Compte rendu du CSAL-FS du 16 septembre

 

Cette Formation Spécialisée ( ou FS) de rentrée intervenait après un été particulièrement éprouvant pour les agents de la DRFiP 33. En quelques semaines, nous avons connu des épisodes de fortes chaleurs, plusieurs défaillances techniques dans nos bâtiments, les incendies qui ont frappé la Gironde, des évacuations et fermetures de sites, mais également les conséquences de la cyberattaque ayant touché la DGFiP. Autant d’événements qui interrogent directement l’organisation du travail, la capacité de la Direction à anticiper les crises, la protection des agents et la place de la Formation spécialisée lorsqu’une situation exceptionnelle survient.

Dans notre déclaration liminaire, Solidaires Finances Publiques 33 a donc souhaité revenir sur ces différents épisodes, non pas simplement pour en dresser le bilan, mais pour demander à la Direction quelles leçons concrètes elle en tirait pour l’avenir.

Pour nous, la santé, la sécurité et les conditions de travail ne peuvent pas être traitées uniquement une fois la crise installée. La prévention doit précisément permettre d’anticiper, d’organiser et d’agir avant que les difficultés ne deviennent des urgence

Cyberattaque : pourquoi avoir attendu les révélations du hacker ?

Nous avons rappelé que Bercy avait connaissance du piratage depuis le mois de juin, mais que la DGFiP n’a réellement communiqué qu’après les révélations publiques du hacker. Notre question est simple: si le pirate ne s’était pas manifesté, la DGFiP aurait-elle elle-même révélé cette fuite massive ?

Pourquoi la DGFIP n’a-t-elle pas saisi la CNIL dès le mois de juin alors qu’une violation de données personnelles doit, lorsqu’elle est avérée, faire l’objet des démarches prévues par la réglementation.

Le Directeur a replacé l’incident dans un contexte plus large d’attaques informatiques répétées et a évoqué l’exploitation d’une faille technique. Il a également insisté sur la vigilance nécessaire dans l’usage des outils numériques.

 

01 point budget

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La FS a examiné l’achat d’une chaise d’évacuation pour les personnes à mobilité réduite pour le site de Mériadeck. Ces chaises permettent d’évacuer par les escaliers une personne à mobilité réduite en cas d’alerte incendie. Elles sont équipées d’un mécanisme à chenilles qui permet de contrôler et de sécuriser la descente dans les escaliers. Elles doivent être placées à proximité de l’agent concerné et les collègues susceptibles de les manipuler doivent être sensibilisés à leur utilisation.Il faudra également que nous vérifions si d’autres sites nécessitent l’équipement en chaise d’évacuation.

Une part importante du budget concernait des travaux d’amélioration acoustique pour Bordeaux Amendes. Cette dépense ,bien qu’importante, répond aux préconisations de l’ISST afin d’atténuer les problèmes de résonances et d’inconfort sonores pour les agents et le public.

Avec la densification du site de Mériadeck, la réglementation impose désormais la présence d’une infirmerie sur le site. Solidaires a rappelé que l’équipement d’une infirmerie relève normalement de la dotation globale de fonctionnement de la DRFIP et a demandé ce qu’était devenu le matériel de l’ancien cabinet médical. La Direction a précisé que ce matériel était toujours présent et utilisable. Il ne s’agissait donc pas de financer l’équipement indispensable au fonctionnement de l’infirmerie, mais d’améliorer et de rénover davantage l’espace existant. Cette infirmerie aura également vocation à servir de local d’allaitement.

Solidaires a constaté que le prix des ventilateur avait été multiplié par près de trois par rapport à la commande passée en hiver. Pour nous, il n’était pas question d’accepter une telle dépense sur les crédits de prévention simplement parce que l’administration est contrainte par son marché fournisseur. Solidaires a donc refusé cet achat dans les conditions présentées.

 

02 point etape consequences incendies

La Direction est revenue sur la gestion des incendies de juillet. Face à l’évolution rapide de la situation et à l’extension des zones d’évacuation, plusieurs mesures ont été mises en place : télétravail exceptionnel, ASA, recensement des agents concernés, accompagnement par les assistantes sociales et fermetures ou restrictions d’accès de certains sites. Jusqu’à 182 agents se sont trouvés en zone évacuée et 140 collègues ont bénéficié d’ASA. 

