Une étude de l’Insee publiée ce 23 juillet indique une nouvelle baisse des rémunérations en euros constants en 2023 des fonctionnaires dans les 3 versants de la fonction publique.
Ces baisses de 0,3 % pour le versant État à 0,9 % pour les versants territoriaux et hospitaliers ne sont pas une surprise, tant la situation salariale des agent·es publics est difficile. Ces chiffres sont une confirmation de la dégradation constante de la rémunération dans la fonction publique.
Face à ces chiffres, les annonces du Premier Ministre de mi-juillet pour le budget 2026 qui prévoient l’absence de toute mesure de revalorisation salariale tout autant que catégorielle sont inacceptables.
Pour rappel, les agents·es publics ont également subi en 2024 la suppression de la garantie individuelle pouvoir d’achat ainsi que la baisse de l’indemnisation du congé maladie ordinaire y compris pour les femmes enceintes.
Cette situation ne peut plus durer.
Celles et ceux qui font tenir les services publics par leur engagement sans faille, alors que les moyens de travailler leur sont supprimés chaque année un peu plus, dégradant les conditions de travail et la qualité des services publics, ne peuvent être une nouvelle fois sacrifié·es sur l’autel de l’austérité.
C’est collectivement que nous devons construire la riposte face à ces politiques de destruction sociale alors même qu’il est possible de trouver de l’argent que ce soit à travers la lutte contre la fraude fiscale ou la conditionnalité des aides aux entreprises par exemple.
Les décrets fixant l’âge permettant d’accéder à la retraite progressive sont parus le 23 juillet 2025 au Journal officiel. La mesure entrera en vigueur au 1er septembre 2025.
À compter du 1er septembre 2025, il sera possible d’accéder à la retraite progressive dès 60 ans. Cette mesure vient d’être confirmée par 2 décrets parus au Journal officiel du 23 juillet 2025.
Actuellement, vous pouvez prendre une retraite progressive entre 60 et 62 ans selon votre année de naissance (par exemple, 61 ans et 6 mois si vous êtes né en 1966 ; 62 ans si vous êtes né à partir de 1968).
Qu’est-ce que la retraite progressive ?
Ce dispositif permet d’aménager sa fin de carrière et de bénéficier d’une fraction de sa retraite tout en poursuivant une activité professionnelle réduite. La personne peut ainsi continuer à cotiser jusqu’à sa retraite « complète ».
Exemple :
Un salarié ayant un temps partiel à 60 % pourra percevoir 40 % de sa pension. Un salarié ayant un temps partiel à 50 % pourra percevoir 50 % de sa pension.
Les conditions pour bénéficier de la retraite progressive
À partir du 1er septembre 2025, avoir 60 ans.
Réunir au moins 150 trimestres (37,5 années) pour la retraite, tous régimes de base confondus.
Exercer une activité réduite ou à temps partiel représentant entre 40 et 80 % d’un temps complet. Il vous faudra l’accord de votre employeur (le refus devra être « motivé », a précisé le Mouvement des entreprises de France - Medef).
Si vous êtes salarié, vous pouvez faire votre demande de retraite progressive sur le site de l’Assurance retraite. Elle doit être effectuée 5 mois avant la date à laquelle vous souhaitez la faire démarrer.
Qui est concerné ?
Les 2 décrets parus le 23 juillet 2025 concernent :
d’une part, les assurés relevant du régime général, des régimes spéciaux et notamment du régime de la fonction publique de l'État, du régime des salariés et non-salariés agricoles et des régimes d'assurance vieillesse des professions libérales et des avocats ;
d’autre part, les agents des collectivités locales et les ouvriers des établissements industriels de l'État.
La loi Duplomb prolonge les nombreux revers qu’a subi la protection de la santé au travail, de la santé publique et de l’environnement ces derniers mois :
Réintroduction de certains néonicotinoïdes,
Accélération de la construction des méga-bassines,
Affaiblissement de l’indépendance scientifique de l’Agence de sécurité sanitaire (Anses),
Destruction de zones humides,
Allégement des normes pour les élevages les plus intensifs.
Les promoteurs de cette loi opposent les intérêts des travailleurs et travailleuses et de l’écologie. C’est un mensonge :
L’interdiction de pesticides constitue une source de préoccupation pour seulement 4 % des agriculteurs et agricultrices.
Les travailleurs et travailleuses qui produisent, transportent ou utilisent les produits traités, ainsi que leurs familles, sont les premières victimes des pesticides. Les pesticides sont à l’origine de cancers, notamment pédiatriques.
Les pesticides font partie des activités humaines responsables de la sixième extinction de masse, mettant en danger les insectes pollinisateurs, et avec eux notre survie alimentaire.
