2025 : 19 suicides et 20 tentatives de suicides
2026 : 5 suicides et 19 tentatives de suicides

Les suicides ne sont malheureusement que la partie visible de cette catastrophe sociale. Combien d’agents en burn-out ? Combien en dépression ? Combien voit leur santé détruite sans jamais apparaître dans les tableaux de bord ? Combien de maladies professionnelles refusées ou invisibilisées ?
Voilà les véritables indicateurs d’une politique guidée par l'austérité budgétaire, par la destruction et la fragilisation de nos missions et de nos conditions de travail.

Comment ne pas alerter pour la nième fois sur les suppressions d’emplois, l’explosion des charges de travail, la perte de sens des missions, les méthodes de management délétères, la destruction progressive des collectifs de travail et les risques psychosociaux.

Depuis des années, on nous écoute, au mieux poliment… sans jamais changer de cap.

Ces drames ne peuvent pas être réduits aux seules circonstances. Ils interrogent également une organisation du travail qui épuise les agents, désorganise les services, accroît les charges de travail et laisse trop souvent les collectifs faire face, seuls, à des contraintes devenues insoutenables.

Et face à cette situation dramatique, que propose la DGFiP ?
Un énième plan d’actions se limitant à un catalogue de bonnes intentions. Un document de communication de plus. Un cautère sur une jambe de bois. Nous vous rappelons d’ailleurs que l’ensemble des représentants des personnels l’a rejeté. Ce vote n’était pas un geste d’opposition de principe : il traduisait l’évidence que l’on ne soigne pas une hémorragie avec quelques rustines ou sparadraps.

Parmi les mesures prévues dans le plan d’amélioration des conditions de travail et prévention du risque suicidaire 2025-2027, plan présenté en 2026 (chercher l’erreur ou plutôt comment afficher que l’on est sensibilisé à ces questions depuis que des articles de presse se sont emparés du sujet), figure la tenue d’une réunion autour de l’organisation du travail, des conditions de travail et du sens du travail.

Ces réunions doivent être animées conjointement par :

  • le chef de service concerné,
  • un facilitateur, qui est lui-même... un chef de service d'un autre service voire un adjoint du même chef de service.

Autrement dit : pour parler de souffrance au travail, on convoque les agents devant leur propre supérieur hiérarchique, assisté d'un deuxième cadre issu de la même chaîne de commandement. Il fallait oser.

Sur le papier, l'intention est présentée comme louable : ouvrir un espace de parole sur les conditions et l'organisation du travail, dans un contexte où la prévention du risque suicidaire impose une vigilance renforcée.

Ce qui pose problème : un espace de dialogue authentique suppose un tiers neutre.

Comment un agent pourrait-il évoquer librement et surtout être entendu sur :

  • une surcharge de travail,
  • des méthodes de management délétères,
  • des tensions avec sa hiérarchie directe,
  • ou plus largement une souffrance liée à l'organisation du travail

en présence de son propre chef de service et d'un autre cadre issu de la même chaîne hiérarchique.

Les préconisations en matière de prévention des risques psychosociaux (RPS) sont pourtant constantes sur ce point : les diagnostics et espaces de parole sur l'organisation du travail doivent être conduits par un tiers extérieur à la ligne hiérarchique — médecine du travail, psychologue du travail, cabinet spécialisé, ou à défaut les représentants du personnel, garants de la confidentialité et de l'indépendance de la démarche.

Que la direction ne s'y trompe pas : personne n'est dupe. On ne traite pas un plan de prévention du risque suicidaire comme une simple réunion de service. Et pourtant, c'est très exactement ce qui est en train de se passer.

Lors de la Formation spécialisée du 17 mars 2026 de la DIRCOFI SEOM, vos représentants Solidaires Finances Publiques, avaient déjà rédigé une délibération sur la mise en application du plan triennal « d’amélioration des conditions de travail et de prévention des risques suicidaires » de la DGFiP (Délibération SFP sur la mise en place du plan d'action « d’amélioration des conditions de travail et de prévention des risques suicidaires ».) : " 

"Prévoir une réunion annuelle dans chaque service autour de l’organisation, des conditions et du sens du travail est une proposition intéressante, car il est essentiel que les agents puissent s’exprimer et être entendus sur leur travail, son contenu et son organisation. Cependant, nous avons des réserves sur leur mise en place telle qu’elle est envisagée et principalement si leur animation est confiée aux responsables d’unité, ce qui risque d’être un sérieux frein à l’expression des agents.

"Demande 1 :
Nous demandons à ce que l’animation soit confiée à un acteur extérieur au service, afin de garantir une certaine objectivité et permettre une meilleure liberté de parole.

"En outre, retenir comme indicateur de cette mesure, le nombre de chartes d’organisation du travail est révélateur d’une approche purement gestionnaire des conditions de travail. En effet, la simple rédaction d’une charte, sans mesures concrètes d’actions sur l’organisation du travail, ne peut suffire à considérer que l’objectif poursuivi est réalisé."

De là à penser que la DGFIP instrumentalise un plan de prévention pour se protéger elle-même....

Un plan de prévention des risques suicidaires n'est pas un exercice de communication.

Pour terminer ce billet d'humeur, et pour vous démontrer que le dialogue social s'améliore à la DIRCOFI SEOM, notre cher directeur nous convie à une formation spécialisée le 16 septembre avec à l'ordre du jour, une fiche de présentation locale sur les réunions alors que les premières auront eu lieu à partir du 14 septembre !

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