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Dans un contexte d’inflation continue le SMIC a augmenté de 2,41% au 1er juin dans une stricte application du code du Travail. C’est encore trop peu !

Le point d'indice des fonctionnaires lui n'a pas augmenté et c'est encore des milliers d'agents de la fonction publique qui se retrouvent en dessous du SMIC et le tassement des grilles devient de plus en plus problématique.

Depuis 2000, le coût de la vie a augmenté de 52%. Avec l’inflation, tout augmente sauf nos salaires. Pourtant les bénéfices des grandes entreprises explosent et jamais autant d’argent public ne leur a été versé. Mais plus on les subventionne, moins les salaires augmentent. En effet, la politique d’exonération du gouvernement incite les entreprises à privilégier les bas salaires.

L’Union syndicale Solidaires salue la décision de geler les exonérations. C’est un premier pas mais il faut aller plus loin : supprimer totalement les exonérations de cotisations qui coûtent chères coûtent cher et sont inefficaces.

La hausse du SMIC va placer mécaniquement la rémunération de près d’un million d’agent·es publics et les premiers échelons des grilles de 126 branches professionnelles sous le niveau du salaire minimum interprofessionnel. Le gouvernement cherche à gagner du temps pour se contenter de saupoudrer quelques indemnités compensatrices dans la Fonction publique.

Il y a urgence à ouvrir de réelles négociations salariales mais aussi à prendre des mesures contraignantes. Le principe en a été voté au PLFSS 2026 mais depuis aucun décret n’a été publié. De même, pour la transposition de la directive européenne 2023/970 sur la transparence salariale, le gouvernement traîne des pieds et multiplie les manœuvres pour vider le texte de sa substance.

Face à la hausse des prix, il faut augmenter d’urgence les salaires.

L'Union syndicale Solidaires revendique

  • Le SMIC à 2000 euros nets
  • L’indexation des salaires sur l’inflation
  • La hausse de 400 euros immédiate pour toutes et tous
  • Dans la Fonction publique, l’attribution de 85 points d’indice en + pour toutes et tous
  • L’égalité femmes / hommes par des mesures contraignantes
  • La limitation des salaires de 1 à 4 : pas de salaires plus de 4 fois supérieur au salaire minimum.

 

SMIC

Le décret d’application du congé supplémentaire de naissance est enfin publié. Il précise les règles de prise de ce congé et son indemnisation, pour les salarié·es comme pour les agent·es de la fonction publique.

 

D’une durée d’un à deux mois par parent, il s'ajoute au congé maternité et congé d’accueil de l’enfant du second parent. Il devait entrer en vigueur au 1er janvier 2026 mais dans la réalité il aura fallu attendre le 1er juin 2026.
 
Pour qui : 

Ce congé peut-être pris par l’un des deux parents ou par les deux, simultanément ou séparément, dans le privé comme dans le public.

Il concernera aussi la personne vivant en couple avec la mère (mariage, pacs ou union libre), qu’elle soit une femme ou un homme. En revanche, un homme vivant en couple avec le père ne devrait pas être éligible au nouveau congé, de la même façon qu’il ne peut pas bénéficier du congé paternité (voir décision du Conseil constitutionnel en août). L’Union syndicale Solidaires dénonce cette inégalité des droits.

 

Quand :

ll peut être pris dans un délai de 9 mois après la naissance ou l’arrivée de l’enfant. Les parents d'un enfant né, adopté ou qui aurait dû naître entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 peuvent en bénéficier, si la période de congé débute dans les 9 mois suivant le 1er juillet 2026 du fait du retard dans la mise en œuvre.

La publication tardive du décret pénalise les parents d’enfants né·es entre janvier et avril, qui ne pourront pas enchaîner le nouveau congé de naissance avec le congé maternité et le congé d’accueil de l’enfant.

La rétroactivité partielle ne répond pas à toutes les situations, et notamment à la volonté de retarder le recours à un mode de garde. Il semble par exemple compliqué de prendre le congé une fois que l’enfant est en crèche.

 

Ce congé comptera-t-il pour ma retraite :

 

Comme pour le congé de maternité et le congé d’adoption, ce nouveau congé pourra permettre de gagner un trimestre « assimilé » (sauf si vous gagnez déjà quatre trimestres par vos cotisations durant l’année du congé). En revanche, aucun salaire ne sera retenu dans votre dossier pour ces périodes, contrairement aux mois cotisés – ce qui peut pénaliser le montant final de la pension de base.

 

Comment :

Le ou la salarié·e doit informer son employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé, en précisant si le congé sera fractionné, les dates et la durée.

Pour les agent·es de la fonction publique, la demande doit être adressée au chef·fe de service, d’établissement ou l’autorité territoriale.

