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Adaptation du réseau territorial 2027-2030 : les restructurations repartent

Lors du déploiement du Nouveau Réseau de Proximité (NRP), la DGFiP s'était engagée à stabiliser son réseau territorial jusqu'au 31 décembre 2026.

Mais à l'occasion du CSA de Réseau du 2 juillet 2026, la Direction générale a présenté un document intitulé « Adaptation du réseau territorial 2027-2030 ». Derrière cette formule technocratique se profile en réalité une nouvelle vague de restructurations, de fermetures et de regroupements de services.

Un réseau présenté comme performant...

La DGFiP commence par dresser un bilan très positif de son organisation.

Au 31 décembre 2026, elle comptera :

  • 2 807 services ;
  • 5 100 points de contact ;
  • près de 3 000 France Services et antennes ;
  • 16 000 buralistes partenaires ;
  • 911 Conseillers aux Décideurs Locaux (CDL).

La Direction met également en avant ses résultats :

  • 93 % des élus satisfaits des CDL ;
  • 88 % satisfaits des SGC ;
  • 93 % satisfaits des Trésoreries hospitalières ;
  • 82 % des usagers satisfaits des services de la DGFiP.

Pour la DGFiP, l'organisation actuelle est donc globalement un succès.

...mais qu'il faudrait malgré tout continuer à transformer

C'est là que le raisonnement devient difficile à suivre.

Après avoir expliqué que le réseau fonctionne bien, la DGFiP conclut qu'il est nécessaire de continuer à le faire évoluer pour répondre aux attentes des usagers.

En résumé : le réseau est présenté comme efficace, mais cela n'empêche pas de prévoir de nouvelles fermetures.

Plus de 130 fermetures envisagées dès 2027

La Direction affirme que ces évolutions n'ont pas pour objectif de supprimer des emplois supplémentaires.

Pourtant, les chiffres annoncés sont éloquents.

Pour 2027, la DGFiP envisage :

  • plus de 130 fermetures de services et d'antennes ;
  • une cinquantaine de postes comptables, dont 5 SIP ;
  • une soixantaine d'antennes ;
  • une trentaine de services administratifs.

En parallèle, une trentaine de créations seulement sont prévues.

La majorité des structures concernées sont de petite taille :

  • 35 % ont 5 emplois ou moins ;
  • 60 % ont 10 emplois ou moins ;
  • plus de 75 % ont 15 emplois ou moins.

À l'horizon 2030, ce sont près de 330 fermetures ou changements d'implantation qui pourraient être soumis à concertation, pour seulement une cinquantaine de créations.

Toujours le même mécanisme ?

La Direction assure que ces restructurations ne visent pas à réaliser des économies d'emplois.

Pourtant, les agents connaissent bien le scénario :

on réduit les effectifs pendant plusieurs années, puis on explique que le service est devenu trop petit pour fonctionner correctement et qu'il faut le fermer ou le regrouper.

Cette logique a déjà été observée à de nombreuses reprises lors des précédentes réorganisations.

Et les conditions de travail ?

La DGFiP promet un accompagnement RH spécifique pour les agents concernés.

Elle rappelle que les emplois seront conservés, que les agents seront repositionnés et qu'ils bénéficieront des dispositifs d'accompagnement et des primes prévues en cas de restructuration.

Mais plusieurs indicateurs de l'Observatoire interne méritent d'être rappelés :

  • 33 % des agents se déclarent fatigués ;
  • 32 % se disent désabusés ;
  • en 2022 et 2023, 56 % estimaient que le rythme des changements était trop rapide.

Même si ce dernier chiffre est descendu à 36 % en 2026, il reste légitime de s'interroger sur les conséquences de nouvelles restructurations sur les conditions de travail et les risques psychosociaux.

Un dialogue social déjà bien engagé

Pour les opérations prévues en 2027, les préfets ont déjà rendu les avis nécessaires et les directions concernées ont été informées.

Les organisations syndicales et les agents seront informés localement selon les modalités propres à chaque direction.

Les CSAL et les Formations spécialisées seront consultés, mais les projets sont déjà largement identifiés.

Pour les restructurations envisagées entre 2028 et 2030, la DGFiP annonce de futures discussions afin de donner de la visibilité sur les opérations actuellement à l'étude.

La fin de la parenthèse de stabilité

Avec ce document, la DGFiP confirme que la période de stabilité promise jusqu'à fin 2026 touche à sa fin.

Derrière les termes d'« adaptation », d'« ajustement limité » ou encore de « confortement du réseau », ce sont plusieurs centaines de fermetures, regroupements ou changements d'implantation qui pourraient intervenir d'ici 2030.

Pour les agents, une question demeure : si le réseau est aussi performant que l'affirme la Direction, pourquoi engager une nouvelle vague de restructurations ?

Exercice du droit de retrait – Danger grave et imminent à la Cité administrative

Solidaires Finances Publiques constate qu'en cette période de canicule, les agents affectés à la Cité administrative sont contraints d'exercer leurs missions dans des conditions qui ne permettent plus de garantir leur santé et leur sécurité.

En effet, le bâtiment est actuellement confronté à une panne généralisée entraînant :

  • l'absence d'électricité ;
  • l'absence d'eau potable ;
  • l'absence de tout dispositif de rafraîchissement ou de ventilation ;
  • la mise hors service des ascenseurs.

Dans le contexte des fortes chaleurs que connaît actuellement le département, cette situation expose directement les agents à des risques de déshydratation, de malaises, d'épuisement thermique et de coup de chaleur.

Solidaires Finances Publiques rappelle que la DRFiP de la Gironde est tenue de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des agents. Cette obligation implique notamment, en période de chaleur intense, la mise à disposition d'eau potable fraîche en quantité suffisante, le maintien de conditions de travail compatibles avec la préservation de la santé des personnels et l'adaptation de l'organisation du travail lorsque les conditions l'exigent.

Or, en l'absence simultanée d'électricité, d'eau et de moyens de rafraîchissement, ces obligations ne peuvent manifestement plus être respectées.

Dès lors, Solidaires Finances Publiques considère que les agents disposent d'un motif raisonnable de penser que leur situation de travail présente un danger grave et imminent pour leur vie ou leur santé, au sens des dispositions relatives au droit de retrait applicables à la fonction publique.

En conséquence, Solidaires Finances Publiques informe la Direction que les agents concernés sont fondés à exercer leur droit de retrait tant que les conditions permettant d'assurer leur santé et leur sécurité ne sont pas rétablies.

Nous demandons la mise en œuvre immédiate de toutes les mesures nécessaires à la protection des agents ainsi qu'une information rapide sur les dispositions retenues par l'administration.

Nous vous prions d'agréer, Madame la Directrice, l'expression de nos salutations distinguées