Comme vous l’avez compris avec les nouvelles méthodes d’allocation des emplois et ce que la Direction Générale appelle la « sincérisation » du TAGERFiP (Tableau de Gestion des Emplois de Référence des Finances Publiques), le référentiel des effectifs est dorénavant exprimé en ETP (Équivalents Temps Plein), et non plus en « chaises ».

L
’objectif affiché par l’Administration est de permettre de mieux répartir les emplois/service en intégrant des données RH telles que le temps partiel (dont le temps partiel thérapeutique), les retraites déjà effectives, les retraites progressives, les Congés Longue Durée. L’objectif moins avouable est de gérer la pénurie et la réduction des effectifs pour que ça ne se voit pas trop, alors que dans tous les services la situation est catastrophique et les agents n’en peuvent plus.

Afin de ne pas alourdir le propos, nous vous conseillons de (re)lire le compte-rendu que nous avions fait de la réunion du 12 novembre 2025 où nous avait été présenté ce nouveau dispositif, ainsi que la déclaration liminaire que nous avons envoyée à l'occasion de ce CSAL.

Si l’on compare le TAGERFiP 2025 (chaises) et celui de 2026 (en ETP), c’est bien 88 potentialités d’emplois qui disparaissent encore à la DDFiP de l’Isère (- 1 Inspecteur Principal, + 1 Inspecteur Divisionnaire Hors Classe, + 15 A, - 45 B, - 57 C et - 1 Agent Technique). 

Nous en sommes désormais à 574 emplois supprimés depuis 2009, soit une baisse d'effectifs de 32 % en 17 ans !

Bien entendu, le discours officiel de l’Administration se veut toujours rassurant puisque ces 88 emplois n’étant pas pourvus, on pourrai
t presque considérer qu’ils n’existent pas vraiment. Tout ça pour dire qu’au TAGERFIP 2025, l’Isère comptait 1315 emplois et que dorénavant la DDFiP de l’Isère compte 1227 ETP (toutes catégories confondues).

Cependant, la Direction, pour l’officialisation de ce mauvais gag du 1
er avril, communique sur la suppression de seulement 7 emplois net au total (-2 A sont transférés des futurs ex-PCE à la DIRCOFI Centre-Est, +2 A sont créés à la BCR, 1 B est supprimé au Centre des Payes de l'État [ex-SLR], -4 B et -2 C en SIE suite à la création et le renforcement de nouveaux centres de contact des professionnels).
Mais ces suppressions d’emplois « classiques » (550 au niveau national, 9 au niveau local), qui découlent de la loi de finances 2026 imposée par 49.3, sont totalement noyées dans le maelström de la réallocation des emplois en ETP.

Pour rajouter un peu d’opacité, il convient aussi de préciser que les ETP par service et par grade pour 2026 représentent une cible à atteindre en termes d’effectif. Afin de pouvoir apprécier la situation de chaque service, il convient :

de comparer la cible avec l’effectif réel, en tenant compte de la quotité de travail des agents.

d’avoir une visibilité sur les mouvements prévus à court ou moyen terme (promotion par liste d’aptitude ou concours, retraite, mutation…).

Cependant, cette méthode de réallocation ne s’applique pas, en 2026, à tous les emplois. Certaines missions sont « sanctuarisées » et ont donc, pour cette année, basculé en ETP en 1 pour 1 (1 chaise 2025 = 1 ETP 2026). Sont notamment concernés les A+, le Contrôle Fiscal, les huissiers, les conseillers aux décideurs locaux (CDL) et le service Recettes Non Fiscales (RNF). À noter que la « sanctuarisation » n'est pas garantie pour les années suivantes.

Enfin, pour mieux vous triturer les méninges, il faut garder en tête qu’avoir des ETP dans un service ne veut pas dire que tous les ETP seront effectivement pourvus. Le différentiel entre les emplois et les effectifs, c'est-à-dire les vacances, continuera d'exister malgré l'ardoise magique du changement de référentiel !

Bref, c’est donc sur les agents présents que va reposer la charge de travail. Pour la Direction, il va falloir encore se débrouiller pour faire plus avec moins. Ne vous inquiétez pas, vous trouverez toujours des (ir)responsables de service pour être volontaires afin d'appliquer avec zèle les nouvelles directives et pour s’adapter à la perte des effectifs : il ne faut pas être rétrograde et sclérosé, mais au contraire faire preuve d’agilité, réorganiser les procédures voire en supprimer. Remarquez, ça semble dans l’air du temps, certains trouvent déjà que l’État de droit, c’est dépassé.

Tableau référentiel des emplois comparé 2025 2026 par service

Pour aller plus loin, vous trouverez ci-dessous le comparatif détaillé par famille de métier, par service et par catégorie du référentiel des emplois ETP au 31 décembre 2025 et la cible des emplois ETP pour 2026. Les Services des Impôts des Entreprises et les agents de catégorie C sont les premières victimes du recalcul :

2026 04 01 CSAL Tableau comparatif détaillé référentiel ETP 2025 2026

 
Quant aux conséquences concrètes pour les agents, c'est le brouillard !

  • Pour les services qui se retrouvent avec un surnombre (cumulé ou catégoriel) supérieur ou égal à 1,0 ETP : aucun départ forcé (encore heureux !), hormis éventuellement ceux concernés par les suppressions d’emplois « classiques ».

La régulation se ferait avec les départs « naturels » (mutations, promotions, départs en retraite…), sur plusieurs années si besoin. À chaque départ, l’agent ne serait pas remplacé, jusqu’à atteinte de la cible !

Corrélativement, il ne serait a priori plus possible d’obtenir ces postes en mutation. Les perspectives de mobilité interne se réduiraient donc comme peau de chagrin.

 

  • Pour les services se retrouvant avec un déficit : les postes pourront être pourvus… ou pas !

Vous l'aurez compris, les vacances de postes, même si elles ont drastiquement diminué avec le rebasage, existent toujours. Leur comblement est - cela n’a pas changé par rapport aux années précédentes - tributaire du nombre d’arrivées lors du mouvement national.

Si le département ne fait pas « le plein », la Direction procédera à des arbitrages, et choisira, en fonction de priorités qu’elle aura définies, de geler des postes.

 

Nous avons l’habitude de dire qu’on est « à l’os » aussi, en référence à un CSAL de poisson d’avril, disons que l’on est « à l’arête »...

Parce qu’au fond, le seul enseignement de ce CSAL, comme de ceux des années précédentes sur le sujet emplois, c’est de traiter une pénurie de moyens humains qui ne fait que s’aggraver, budget après budget.
Nouveau référentiel ou ancien TAGERFiP, ce qui ne change pas, c’est bien la direction donnée par les pouvoirs politiques : faire de la DGFiP un réservoir permanent de suppressions de postes pour la Fonction publique.