Ce que révèle la cyberattaque de la DGFiP mérite mieux que de la récupération politique !
Depuis la confirmation par la DGFiP des fuites de données au sein de notre administration, les réactions publiques sont très nombreuses.
Pour Solidaires Finances Publiques, la crise actuelle mérite mieux que des cris et des promesses démagogiques, d’autant plus lorsqu’elles émanent de celles et ceux qui ont largement participé à cette situation en votant, sans discontinuer, la baisse des budgets, depuis des décennies, au nom de la sacro-sainte réduction des dépenses publiques, et/ou qui n’ont de cesse de développer des discours anti-fonctionnaires.
Solidaires Finances Publiques se refuse à rejoindre la meute et à chercher des responsabilités individuelles.
Même s’il est évident que le risque zéro n’existe pas, le plus gros problème c’est : pourquoi les cybercriminels arrivent-ils à avoir le temps d’extraire autant de données sans être rapidement découverts ?
Une des raisons premières est la « dette technique » de la DGFiP. C’est-à-dire l’ancienneté de certaines briques de notre système d’information et de nos modèles de sécurité, dette qui avait été montrée du doigt par la Cour des comptes et l’Inspection générale des Finances. Mais cela est également dû à la politique du toujours plus de numérique, de données, d’interconnexions et d’accès distants, sans que les ressources allouées à la sécurité soient suffisantes. Ce sont les résultats de politiques qui nous privent de moyens humains, techniques et financiers.
La cyberattaque de la DGFiP doit être l’occasion d’ouvrir un débat national sur le développement du numérique et la sécurité des données, de l’État en premier lieu, mais aussi au-delà. La rupture de confiance des citoyennes et citoyens envers l’État, ses agentes et agents et leurs missions, est aujourd’hui profonde. Elle a un impact significatif sur le consentement à l’impôt, principe démocratique fondamental. Nous le constatons malheureusement d’ores et déjà dans nos services.

