Actualités
Bonjour à toutes et tous.
Nous avons appris le suicide sur son lieu de travail d’un collègue des services informatiques de la DGFIP.
Vous pouvez retrouver un article de Paris Match sur cet effroyable drame : https://www.parismatch.com/actu/faits-divers/un-responsable-informatique-de-la-dgfip-met-fin-a-ses-jours-dans-son-bureau-a-paris-un-syndicat-tire-la-sonnette-dalarme-277382
Le choc est immense et nous pensons à sa famille, ses collègues les plus proches, mais aussi à l’ensemble du collectif DGFiP.
Une FS extraordinaire et une réunion de service pour accompagner les collègues se sont tenues ce lundi matin.
Pour Solidaires Finances Publiques, ce geste dramatique effectué dans nos services est symptomatique. C’est un message adressé au collectif de travail, il ne peut être déconnecté du contexte professionnel et ne peut se résumer, pour se dédouaner une fois de plus, à une fragilité individuelle.
Depuis plusieurs années, la situation dans les services informatiques est alarmante, comme dans tous les services de la DGFIP : la surcharge de travail et la pression sur les collègues sont trop importantes.
Et force est de constater que depuis les cyberattaques, la dégradation des conditions de travail pour les collègues des services informatiques a continué à s'amplifier.
Comme le rappelle Paris Match, "la chronologie interpelle : À l’été 2026, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a été frappée par une importante cyberattaque, à l’origine de l’extraction de données personnelles et fiscales concernant des centaines de milliers de contribuables.
La semaine dernière, selon les informations de Paris Match et de sources concordantes, un directeur informatique de cette administration a mis fin à ses jours dans son bureau parisien. L’homme exerçait des fonctions de responsable en lien avec la gestion des accès aux annuaires informatiques de la DGFiP et dirigeait une équipe."
Déjà très sollicités pour tenter de réduire la dette technologique avec des moyens humains et financiers bien trop insuffisants, nos collègues doivent faire face à des demandes toujours plus pressantes de la part de l’administration pour sortir les nouvelles versions des applications métiers, renforcer la cybersécurité et intégrer le déploiement de l’IA.
A cela s’ajoute la mise en concurrence des collègues entre eux depuis la mise en place des recrutements au choix qui a également un impact psychologique.
Retrouvez à ce sujet la vidéo du conseiller spécial de Solidaires Finances Publiques sur les questions de l'informatique à la DGFIP : https://tube.solidairesfinancespubliques.org/w/3nmNSgAjVzV1GFkGsVXMSN
La situation rencontrée par les services informatiques de la DGFIP n’est malheureusement pas isolée, et de très nombreux collègues dans l’ensemble des services de la DGFiP sont également en souffrance, quel que soit leur grade, y compris dans la sphère du Contrôle Fiscal.
Face à ce nouveau drame, Solidaires Finances Publiques exige une réponse à la hauteur des drames qui se déroulent sous nos yeux !
La DGFiP doit agir pour que cela ne se reproduise plus jamais, en mettant en place une véritable politique de prévention des risques psychosociaux, et se questionner sur l’organisation du travail ainsi que sur le management.
Nous attendons des actes forts !
Il faut arrêter avant de connaître les conséquences gravissimes qu'ont rencontré en leur temps les agents de France Telecom !
Annoncée par une note du 15 juin 2026, la Direction Générale a déployé en juillet 2026 la version 2 de Pilot CF. Pour mémoire, cet applicatif fait partie du projet PILAT (Pilotage et Analyse du conTrôle fiscal), 5ème grand projet de l’État.
Un projet au long cours...
Démarré en 2018, ce projet a connu (et connaîtra certainement encore) bien des vicissitudes, techniques, de personnels, de timing. Sa mise en service, prévue au départ pour 2022, a finalement commencé progressivement fin 2025 et devrait s’étaler jusque fin 2027. Côté budget, le coût prévisionnel, fixé initialement à 36 millions d’euros, a plus que triplé pour atteindre les 123,5 millions en 2024! Autrement dit, PILAT est le big projet de la DGFiP, avec nombre de projecteurs braqués sur lui (dont celui de la Cour des Comptes).