Salarié·es ou agents, les délais de prévenance suivants s’appliquent :

  • 1 mois ;
  • 15 jours si le congé suit immédiatement le congé de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption et commence dans le mois de la naissance ou d'arrivée. Cette mesure entre en vigueur le 15 juin 2026.

Le congé supplémentaire de naissance s’applique pour les demandes formulées depuis le 1er juin, pour des congés prenant effet à compter du 1er juillet.

 

Quelle indemnisation :

Pour les salarié·es, l'indemnisation du congé est assurée par la Sécurité sociale sous certaines conditions. Pour en bénéficier, il faut justifier d'au moins six mois d'affiliation.
L'indemnité journalière est calculée sur la base des trois derniers mois de salaire.

Son montant est dégressif :

  • 70 % du salaire de référence pendant le premier mois ;
  • 60 % pendant le second mois.

Pour la fonction publique, les règles sont identiques. La rémunération est elle aussi dégressive :

  • 70 % du traitement durant le premier mois ;
  • 60 % durant le second mois.

 

Des accords de branche ou d’entreprise peuvent prévoir de compenser la part restante.

L’Union syndicale Solidaires demande l’ouverture de discussions urgentes sur le sujet et défend la compensation par l’employeur de la part de rémunération restante dans les branches, les entreprises et au niveau de la Fonction publique.

Par ailleurs, l’Union syndicale Solidaires revendique la rémunération complète du congé de naissance, comme des congés maternité, paternité, d’adoption et d’accueil de l’enfant.

 

Combien de temps :

Chaque parent pourra prendre un mois ou deux mois – soit un total de quatre mois maximum pour les deux. Le congé est fractionnable, il est possible de prendre deux mois séparément.
Pour les familles monoparentales, la durée maximale ne sera pas doublée.

Les deux mois peuvent être pris simultanément par les deux parents.

 

Mon employeur peut-il refuser :

Non. Il faut respecter le délai de prévenance mais son accord n’est pas requis. C’est un droit.

Selon le texte adopté, le ou la salarié·e retrouvera « son précédent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente ».

 

 

SFP 76 a interrogé la direction en cas de fermeture des écoles du fait de la canicule, voici la réponse :

"s'agissant des parents dont les enfants ne peuvent être accueillis dans leur établissement scolaire, le dispositif d'autorisation d'absence pour garde d'enfant pourra être mobilisé.

Pour mémoire, ce dispositif prévoit qu' en cas de fermeture inopinée d’une classe, une autorisation d’absence pour garde d’enfant peut être accordée le jour où cette fermeture est portée à la connaissance des parents.

Elle n’a pas vocation à s’appliquer lorsque les parents disposent d’un délai suffisant pour organiser un autre mode de garde."


Par un décret paru le 13 juin dernier, le gouvernement limite la durée d’indemnisation des arrêts de travail à un mois pour une première prescription et à deux mois en cas de prolongation. Un autre décret du même jour fixe à 4 ans la durée maximale des arrêts de travail pour les accidents du travail et maladies professionnelles.

Ces plafonds entrent en vigueur au 1er septembre 2026, sauf exception en raison de l’état de santé du patient, et s’appliquent aux différents professionnels de santé amenés à prescrire des arrêts de travail (médecins, sages-femmes, chirurgiens-dentistes).

Comme si les salarié·es malades étaient responsables de leur situation ! Délais de carence, plafonnement des indemnisations : la finance pèserait-elle plus lourd que le soin et la guérison ?

Derrière cette décision gravée dans la loi de financement de la Sécurité Sociale 2026, c’est une révolution conservatrice qui s’opère. Alors que la Sécu est normalement là pour donner le temps nécessaire au soin et à la réparation, elle mettra désormais la pression pour faire revenir travailler, quitte à mettre la santé des travailleur·euses en danger. Le travail tue mais le gouvernement regarde ailleurs.

La réalité est cependant toute autre :

  • L’absentéisme reste élevé, notamment chez les cadres, avec une explosion des arrêts pour santé mentale devenue le deuxième motif des arrêts longs.
  • Les indemnités journalières explosent : 18 milliards d’euros pour la Sécu en 2025, en hausse d’1 milliard par an.

Et au lieu de s’attaquer aux causes réelles (conditions de travail pourries, sous-effectifs, management toxique...), le gouvernement choisit de renforcer les contrôles et raboter les indemnités journalières.

L’Union syndicale Solidaires dénonce cette logique injuste et dangereuse. Nous refusons que la santé des travailleurs soit sacrifiée sur l’autel des économies budgétaires.

Solidaires exige l’abrogation de ces décrets et un véritable financement de la sécurité sociale à commencer par l’abrogation des exonérations des cotisations patronales, une augmentation des cotisations et des salaires, une lutte contre le chômage et l’amélioration des conditions de travail. La justice sociale plutôt que le capital.