 % estiment que les Directions n’évoluent pas dans le bon sens, 45 % des agent·es considèrent que la charge de travail est correctement répartie, 33 % des agent·es se déclarent fatigué·es, 32 % désabusé·es…

Rien de bien glorieux… ! Mais pour Solidaires Finances Publiques 56 des leviers existent, même au niveau local, pour améliorer les conditions de vie au travail !

Il est temps d’interroger les organisations du travail, le sens du travail, les charges. Depuis plusieurs années la DGFiP organise le travail autour d’un système d’industrialisation et de compartimentage des tâches.

Le sens du travail se perd et mérite d’être retrouvé, compris, des discussions doivent se tenir sur les aspects pratiques de ce qui est réalisé.

Des solutions existent, il faudrait maintenant s’atteler à les mettre en place.

 

Fortes chaleurs :

Solidaires Finances Publiques 56 a envoyé à la Direction une série de propositions de dépenses et d’actions à mettre en place pour les étés à venir et les prochaines canicules, en réponse à une demande de financement de brumisateurs individuels pour pratiquement 3 000 € à laquelle Solidaires Finances Publiques 56 c’est opposée.

Pour Solidaires Finances Publiques 56 cette proposition de dépense consiste en une solution "gadget" et n'actionne pas de véritable levier pour améliorer les conditions de travail des agentes et agents.

Solidaires Finances Publiques 56 demande que des mesures structurelles sur le bâti soient engagées : isolation thermique des bâtiments (toitures et façades), occultants extérieurs, végétalisation des abords, cours et toitures pour limiter les îlots de chaleur autour des bâtiments, diagnostic thermiques systématiques, système de ventilation nocturne, créations d'espaces de pauses climatisés, etc.

Concernant l'organisation du travail, les adaptations d'horaires doivent être facilitées, les pauses renforcées, les tâches physiques ou extérieures réorganisées, le télétravail exceptionnel développé dès lors que les agentes et agents bénéficieraient de meilleures conditions de travail à domicile.

Solidaires Finances Publiques 56 demande également à ce qu'il soit vérifié que de l'eau fraîche soit à disposition sur tous les sites, à ce qu’un seuil d’interruption du travail soit fixé dès lors que la température à l'intérieur des bureaux dépasse 30°, que des congés climatiques soient mis en place, et que les agentes et agents vulnérables puissent avoir un suivi médical renforcé.

L'efficacité de brumisateurs individuels reste marginale et locale, voire pourrait augmenter l'humidité de l'air et gêner la thermorégulation naturelle dans des bureaux mal ventilés.

Les ventilateurs restent également une mesure palliative, plus utile que les brumisateurs, mais ne sauraient remplacer les investissements structurels demandés.

 

En bref :

  • Amiante à Jérôme D’Arradon : Toutes les mesures ont été prises dès lors qu’un doute est apparu sur la présence d’amiante durant les travaux de rénovation de la toiture. Solidaires Finances Publiques 56 avait interpellé la Direction dès la suspension des travaux et a demandé à ce que la communication ne tarde pas car les inquiétudes sur le sujet se répandent rapidement. D’autres mesures d’empoussièrement ont été prises dans les archives et sont revenues négatives.
  • Présence de Radon : des mesures ont été prises sur certains sites recensés comme étant à risque. Des actions d’améliorations des ventilations sont en cours, et de nouvelles mesures seront effectuées pour vérifier si elles sont suffisantes.
  • Bilan de la référente handicap : Solidaires Finances Publiques 56 a demandé à ce qu’un « duo-day » inversé soit mis en place dans le Morbihan (une personne valide passe la journée avec une personne en situation de handicap pour prendre conscience des difficultés), ainsi qu’une formation de sensibilisation, de reconnaissance et de prise en charge des contribuables en situation de handicap invisible pour les agent·es affecté·es à l’accueil du public. Une formation de sensibilisation est également mise en place avec des casques de réalité virtuelle.