La réouverture des sites s’est ensuite faite progressivement, en lien avec les chefs de service, les acteurs de prévention et le médecin du travail, afin de vérifier que les conditions sanitaires permettaient le retour des agents. La question de l’exposition aux fumées a également été prise en compte avec la distribution de 20 000 masques obtenus gratuitement auprès de France Travail, après vérification de leur conformité. 

Solidaires est revenu sur plusieurs difficultés rencontrées pendant la crise, comme la possibilité de contacter rapidement tous les agents. L’extraction des données disponibles a fait apparaître des coordonnées parfois absentes ou non actualisées, obligeant la Direction à passer par les chefs de service pour retrouver certains collègues. Nous avons également soulevé la situation des agents en arrêt de travail, qui ne doivent pas être oubliés dans ce type de dispositif de crise. 

La Direction estime que la gestion de crise a permis de répondre à l’essentiel des situations rencontrées, tout en reconnaissant certaines difficultés, notamment pour contacter rapidement l’ensemble des agents. Elle rappelle que la communication des coordonnées personnelles dans Sirhius n’est pas obligatoire, mais encourage leur mise à jour afin de pouvoir s’assurer rapidement de la sécurité des collègues en cas d’urgence.  Pour Solidaires, cet épisode montre qu’une réflexion doit désormais être menée afin de sécuriser les modalités de contact des agents en situation d’urgence, tout en respectant évidemment les règles relatives aux données personnelles.

Pour retrouver plus précisément nos interventions, nos demandes et les réponses apportées au fil des incendies, nous vous invitons à consulter les différents articles publiés sur le site internet de Solidaires Finances Publiques 33.

 

03 retour experience forte chaleur ete 2026

Solidaires avait alerté à plusieurs reprises sur les températures relevées dans les services, les défaillances du rafraîchissement à la Cité administrative, les difficultés rencontrées par les agents et la nécessité de mobiliser rapidement plusieurs leviers : télétravail exceptionnel, espaces de repli, adaptation des horaires et organisation du travail.
Le retour d’expérience présenté en séance est revenu sur les épisodes de mai et de juin, les pannes de climatisation et les interventions demandées aux entreprises. Une note avait été diffusée aux agents sur les comportements à adopter et les prestataires avaient été relancés lors des dysfonctionnements.
Pour Solidaires, l’enjeu n’était toutefois pas seulement de retracer les mesures prises, mais de savoir ce qui allait concrètement changer lors des prochains épisodes de fortes chaleurs.

Cité administrative

L’un des épisodes les plus graves reste la panne d’électricité ayant touché la Cité administrative qui a entraîné simultanément une coupure d’eau, l’arrêt du renouvellement d’air et celui du système de rafraîchissement. Une décision d’évacuation a finalement été prise.

Cette journée a également été marquée par le décès d’un collègue. Un accompagnement psychologique a été mis en place.

Parallèlement, l’enquête de la Formation spécialisée sur les conditions dans lesquelles s’est déroulé cet épisode se poursuit.

La Direction indique avoir mis en place un tableau de suivi dédié à la canicule et identifié des espaces permettant aux agents de se replier temporairement lorsque leurs locaux deviennent difficilement supportables. Des appels réguliers aux chefs de service afin de suivre les situations site par site.

Cenon

La climatisation fonctionne au rez-de-chaussée mais reste défaillante à l’étage.

Le Directeur a par ailleurs reconnu que ce qui relevait auparavant de l’exceptionnel tend désormais à se répéter et qu’il faudra trouver des réponses durables, notamment concernant l’adaptation des bâtiments aux périodes de forte chaleur. Il a toutefois souligné les contraintes liées à la réduction des moyens budgétaires de l’État.

Pour Solidaires, cette contrainte existe, mais elle ne peut pas conduire à différer les mesures indispensables à la santé et à la sécurité des agents.

Télétravail : ponctuel ou exceptionnel, ce n’est pas la même chose

Solidaires est revenu sur l’un des principaux sujets de désaccord pendant la canicule : le recours au télétravail.
Alors que les consignes DGFiP permettaient le recours au télétravail exceptionnel, la DRFiP 33 avait privilégié l’utilisation du télétravail ponctuel, donc décompté du contingent annuel des agents.

Cette position a constitué un frein concret au recours au télétravail, au moment même où celui-ci pouvait permettre de soustraire rapidement les agents à des locaux surchauffés.

