Les températures augmentent, les vagues de chaleur se répètent et s’intensifient, le réchauffement climatique se fait douloureusement sentir, et les consignes de l’administration vont donc se multiplier, au moins pour que celle-ci se garantisse d’avoir répondu à ses obligations d’employeur.
Mais l’adoption de « gestes simples » et notamment se rafraîchir et boire régulièrement permettent seulement de ne pas mourir de chaud. De même, les invitations à organiser son travail demeurent sympathiques mais les mesures conséquentes sont d’un autre acabit et nécessitent une réelle volonté politique, ainsi que de vrais moyens notamment au titre des financements.
Or, des risques liés aux conditions météorologiques, c’est la chaleur qui représente le risque le plus élevé en matière de santé et de sécurité au travail. Les vagues de chaleur sont à l’origine de troubles pour la santé voire d’accidents du travail dont certains peuvent être mortels. Les risques pour la santé sont l’hyperthermie (température corporelle élevée), la syncope (étourdissements/évanouissements), l'altération de la fonction rénale, la déshydratation et les troubles neurologiques. La santé mentale peut également être atteinte du fait du stress et de l’anxiété que peuvent générer ces situations.
Si certains secteurs économiques comme l’agriculture, la construction ou les transports sont plus exposés que d’autres, le travail de bureau dans les services publics, où les personnels travaillent dans des bâtiments mal ventilés ou surchauffés, expose à des risques comparables.
Pour Solidaires Finances Publiques, le sujet porte tout autant sur des questions de santé et de conditions de travail que sur celle de l’adaptation de la DGFiP au changement climatique au regard notamment de la question bâtimentaire et de la politique immobilière de l’administration.
Solidaires Finances Publiques insiste sur les trois points suivants si la situation devient intenable :
- Alerter vos représentants et représentantes afin qu’ils et elles puissent questionner votre direction et également inscrire ce point à l’ordre du jour des instances, voire déclencher un droit d’alerte.
- Transcrire les résultats de l’évaluation des risques dans le DUERP.
- Solliciter les services de médecine de prévention.
Nous exigeons le respect de la notion de « confort thermique » qui, selon l’INRS est la température de confort thermique permet à une personne de maintenir, dans ces conditions, son équilibre thermique en utilisant un minimum d’énergie pour lutter contre le froid ou le chaud. De plus, et toujours selon l’INRS, en ce qui concerne le travail de bureau, la température associée au confort thermique se situe généralement autour de 21° à 23°C en période hivernale, et entre 23° et 26°C en période estivale.
La solution passe aussi par la rénovation thermique des bâtiments existants (isolation, ventilation, protections solaires extérieures, …). Faisant le constat que bien des chantiers échappent au dialogue social ainsi qu’à l’avis des agentes et agents afin d’apprécier leurs demandes et les impératifs liés à leurs missions, nous rappelons l’importance de la parole des agentes et agents. Alors dites-le haut et fort !
La gestion des évènements climatiques par les directions locales est ainsi plus que perfectible. Nous revendiquons la création de véritables ASA (autorisations d’absences) permettant aux collègues percutés par des évènements climatiques (canicule, inondations et autres catastrophes naturelles) de pouvoir gérer leur situation personnelle. De même, les consignes visant la seule continuité des missions (emport de l’ordinateur portable tous les soirs) ne peuvent se faire hors l’application des droits des agentes et agents au titre notamment du télétravail. Nous demandons également de nouveaux droits à compensation et à récupération pour fatigue liée à l’exposition à la chaleur, et non de simples aménagements d’horaires, qui peuvent se révéler dommageables pour la santé (travail en horaires décalés).
Solidaires Finances Publiques mettra tout en œuvre pour que chaque direction locale prenne les mesures appropriées, pour protéger la santé des agent.es, assurer leur sécurité, faire en sorte qu’ils et elles puissent continuer à travailler dans les meilleures conditions en cas de température élevée.
En parallèle, Solidaires Finances Publiques revendique une écologie protectrice à la DGFiP. Le prétexte écologique visant uniquement des économies budgétaires, les mesures qui confinent à l’écologie punitive ou encore celles ne reposant que sur les comportements individuels doivent laisser la place à une écologie collective ambitieuse, portée par la DG, et dessinant de réelles perspectives pour l’ensemble des collègues afin de lutter contre la crise environnementale.


