Liminaire CSAL du 11 février 2025
2025 serait-elle l'année du bilan pour la DGFIP?
Monsieur le Directeur,
En 2023, Solidaires Finances Publiques avait déjà alerté la DG sur l’impasse annoncée du dispositif "Gérer mes biens immobiliers" (GMBI). La mise en place de cette application, en pleine campagne de déclaration de l'impôt sur le revenu, s'est rapidement transformée en cauchemar pour les contribuables et en fardeau pour les agents de la DGFiP. GMBI a entraîné une surcharge de travail pour l'ensemble des services qui, aujourd'hui, n'est toujours pas résorbée, entraînant un travail de masse, la création de contentieux, une accumulation incessante d’e-contacts et une perte de sens des missions. Difficile pour les agents de trouver une motivation quand ils ne savent plus pourquoi ils travaillent et quelle est la finalité de ce qu'ils font ( s’il y en a une!). La Cour des Comptes, dans son dernier rapport, confirme ce que nous redoutions : le coût du dispositif GMBI, initialement estimé à 12,7 millions d’euros a finalement été multiplié par trois, atteignant 37,2 millions d’euros. Ce dérapage budgétaire s'explique par une externalisation coûteuse et des erreurs de taxation qui ont engendré plus d’1,3 milliard d’euros de dégrèvements à la charge de l’État.Le fiasco ne s’arrête pas là. Outre l’échec retentissant de GMBI, c'est aussi la taxe d’urbanisme qui se révèle être un gouffre financier et administratif. Lors des précédentes instances, nous avions alerté sur les difficultés à venir, notamment en matière de ressources humaines. Plus de 20 agents s’occupaient des taxes d’urbanisme de la Gironde au ministère de l’Écologie avant le transfert à la DRFi33P. Un seul agent a été détaché de la DDTM 33 et affecté à cette mission, et il a finalement quitté nos rangs faute de pouvoir exercer son travail.Le problème ne s’arrête pas là. L’application censée gérer cette taxe n’étant toujours pas finalisée, elle ne permet pas la liquidation automatique des taxes, provoquant un manque à gagner estimé entre 635 et 750 millions d’euros pour les collectivités territoriales. Alors que les DDTM émettaient en moyenne 590 000 titres de taxe d’aménagement par an sur la période 2018-2021, la DGFiP a émis seulement 775 titres en 2023 et 39 000 titres au 30 novembre 2024. Cette lenteur dans la mise en œuvre entraîne une accumulation de dossiers en attente, une charge de travail exponentielle pour les agents et une insatisfaction croissante des collectivités qui peinent à percevoir des ressources essentielles à leur fonctionnement. Ce déficit, combiné à une exigence de réduction budgétaire de 2,2 milliards d’euros dans le projet de loi de finances 2025, asphyxie les services publics locaux et fragilise l’investissement des communes, intercommunalités et départements.
Par ailleurs, la restructuration de la DGFiP à travers le Nouveau Réseau de Proximité (NRP) s’ajoute à ces échecs. Plutôt que de rapprocher les services des citoyens et des collectivités, cette réforme a abouti à l’éloignement des guichets des usagers, à la disparition des trésoreries locales et à une insatisfaction croissante des élus locaux comme en témoigne l’enquête effectuée par l’Association des Maires de France (AMF)et présentée en 2024. Selon les collectivités concernées, la réforme a notamment conduit à une dégradation des relations avec les services de gestion comptable (SGC), à une perte de proximité avec l’ensemble des usagers, une déshumanisation des relations, un allongement des délais de traitement et une perte de confiance, impactant l’ensemble des collectivités et pénalisant encore plus durement les petites communes. Pour illustration, le transfert de l’encaissement et de l’approvisionnement des régies à la Banque Postale a pour conséquence une dégradation du service rendu aux régisseurs conduisant parfois à la fermeture des régies, au détriment des usagers du service public. C’est en outre une gabegie financière puisque le coût de cette externalisation de mission est évalué à 12 millions d’euros par an.Le 21 novembre, la directrice générale des finances publiques a interpellé le Président de l’AMF dans un courrier particulièrement vindicatif, pour dénoncer le manque de représentativité de l’échantillon de collectivités utilisé lors de l’enquête, préférant ainsi contester la fiabilité du thermomètre plutôt que de s’interroger sur le bien-fondé des critiques formulées. Les résultats de l’enquête heurtent, en effet, frontalement la communication officielle de la DGFiP, selon laquelle les collectivités seraient, dans leur écrasante majorité, ravies des prestations offertes.La DGFiP est en effet devenue experte dans l’art de produire des enquêtes garantissant des réponses conformes à ses attentes. Les indicateurs de performance sont, ainsi, élaborés de manière à être toujours positifs, quitte à ce qu’ils contribuent à creuser l’abîme existant entre la qualité mesurée et la qualité ressentie.Nos missions ne sont pas les seules à se dégrader inexorablement; les droits des agents font régulièrement l’objet des attaques de la DG contre ses propres rangs. La dernière atteinte aux droits des agents : la mise en place sans délai de l'affectation au choix pour les inspecteurs! Après la suppression des CAP locales de mutations, la DG persiste dans une logique d'opacité et d'arbitraire dans les affectations. Les dérives dénoncées depuis des années par Solidaires Finances Publiques deviennent réalité :