La Direction a reconnu que les consignes devront être plus précises à l’avenir, tout en maintenant que le télétravail exceptionnel doit conserver son caractère dérogatoire.

 04 rapport exposition ondes cenon

La Formation spécialisée avait demandé la réalisation de nouvelles mesures à la suite du passage à la 5G. L’expertise a été confiée à un opérateur indépendant. Les mesures montrent des niveaux d’exposition très largement inférieurs aux seuils réglementaires.

05 fiches impact nouveaux espaces travail

Le projet de réaménagement du site de Mériadeck doit se déployer en plusieurs phases. La première concerne la Paierie régionale, la Paierie départementale, le SGC Bordeaux Métropole et le CSRH. La Paierie régionale est déjà présente sur le site, tandis que les autres services doivent progressivement rejoindre les nouveaux espaces. 
Le calendrier initial a pris du retard, notamment en raison de difficultés rencontrées avec l’assistance à maîtrise d’œuvre. Les travaux ont finalement débuté au cours de l’été. 

La Direction envisageait un déménagement de la Paierie régionale début octobre, puis de la Paierie départementale fin octobre. Les espaces destinés au SGC Bordeaux Métropole devaient, eux, être livrés fin novembre. La Direction a toutefois précisé que ces calendriers n’étaient pas encore totalement fiabilisés et dépendaient de l’avancement réel du chantier. 

L’installation de l’ensemble des services se fera donc progressivement, avec une phase transitoire avant l’organisation définitive des espaces. Le futur accueil commun concernera principalement le SGC Bordeaux Métropole et la Paierie départementale. La Paierie régionale, qui reçoit peu de public et est déjà présente sur le site, ne pose pas les mêmes difficultés d’organisation. En revanche, aucun accueil commun n’est prévu avec la Trésorerie Amendes, compte tenu de la spécificité de son public.

 

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Pour Solidaires, le TBVS et l’Observatoire interne doivent être lus ensemble : le premier met en évidence les difficultés concrètes dans les services, tandis que le second montre comment elles sont vécues par les agents.

Pour Solidaires, la question centrale du TBVS est celle du taux de couverture des emplois. Quand les services ne disposent pas des effectifs suffisants pour absorber normalement leur charge de travail, les difficultés finissent par se retrouver dans les autres indicateurs : congés non pris, jours versés sur le CET, écrêtements horaires, fatigue, tensions et dégradation des conditions de travail.

C’est précisément pour cela que nous avons demandé que le taux de couverture des emplois soit désormais intégré à l’analyse des services en difficulté.

Les chiffres sur les écrêtements sont particulièrement révélateurs : 3 924 heures en 2025 principalement concentrées sur une trentaine d’agents. Certains atteignent des volumes très importants, jusqu’à 50 heures d’écrêtement. Pour Solidaires, on ne peut pas examiner ces situations uniquement sous l’angle individuel : il faut aussi se demander si les agents travaillent au-delà de leurs horaires parce que la charge ne peut plus être absorbée dans le temps normal de travail. 

Même raisonnement pour les congés non pris et les jours placés sur le CET. Pour nous, si certaines situations relèvent effectivement d’un choix personnel, d’autres peuvent traduire une charge de travail devenue trop importante pour permettre aux agents de prendre normalement leurs congés. 

La situation de plusieurs services confirme que les difficultés ne sont plus seulement ponctuelles. Le SIP Pessac-Talence et la Paierie départementale apparaissent en difficulté pour la troisième année consécutive, tandis que le PRS et la Paierie régionale y figurent pour la deuxième année. 

Pour Solidaires, quand un service réapparaît deux ou trois années de suite dans le TBVS, il faut s’interroger sur l’efficacité des réponses apportées jusque-là. Des difficultés durables appellent des réponses durables, notamment sur les effectifs, l’organisation du travail et la répartition de la charge.

À cela s’ajoute cette année le SIE de Bordeaux, qui entre directement dans le tableau avec cinq indicateurs d’alerte (le maximum), alors qu’il n’y figurait pas l’année précédente. Cette évolution rapide doit conduire à agir sans attendre que la situation s’installe.

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Parmi les répondants, 35 % se déclarent fatigués, 38 % désabusés et près d’un agent sur deux estime que la charge de travail est mal répartie. Les verbatims font également ressortir la surcharge de travail, la perte de sens et les inquiétudes liées aux perspectives de carrière. 

