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Compte rendu du CSAL

du 21 avril 2026

 

 

Organisations syndicales présentes: Solidaires Finances Publiques, FO et la CFDT

Dans notre liminaire, nous avons dénoncé avec force les propos de la Directrice générale évoquant une prétendue « maltraitance administrative », qui constituent une mise en cause inacceptable des agents. Nous avons rappelé que les difficultés rencontrées par les usagers trouvent leur origine dans des choix politiques et organisationnels : complexité accrue, suppressions d’emplois, dématérialisation forcée et dégradation continue des conditions de travail.

Nous avons également alerté sur un malaise profond dans les services, aggravé par la surcharge de travail, les injonctions contradictoires et le manque de reconnaissance. Dans ce contexte, nous avons mis en garde contre le recours à l’intelligence artificielle et au « langage clair », qui font peser des risques d’appauvrissement des réponses, de déqualification des agents et de déresponsabilisation de l’administration.

Nous avons enfin dénoncé le manque total de transparence et d’accompagnement concernant le régime de responsabilité des gestionnaires publics, ainsi que l’absence de réponses concrètes face aux difficultés du quotidien, notamment le coût du carburant et les inégalités dans l’accès au télétravail exceptionnel. À travers ces sujets, nous avons réaffirmé l’exigence de reconnaissance, de moyens et de respect pour les agents.

Refusant de commenter directement les propos de la directrice générale, le Directeur a reconnu la complexité inhérente à la matière fiscale. Dans ce contexte, il a présenté la démarche de "langage clair" comme une initiative positive. "Je pense que la démarche qui consiste à simplifier les échanges avec les usagers est une bonne démarche," a-t-il déclaré, précisant que l'agent resterait toujours le valideur final du courrier, et non l'IA. Face à la crainte d'une perte de sécurité juridique, le Président a apporté une nuance, affirmant que la rigueur terminologique reste impérative avec les professionnels, la simplification concernant avant tout le "contribuable lambda".

Prix du Carburant et télétravail exceptionnel

La Direction a adressé un message aux chefs de services leur donnant la possibilité d’octroyer des jours de télétravail exceptionnels pour les agents impactés par la hausse des prix du carburant. Solidaires a cependant fait remarquer que l'information n'avait pas été correctement diffusée et que très peu d’agents étaient au courant de cette disposition. Le Directeur s'est engagé à ce qu'une information plus générale et officielle soit diffusée à tous les agents pour clarifier leur droit à demander ce jour de télétravail exceptionnel.

Clarifications sur le Régime de Responsabilité des Gestionnaires Publics (RGP)

Le Directeur a exprimé sa satisfaction quant à la parution de cette note, qui officialise et formalise par écrit des principes déjà établis. Il a expliqué que la note avait été transmise aux chefs de service avec pour consigne de l'analyser avec leurs équipes, rappelant que la meilleure protection réside dans le respect des procédures de contrôle interne. "Le bouclier, la parade, c'est vraiment, donner des consignes claires à tout le monde [...] et mettre en place des dispositifs de contrôle interne derrière." Il a assuré que ce sujet serait systématiquement à l'ordre du jour des prochaines réunions métier pour s'assurer de sa bonne diffusion et de sa compréhension.

 

Modification du règlement intérieur du pôle PCRP

Cepoint était une proposition de modification des modules horaires pour le Pôle de Contrôle des Revenus et du Patrimoine pour les agents des deux sites, Mérignac et Arcachon.

Une préoccupation majeure a alors été soulevée concernant l'application d'un règlement horaire unique à deux sites distincts, avec la crainte que le site de Mérignac, numériquement supérieur, impose sa volonté à Arcachon. La Direction a expliqué que la réglementation ne permettait pas d'isoler la partie arcachonnaise du PCRP dont les agents ne semblent pas avoir été consultés.

Solidaires a indiqué que la procédure réglementaire n’avait pas été respectée. En effet, les différents modules horaires doivent d’abord être présentés aux représentants du personnel, puis soumis au vote des agents lors d’un scrutin à bulletin secret au sein du service. Le vote ayant déjà été organisé sans suivre ces étapes, il devra être reconduit.

 

Point sur la mise à disposition des logements de fonction pour nécessité absolue de service pour les gardiens-concierges

Depuis 2026, les occupants de logements de fonction sont désormais redevables des fluides, avec un système forfaitaire faute de compteurs individuels. Cette disposition, concernant trois gardiens-concierges en Gironde, a suscité de vives inquiétudes des organisations syndicales en raison de ses conséquences humaines, notamment une baisse significative de rémunération pour des personnes ayant de petits revenus, aggravée par la suppression de certaines astreintes.


La direction a indiqué vouloir concilier respect des règles et accompagnement humain, renonçant à réclamer d’éventuels trop-perçus passés. Elle a également annoncé des évolutions, dont la reconversion d’un poste en catégorie C, dans un contexte où la télésurveillance rend ces fonctions amenées à disparaître.

