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Langage clair : la poudre de perlimpinpin

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15 avril 2026
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La DGFiP lance aujourd’hui son « pack langage clair » dans le cadre de la campagne IR 2026. Charte de rédaction, formations, module d’intelligence artificielle : tout est présenté comme une avancée pour améliorer la relation avec les usagers. Mais derrière cette opération de communication, une réalité saute aux yeux : on cherche à faire porter aux agents la responsabilité de difficultés qui ne sont pas les leurs.
 
Car ce déploiement ne tombe pas de nulle part. Il intervient après des prises de position de la direction générale dans la presse, laissant entendre que les agents seraient, par leurs réponses, en partie responsables de l’incompréhension des usagers, voire de pratiques qualifiées de « maltraitantes ». Nous le disons clairement : cette mise en cause est inacceptable. Les agentes et agents des finances publiques n’ont pas attendu une charte pour faire preuve de professionnalisme.
 
La charte « langage clair » ne fait que rappeler ce qu’ils appliquent déjà au quotidien : être clairs, être pédagogues, aller à l’essentiel, accompagner les usagers . Ces recommandations actent surtout ce que les agents font déjà au quotidien, sans apporter la moindre réponse aux problèmes concrets qu’ils rencontrent. Car le problème n’est pas là. Si les réponses sont parfois longues, ce n’est pas parce que les agents seraient « verbeux ». C’est parce que le droit fiscal est un droit complexe, contraignant et juridiquement engageant, qui ne laisse que peu de place à l’approximation. Chaque réponse apportée à un usager engage la responsabilité de l’administration. Elle peut avoir des conséquences directes : montant d’impôt, délais de paiement, pénalités, droits ouverts ou refusés. Dans ce cadre, chaque mot compte. Une formulation imprécise, une simplification excessive, une information partielle peuvent induire l’usager en erreur. Et une erreur, en matière fiscale, n’est jamais anodine : elle peut entraîner des régularisations, des majorations, voire des contentieux.
 
Simplifier, oui. Mais simplifier sans précaution, c’est prendre le risque de dire faux. Les agents ont donc une responsabilité essentielle : dire juste, de manière complète et sécurisée. Cela suppose d’expliquer, de nuancer, de préciser, parfois de rappeler le cadre juridique. Cela suppose aussi d’adapter la réponse à la situation particulière de chaque usager. Dire juste, en matière fiscale, demande du temps, de l’expérience et de la rigueur. Les exemples mis en avant — remplacer « vous êtes redevable » par « vous devez », alléger certaines tournures — illustrent les marges de simplification possibles, mais aussi leurs limites . Ces ajustements de forme ne peuvent en aucun cas résoudre la complexité des règles appliquées ni la diversité des situations rencontrées.
 
On ne simplifie pas un droit complexe à coups de formules toutes faites. Et c’est précisément là que l’illusion de l’intelligence artificielle apparaît. Le module d’IA présenté aujourd’hui comme une avancée ne fait que reformuler des réponses déjà rédigées par les agents. Il ne comprend ni la situation de l’usager, ni les enjeux juridiques du dossier. Il ne sécurise pas la réponse. Il ne prend aucune responsabilité. En réalité, l’IA ne fait que lisser la forme, sans jamais traiter le fond. Elle ne simplifie pas le droit. Elle ne réduit pas la complexité des situations. Elle ne remplace pas l’expertise des agents. Et surtout, elle ne crée ni temps, ni effectifs. Au contraire, elle risque d’introduire une illusion dangereuse : celle d’une simplification possible sans moyens, sans formation approfondie, sans analyse humaine. Car une réponse « plus simple » mais juridiquement imprécise n’est pas un progrès. C’est un risque supplémentaire pour l’usager. L’IA ne corrige pas les problèmes du service public. Elle les contourne.
 
Or le fond, tout le monde le connaît. Depuis des années, la DGFiP subit des suppressions massives d’emplois, des restructurations permanentes et une dégradation continue des conditions de travail. Dans le même temps, les sollicitations des usagers explosent. Les agentes et agents doivent faire face à toujours plus de demandes, sur toujours plus de canaux, avec toujours moins de moyens. Voilà le vrai problème. Et s’il est question de maltraitance, il serait peut-être temps de regarder où elle se situe réellement. La dégradation des conditions de travail à la DGFiP a déjà conduit à des drames humains, dont plusieurs suicides d’agents ces dernières années. Cette réalité ne peut être ignorée. Ce ne sont pas les agents qui sont maltraitants. C’est une organisation du travail qui les met, eux comme les usagers, en difficulté.
 
Derrière le « langage clair » et l’IA, il y a une logique bien connue : moderniser l’affichage sans traiter le fond. Nous le rappelons : améliorer la relation avec les usagers passe par des choix politiques clairs : simplifier réellement le droit fiscal renforcer les effectifs redonner du temps aux agents Pas par des outils qui prétendent compenser ce que l’on supprime ailleurs. Le service public fiscal ne souffre pas d’un excès de mots. Il souffre d’un manque de moyens.
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