En 2023, Solidaires Finances Publiques avait déjà alerté la DG sur l’impasse annoncée du dispositif "Gérer mes biens immobiliers" (GMBI). La mise en place de cette application, en pleine campagne de déclaration de l'impôt sur le revenu, s'est rapidement transformée en cauchemar pour les contribuables et en fardeau pour les agents de la DGFiP. GMBI a entraîné une surcharge de travail pour l'ensemble des services qui, aujourd'hui, n'est toujours pas résorbée, entraînant un travail de masse, la création de contentieux, une accumulation incessante d’e-contacts et une perte de sens des missions. Difficile pour les agents de trouver une motivation quand ils ne savent plus pourquoi ils travaillent et quelle est la finalité de ce qu'ils font ( s’il y en a une!). La Cour des Comptes, dans son dernier rapport, confirme ce que nous redoutions : le coût du dispositif GMBI, initialement estimé à 12,7 millions d’euros a finalement été multiplié par trois, atteignant 37,2 millions d’euros. Ce dérapage budgétaire s'explique par une externalisation coûteuse et des erreurs de taxation qui ont engendré plus d’1,3 milliard d’euros de dégrèvements à la charge de l’État.Le fiasco ne s’arrête pas là. Outre l’échec retentissant de GMBI, c'est aussi la taxe d’urbanisme qui se révèle être un gouffre financier et administratif. Lors des précédentes instances, nous avions alerté sur les difficultés à venir, notamment en matière de ressources humaines. Plus de 20 agents s’occupaient des taxes d’urbanisme de la Gironde au ministère de l’Écologie avant le transfert à la DRFi33P. Un seul agent a été détaché de la DDTM 33 et affecté à cette mission, et il a finalement quitté nos rangs faute de pouvoir exercer son travail.Le problème ne s’arrête pas là. L’application censée gérer cette taxe n’étant toujours pas finalisée, elle ne permet pas la liquidation automatique des taxes, provoquant un manque à gagner estimé entre 635 et 750 millions d’euros pour les collectivités territoriales. Alors que les DDTM émettaient en moyenne 590 000 titres de taxe d’aménagement par an sur la période 2018-2021, la DGFiP a émis seulement 775 titres en 2023 et 39 000 titres au 30 novembre 2024. Cette lenteur dans la mise en œuvre entraîne une accumulation de dossiers en attente, une charge de travail exponentielle pour les agents et une insatisfaction croissante des collectivités qui peinent à percevoir des ressources essentielles à leur fonctionnement. Ce déficit, combiné à une exigence de réduction budgétaire de 2,2 milliards d’euros dans le projet de loi de finances 2025, asphyxie les services publics locaux et fragilise l’investissement des communes, intercommunalités et départements.
Par ailleurs, la restructuration de la DGFiP à travers le Nouveau Réseau de Proximité (NRP) s’ajoute à ces échecs. Plutôt que de rapprocher les services des citoyens et des collectivités, cette réforme a abouti à l’éloignement des guichets des usagers, à la disparition des trésoreries locales et à une insatisfaction croissante des élus locaux comme en témoigne l’enquête effectuée par l’Association des Maires de France (AMF)et présentée en 2024. Selon les collectivités concernées, la réforme a notamment conduit à une dégradation des relations avec les services de gestion comptable (SGC), à une perte de proximité avec l’ensemble des usagers, une déshumanisation des relations, un allongement des délais de traitement et une perte de confiance, impactant l’ensemble des collectivités et pénalisant encore plus durement les petites communes. Pour illustration, le transfert de l’encaissement et de l’approvisionnement des régies à la Banque Postale a pour conséquence une dégradation du service rendu aux régisseurs conduisant parfois à la fermeture des régies, au détriment des usagers du service public. C’est en outre une gabegie financière puisque le coût de cette externalisation de mission est évalué à 12 millions d’euros par an.Le 21 novembre, la directrice générale des finances publiques a interpellé le Président de l’AMF dans un courrier particulièrement vindicatif, pour dénoncer le manque de représentativité de l’échantillon de collectivités utilisé lors de l’enquête, préférant ainsi contester la fiabilité du thermomètre plutôt que de s’interroger sur le bien-fondé des critiques formulées. Les résultats de l’enquête heurtent, en effet, frontalement la communication officielle de la DGFiP, selon laquelle les collectivités seraient, dans leur écrasante majorité, ravies des prestations offertes.La DGFiP est en effet devenue experte dans l’art de produire des enquêtes garantissant des réponses conformes à ses attentes. Les indicateurs de performance sont, ainsi, élaborés de manière à être toujours positifs, quitte à ce qu’ils contribuent à creuser l’abîme existant entre la qualité mesurée et la qualité ressentie.Nos missions ne sont pas les seules à se dégrader inexorablement; les droits des agents font régulièrement l’objet des attaques de la DG contre ses propres rangs. La dernière atteinte aux droits des agents : la mise en place sans délai de l'affectation au choix pour les inspecteurs! Après la suppression des CAP locales de mutations, la DG persiste dans une logique d'opacité et d'arbitraire dans les affectations. Les dérives dénoncées depuis des années par Solidaires Finances Publiques deviennent réalité :
- Profilage des agents avec un risque accru de blocage des mutations sur des critères opaques,
- Disparition de la prise en compte effective des priorités légales,
- Mise en concurrence directe des agents entre eux,
- Nécessité d’un entretien professionnel irréprochable pour espérer être sélectionné.