 

Plan de Formation Professionnelle 2025

Le nombre de formations a connu une hausse significative de 33% par rapport à 2024. Deux formations étaient obligatoires (laïcité, gestion des incivilités), mais le taux de participation aux e-formations reste faible (42 % d’absentéisme).

Solidaires a souligné que les formations en ligne sont souvent chronophages avec un écart flagrant entre le temps annoncé et le temps réel nécessaire, les contenus loin de nos métiers et parfois inadaptés au public concerné. Dans un contexte de manque de personnel, d’échéances de plus en plus courtes et de pression constante sur le rendement, les agents ne peuvent pas toujours libérer du temps pour ces eformations.

La Direction a indiqué qu'une action de sensibilisation serait menée pour souligner que les chefs de service doivent planifier et accorder des heures dédiées à la formation.

 

Point sur le recours à l’intelligence artificielle dans les services de la DGFIP

Pour Solidaires Finances Publiques, le plan proposé une vision très positive de l’intelligence artificielle, sans présenter de véritable retour d’expérience ni tirer les enseignements des projets déjà menés. Il donne une vision très positive en restant centré sur les outils et les objectifs affichés, sans analyser concrètement les effets sur les missions, les conditions de travail et les emplois. Pour la Direction, les agents garderont la maîtrise complète sur les outils IA comme le module langage clair en précisant que "l'agent [...] relie la réponse qui a été réinterprétée [...] et décide de la valider ou pas."

Solidaires reste sceptique sur la mise en place d’un nouveau assistant IA pour aider les agents dans leur travail quotidien qui a été tester à la DRFIP33 sur un panel impressionnant de ….20 personnes. Nous avons rappelé l'échec cuisant de l'assistant "Albert" qui nous a pourtant couté 1,3 million d'euros…..

Nous avons aussi alerté sur le danger de suppressions d'emplois en lien avec la mise en place des système IA. Il faut rappelé le reportage de Cash Investigation sur IA à la DGFIP qui avait mis en lumière le contrat de Bercy prévoyant la suppression de 500 postes temps complets contre une subvention de 5 200 000 pour l’IA.

Alors que les agents sont sommés de réduire leur consommation d’énergie et de privilégier les mobilités douces, la question de l’empreinte énergétique de l’IA à la DGFiP — pourtant très gourmande en électricité et en ressources — est totalement passée sous silence. Bercy se dit “vert”… mais à géométrie variable. Ecofip, où es tu ?

Nous considérons que ces transformations ne peuvent pas être engagées sans transparence, sans évaluation réelle de leurs impacts sur les effectifs et sans un véritable dialogue social associant les personnels.

 

Bilan de la campagne des avis 2025 et campagne déclarative 2026

La campagne des avis 2025 en Gironde, menée de juillet à décembre, s’est appuyée sur une orgagent_sip.jpg anisation multi-canaux (accueil physique, téléphone, messagerie) pour faire face à une forte affluence des usagers, sans moyens supplémentaires notables. 

Elle a été marquée par une nouveauté importante : la participation des services locaux au numéro national, avec une mobilisation progressive des équipes entre septembre et décembre. Les services ont dû armer jusqu’à 11 lignes téléphoniques au plus fort de la campagne, avant une réduction progressive, tout en assurant leurs missions habituelles. Cette organisation a conduit à une forte sollicitation des agents, avec plusieurs milliers d’appels traités et un taux de décroché élevé. 

Dans le même temps, les autres canaux d’accueil restent à un niveau très élevé : plus de 80 000 usagers reçus en présentiel, plus de 64 000 appels traités et près de 87 000 e-contacts. À cela s’ajoutent les permanences de proximité, venant encore alourdir la charge. Ces chiffres traduisent une intensification du travail et une pression constante sur les agents, sommés d’absorber des volumes toujours plus importants tout en maintenant la qualité de service.

La campagne déclarative IR 2026 en Gironde s’inscrit dans la continuité des précédentes toujours avec une forte pression sur les services pour répondre aux sollicitations des usagers. 

Elle se caractérise par peu d’évolutions fiscales, mais par des transformations organisationnelles importantes, notamment l’expérimentation de la fin de la numérisation des déclarations papier (hors cas complexes), qui reporte encore davantage la charge sur les SIP.

L’accueil restera fortement sollicité : guichets ouverts tous les matins, accompagnement des usagers y compris les moins autonomes (avec recours à des services civiques ou étudiants), multiplication des rendez-vous et maintien de nombreuses permanences de proximité (73 permanences dans 56 lieux). 

Surtout, la participation au numéro national est reconduite et amplifiée, avec un volume prévisionnel de plus de 400 lignes à armer sur la période, mobilisant non seulement les SIP mais aussi les services de direction, des stagiaires et l’équipe de renfort. 

Au final, cette campagne confirme une tendance de fond : des agents toujours plus sollicités, contraints de s’adapter à de nouvelles organisations et outils (SVI de rappel, cobrowse), tout en absorbant des volumes importants, avec des moyens qui peinent à suivre.

 

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