PILAT ambitionne la transformation du système d’information du contrôle fiscal en supprimant les ruptures applicatives existantes et en centralisant les échanges entre les acteurs du contrôle fiscal (depuis la programmation jusqu’au recouvrement).
Parmi les multiples applications de PILAT (Galaxie, Portail CF, Vue 306 …), PILOT-CF tient une place prépondérante dans le projet. La DG la décrit comme une «application phare» de pilotage, dont la livraison se fera par étape. La V1 de PILOT CF, livré en 2025, concernait essentiellement la diffusion des listes de Datamining et le circuit de décision des fiches de programmation. Suite à la « perte dans les tuyaux » de fiches 3909, cette version a nécessité quelques ajustements.
Un périmètre élargi à la gestion, au contrôle et au recouvrement
Avec PILOT-CF V2, sont ainsi mis en avant de nouvelles fonctionnalités développées pour la sphère du contrôle fiscal et un périmètre élargi aux agents et services de la gestion fiscale des professionnels et des particuliers et du recouvrement. Mais surtout, et à la différence des autres applications qui ne permettent que des consultations de données, PILOT CF requiert des agents concernés des actions à mener dans le cadre de la gestion, de l’expertise ou du recouvrement.
Pour Solidaires Finances Publiques, cet outil qui n’est pas totalement abouti est loin d’être anodin et impactera nécessairement à très court terme les agents, les organisations du travail et l’exercice des missions.
A noter cependant que si PILOT-CF respecte la nouvelle architecture des missions suite à la réorganisation du contrôle fiscal (Programmation - CFE – Expertise – CSP), il ne tient aucunement compte de sa déclinaison dans les directions locales ni de la pénurie des effectifs et encore moins des structures appelées à disparaître avec le NRP 2!
De la traçabilité oui, mais pas seulement….
En revanche, présenté comme un outil de pilotage «structurant», PILOT-CF risque de tenir ses promesses, et bien plus. L’applicatif repose sur un système d’alertes et d’actions à réaliser pour les agents dûment habilités. Ainsi, un agent gestionnaire sera informé d’une surveillance à exercer, un comptable informé pour compléter une fiche LICORN, la classer ou clôturer un rôle et l’agent qui réalise une expertise sera informé qu’il est attributaire d’une affaire ou d’un arbitrage à rendre.
Mais pour Solidaires Finances Publiques, PILOT-CF sera bien plus que structurant.
En effet, la note du 15 juin 2026 indique clairement que l’applicatif permet désormais d’identifier les agents qui ont apporté des contributions «surveillance», «expert-contentieux» et «recouvrement». La problématique est la même pour les vérificateurs (engagement, cadencement, délais…). Avec un tel niveau de précision (ce qui a été fait, à quel moment, dans quel délai, par quel agent), on est davantage dans la précision chirurgicale (autre terme pour désigner le flicage) que dans la traçabilité.
Nul doute que la DG nous dira que PILOT-CF, dans un environnement RGP, contribue fortement à la protection des agents. La note sur la RGP insiste fortement sur le respect des process mis en place... mais à aucun moment ces process ne sont garantis, ni les conditions de travail des agents prises en compte.
Quant à la sphère du contrôle fiscal, le terme structurant pourrait prendre une autre dimension. Avec PILOT CF, le vocabulaire utilisé évolue. On ne parle plus d’axes d’investigations mais de motifs de programmation. Valider un motif de programmation engage davantage qu’explorer un axe... l’obligation de résultat (et de rendement budgétaire) n’est pas loin. Les chefs de brigade et les vérificateurs seront responsables des choix opérés et des résultats produits et perdront toute autonomie (ou ce qu’il en restait) et/ou d’initiative dans la conduite du contrôle. L’orientation du contrôle fiscal sur fond de loi ESSOC et de relation de confiance prend un nouveau virage. La dimension dissuasive du contrôle est oubliée et le contrôle aléatoire (pourtant nécessaire au calcul de l’écart fiscal) totalement inexistant. PILOT-CF ne va pas «structurer» le contrôle, il va le formater encore plus!
Pour Solidaires Finances Publiques, un applicatif doit nécessairement être une aide et au service des agents et des missions. Et pas le contraire !
Page 1 sur 71