Surtout, lorsqu’on demande aux agents quelles doivent être les priorités, ils placent en tête le renforcement des moyens humains, puis une meilleure répartition de la charge de travail. Pour Solidaires, cela rejoint directement notre analyse du TBVS : sans un niveau d’emplois suffisant, les difficultés de charge, de fatigue et d’organisation continueront de se reproduire. 

Nous avons également rappelé que l’Observatoire doit rester un outil d’écoute et d’amélioration, et non un moyen de demander aux agents de justifier leurs réponses. Sa restitution doit servir à comprendre les difficultés exprimées et à agir, dans une démarche non culpabilisante.

Télétravail : un véritable levier à utiliser pleinement

96 % des agents se déclarent satisfaits de leur télétravail.  Pour Solidaires, ce résultat doit être pleinement entendu. Le télétravail ne constitue évidemment pas une réponse au sous-effectif ou à la surcharge de travail, mais, lorsqu’il est choisi et correctement organisé, il peut devenir un véritable levier d’amélioration des conditions de travail : meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, diminution de la fatigue liée aux déplacements, prévention du risque routier, mais aussi capacité d’adaptation lors de situations exceptionnelles.

Le Directeur s’est d’ailleurs déclaré favorable au télétravail, tout en rappelant que les agents restent des « êtres collectifs » et que le lien avec le collectif de travail doit être préservé. 

Pour Solidaires, les deux ne sont pas incompatibles. Développer le télétravail ne signifie pas renoncer au collectif : il s’agit de trouver une organisation permettant de préserver les échanges entre collègues tout en utilisant pleinement un dispositif que les agents plébiscitent et qui peut constituer un réel outil de prévention et d’amélioration des conditions de travail.

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Arcachon : jusqu’à quand attendre ?

Jusqu’à quand faudra-t-il attendre avant d’engager des travaux permettant une véritable amélioration des conditions de travail ? Le sujet est sur la table depuis plusieurs mois et différentes pistes ont déjà été envisagées sans qu’une solution définitive n’aboutisse. 

La Direction indique avoir déjà financé plusieurs réparations sur son budget et poursuivre les interventions nécessaires. Mais les travaux plus importants restent conditionnés aux décisions de la politique immobilière de l’État, la décision sur l’avenir du bâtiment relevant de la Préfète. Des demandes de financement ont été déposées sur la base de devis atteignant 80 000 €, qui ne couvrent encore qu’une partie des travaux et excluent la rénovation complète du système énergétique. 

Parmi les pistes étudiées figure désormais la possibilité de louer le dernier étage du bâtiment. Après une rencontre avec la Préfète, la Direction indique vouloir relancer le dossier dans les prochaines semaines. 

Mérignac et Libourne

À Mérignac, des devis sont en cours concernant la rénovation des sanitaires.

À Libourne, la Direction indique qu’un projet immobilier prévoit la rénovation du site Wilson et le regroupement des agents de Paul Bert sur ce site avec notamment la volonté d’améliorer les conditions de confort thermique. La Direction espère obtenir les crédits en 2027 et indique que tout est prêt pour lancer l’opération dès leur obtention. 


Le calendrier reste toutefois éloigné : fin 2027 dans l’hypothèse la plus favorable, mais plus vraisemblablement 2028. La Direction reconnaît elle-même qu’il s’agit de délais longs, justifiés selon elle par l’ampleur de l’opération.

 

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Le nombre de signalements internes continue d’inquiéter, révélant des tensions qui peuvent aussi s’installer entre collègues. Il a également été relevé que 75 % des signalements concernent les SIP et les SGC, particulièrement exposés au public. 

Sur le secteur Blaye-Libourne, six fiches de signalement ont été évoquées, principalement en lien avec des usagers difficiles et menaçants. La Direction reconnaît que certains comportements peuvent aller très loin et nécessitent une vigilance particulière. 

Pour Solidaires, ces situations ne doivent jamais être banalisées : chaque signalement doit donner lieu à une à des mesures de prévention, de protection et d’accompagnement des collègues concernés.

 

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Dispositif carburant et télétravail

Face à une hausse toujours importante des prix des carburants, la Direction a confirmé que le dispositif de télétravail exceptionnel pour limiter les coûts pour les agents était toujours d’actualité.