Lors de cet entretien, vos représentants de Solidaires Finances Publiques de l'Isère ont commencé par souligner la forte inquiétude des agents de la DGFiP 38, dans un contexte de restructurations permanentes (Nouveau Réseau de Proximité, nouvelles règles de mutation, réforme du contrôle fiscal, concentration des services surtout dans l’agglomération grenobloise). D’une manière générale, les agents expriment un sentiment de désengagement progressif de notre administration en Nord-Isère, avec une présence jugée insuffisante sur certains territoires.

logo point solidaires

Nous avons posé la question de l’attractivité de notre département malgré un dynamisme économique (recherche, technologie, montagne) contrebalancé par un coût de la vie élevé.

Depuis 2009, 486 emplois ont été supprimés en Isère (soit près de 30 % des effectifs) ce qui alimente la crainte de nouvelles suppressions dans le cadre des modalités d’application de la nouvelle allocation des emplois (avec la suppression du TAGERFIP). Actuellement, le taux de vacance de postes atteint environ 10 %, entraînant un sous-effectif chronique et une surcharge de travail persistante.

 Logo petit bonhomme

Nous avons dénoncé une pression constante qui pèse sur les agents qui doivent faire face à un flux continu de sollicitations. Nous subissons un contexte de saisie de nos services multi-canal (accueil physique, mails, appels téléphoniques locaux et débordements des centres de contact), accentué par la dématérialisation et les besoins spécifiques des publics vulnérables, alors que les effectifs sont sous-dimensionnés. Dans ce contexte, la future facturation électronique suscite aussi des inquiétudes supplémentaires bien légitimes dans les Services des Impôts des Entreprises.

Les modalités d’accueil physique, notamment sur le site Rhin et Danube, sont jugées inadaptées par la majorité des agents : absence d’équipe dédiée, horaires inadaptés (8h30-12h30), sentiment d’engorgement

D’une manière générale, nous avons souligné une gestion excessive dictée par les statistiques, générant stress, perte de repères et d’un service public de qualité au service de nos usagers.

À cela s’ajoute une dégradation de l’image des fonctionnaires, accentuée par un dénigrement de la part de certains médias et aussi une augmentation des incivilités.

 logo point solidaires

Vos représentants ont aussi évoqué la nécessité d’une vigilance accrue des risques psycho-sociaux, y compris face aux risques suicidaires.

Nous avons relayé le sentiment de “qualité empêchée” exprimé par les agents et les conflits de valeurs (travail bâclé, procédures contournées, difficulté à assurer un service public de qualité) générés par une organisation du travail mal adaptée à nos missions. Le travail segmenté, la spécialisation excessive et le pilotage par indicateurs contribuent à une perte de sens, avec un affaiblissement du sentiment de mission au service des usagers.

Logo petit bonhomme

Pour conclure cet entretien, nous avons déploré une dégradation continue des conditions de travail des agents de la DGFiP en Isère, marquée par des suppressions d’emplois massives, un sous-effectif chronique et une pression professionnelle croissante. La multiplication des réformes, la concentration des services ainsi que la dématérialisation accélérée alimentent un sentiment d’abandon des territoires, notamment en Nord-Isère, et une perte de sens du service public. La souffrance au travail appelle à une vigilance renforcée et à des mesures concrètes et rapides. À cela s’ajoutent des perspectives de carrière limitées, une dégradation du pouvoir d’achat et des conditions matérielles parfois insatisfaisantes (comme par exemple l’entretien de nos bâtiments souvent dégradés et mal isolés).

Il apparaît désormais indispensable d’ouvrir de véritables perspectives, tant en matière d’effectifs, de recrutement, de reconnaissance que de conditions de travail, afin de restaurer la confiance, le sens et l’attractivité de notre service public fiscal.