Cette bataille contre les pesticides, nous la menons depuis trop longtemps à présent. En Guadeloupe et en Martinique, les habitant∙es sont exposé∙es pour des siècles encore au chlordécone, utilisé pour la culture de la banane, interdit en 1990 dans l’Hexagone et seulement 3 ans plus tard dans les Antilles. Aucune action ni réparation de la part du gouvernement français ne sont pour autant envisagées.
L’Union syndicale Solidaires exige une autre agriculture, à rebours du modèle productiviste et concurrentiel imposé aujourd’hui.
C’est le même modèle qui entretient la précarité dans le monde agricole, qui menace notre environnement, notre santé, celle des agriculteurs∙trices et de leurs salarié∙es.
Les agriculteurs et agricultrices doivent être accompagné∙es dans la reconversion écologique. Les entreprises qui fabriquent des pesticides doivent se reconvertir sans perte d’emploi pour leurs salarié∙es.
Lors de sa présentation du budget envisagé pour 2026 le 15 juillet, François Bayrou n’a eu de cesse d’invoquer la dette publique pour accélérer les attaques contre notre modèle social : coupes budgétaires massives, suppressions d’emplois de fonctionnaires, 1 fonctionnaires sur 3 partant à la retraite non remplacé, non revalorisation des retraites et des prestations sociales avec l’année blanche, gel du barème de l’impôt sur le revenu, déremboursements de médicaments, suppression de 2 jours fériés…
Des mensonges pour nous tétaniser : La dette publique n’est pas comparable à celle des ménages !
La dette publique et la dette des ménages sont deux choses distinctes. Et ce n’est pas parce que François Bayrou a pendant de très longues minutes essayé de nous prouver le contraire que cela changera. Cette comparaison n’est évidemment pas anodine, c’est un choix idéologique. Cela permet de présenter l’État comme étant inconsidérément dépensier pour discréditer son action pour l’intérêt général et justifier ainsi la réduction des dépenses publiques.
Rappelons que contrairement aux ménages, l’endettement de l’État est moins lourd, en raison du coût du financement auquel ce dernier a accès qui est plus favorable qu’aux ménages. . Qu’un ménage ne peut pas émettre des titres pour se financer, mais doit emprunter auprès d’une banque. Enfin l’État et les ménages n’ont pas la même temporalité. L’État en faisant « rouler la dette » peut à sa convenance emprunter à nouveau pour rembourser les emprunts antérieurs et c’est ainsi qu’il ne supporte budgétairement que réellement les intérêts de la dette, le capital étant toujours renouvelé.
Des mensonges pour casser notre modèle social : Les dépenses publiques ne sont pas responsables de l’augmentation de la dette !
Certes selon les dernières estimations de l’INSEE, la dette publique s’établissait à la fin du premier trimestre à 3 345,8 milliards d’euros, soit l’équivalent de 114 % du PIB. Et toujours selon l’INSEE, sur ces 3 345,8 milliards, la dette de la sécurité sociale pèse pour 289,9 milliards d’euros soit 8,7 % du total et les administrations locales pour un peu moins de 7,8 % du total. Contrairement à ce que veut donc nous faire croire le gouvernement, ce n’est donc pas là qu’on améliorera la situation.
Selon le gouvernement, nous serions donc « accros» aux dépenses publiques et c’est pour cela que la dette ne cesserait d’augmenter. Or, quoiqu’en dise le gouvernement celles-ci restent stables depuis 2017.
Si ces dernières années, la dette publique a augmenté c’est parce que le déficit a été creusé par la baisse des recettes et ce ne sont pas seulement les syndicalistes que nous sommes qui le répètent à tue tête mais aussi la Cour des Comptes, l’Observatoire français des conjonctures économiques ou encore l’INSEE. Cette baisse de recettes provient essentiellement des politiques fiscales mises en place depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, qui n’ont eu de cesse de favoriser les plus fortunés et les grandes entreprises en baisses d’impôts, exonérations et cadeaux fiscaux.
Des mensonges pour nous faire payer ! Ne nous laissons pas avoir !
Toutes les contre-vérités avancées pendant 45 minutes par François Bayrou ne servent qu’à une chose, nous faire peur et nous faire accepter que c’est aux salariés, fonctionnaires, malades et retraités de payer l’addition. Et contrairement à ce qu’il a pu dire : tout le monde ne participera pas à l’effort puis qu’encore une fois les mesures annoncées épargneront les plus fortunés et les grandes entreprises.
Face à cette politique annoncée, la mobilisation de l’ensemble du monde du travail est une nécessité.
Il est temps de leur faire comprendre qu’il ne peut y avoir d’économies sur nos vies et que sans nous, ils ne sont rien !